Jean Leonetti : « PMA sans père, je regrette que le gouvernement considère qu'il n'y a pas de problème éthique »

Publié le 25/07/2019

Président par intérim de notre famille politique, Jean Leonetti était ce mercredi soir l'invité de 24h Pujadas sur LCI pour réagir à la présentation en Conseil des ministres de la loi bioéthique, qui prévoit la l'ouverture de la PMA aux couples de femmes. 

« L'important dans l'éthique, c'est de se poser des questions. Je regrette que le gouvernement ne se pose pas de questions. D'ailleurs, la ministre Agnès Buzyn a dit qu'il n'y avait pas de problèmes éthiques avec la PMA. » Jean Leonetti, président par intérim de notre famille politique, a dénoncé le manque de débat concernant l'ouverture de la PMA aux couples de femmes. Un sujet éthique qui concerne pourtant notre vision même « de la société dans laquelle nous voulons vivre » ainsi que notre vision « de la dignité de la personne humaine ».

Et pour le maire d'Antibes, contrairement à ce qu'affirme le gouvernement, la légalisation de la PMA sans père pose trois problèmes majeurs : « faire naître un enfant sans père, ça pose un problème pour son avenir », « la légalisation postérieure et inéluctable de la GPA », mais aussi « la pénurie de gamètes qui conduira à une marchandisation de celles-ci ».

Jean Leonetti, médecin de profession, a d'ailleurs souhaité rappeler que « la médecine est faite pour soigner les pathologies et réparer les anomalies, pas pour répondre aux désirs ». Pour autant, notre président par intérim reconnaît que « le désir d'enfant est légitime et normal » mais il se demande s'il « faut y répondre ». À ses yeux, « la question a été trop éludée et n'est pas vraiment consensuelle ». Il a d'ailleurs souligné que cette question n'était pas « un problème de clivages politiques », prenant exemple sur José Bové qui y est opposé ou Jean-Marie Le Pen qui y est favorable. Jean Leonetti a plaidé pour que nous nous « interrogions ensemble », sans aucune hystérie.

Interrogé sur la position de notre famille politique, au sein de laquelle plusieurs députés ont fait savoir qu'ils voteraient pour ce texte de loi, notre président par intérim a rappelé qu'il était « normal qu'il y ait une diversité d'opinions au sein des partis. Je plaide pour la liberté de pensée et de vote ». L'occasion de souligner que « chez les Républicains, cette liberté existe », contrairement à  la République en Marche où l'« on exclut ceux qui ne pensent pas comme la pensée unique imposée ». Or, c'est cette pensée unique que Jean Leonetti dénonce car il considère que « dans le vrai débat éthique, on n'est pas dans une vérité révélée mais dans une interrogation dans un conflit de valeurs » et qu'il est dangereux d'éluder ce débat.

Et dans ce débat, Jean Leonetti souligne que « nous devons nous interroger sur les conséquences. Il y en a ». Et de prendre exemple sur le Code civil dont nous devons « tout changer sur la filiation » car désormais, « la filiation va se faire avant même la procréation ».

Alors que les défenseurs de l'ouverture de la PMA aux couples de femmes évoquent une question d'équité par rapport aux couples hétérosexuels infertiles qui peuvent avoir recours à l'assistance médicale à la procréation, Jean Leonetti réfute cet argument en prenant appui sur la décision du Conseil d'Etat. « Le Conseil d'Etat explique qu'il n'y a pas de non-équité dans le fait que deux femmes ou deux hommes ne puissent pas avoir d'enfants. Il n'y a pas de discrimination ». Et de rappeler qu' « au nom de l'équité, qui est l'argument utilisé pour la PMA, pourquoi ne pas autoriser la GPA ? Un jour, la GPA arrivera avec le même masque, celui de l'équité. La PMA est l'étape qui précède la validation des mères porteuses ».

Interrogé enfin sur la démission de François de Rugy, notre président par intérim a déclaré qu'il n'aimait pas « ces lynchages associés à ces lâchages ». Il a d'ailleurs plaidé pour un durcissement des règles de conduite pour « interdire certains comportements plutôt que d'épingler quelques personnes de temps en temps. Il vaut mieux aborder des règles strictes plutôt que de prendre des victimes expiatoires. » Pour autant, Jean Leonetti, interrogé sur un possible retour de l'ancien ministre, considère qu'« il ne peut pas revenir parce qu'il est discrédité. »

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