Jean Leonetti : « N’ayez pas peur de la rupture »

Publié le 06/09/2019

Alors que débute aujourd'hui le Campus du Touquet, Jean Leonetti, président par intérim de notre famille politique, a répondu aux questions du Figaro.

Quel message adressez-vous aux jeunes de votre parti réunis au Touquet ?

Je voudrais les remercier pour leur engagement et leur dire «n’ayez pas peur de rompre avec les modèles anciens». Ils ne doivent renier ni nos valeurs, ni notre histoire passée, mais je les invite à en écrire une nouvelle. Ils sont le XXIe siècle. Ils ont le devoir d’apporter des idées neuves, de construire un projet qui sera inévitablement en rupture. Le nouveau président devra avoir l’audace du changement et de l’innovation sans nostalgie passéiste et en surmontant les inévitables critiques que suscite tout changement.

Quelles sont les conditions du renouvellement de la droite ?

Renouveler notre famille politique passe nécessairement par le débat d’idées et l’ouverture. Nous devons convaincre tout le monde qu’il vaut mieux débattre à l’intérieur de notre formation qu’à l’extérieur. Les élections locales nous donnent le temps pour forger un nouveau projet national et faire émerger de nouveaux talents.

Comment ? 

En acceptant de se remettre en cause, en acceptant la rupture, c’est une question vitale. Les trois grandes figures de notre mouvement, après s’être affrontées dans la primaire, ne peuvent plus porter un projet d’alternance. François Fillon a décidé de ne plus intervenir dans la vie publique. Alain Juppé a rejoint le Conseil constitutionnel et Nicolas Sarkozy a dit avec clarté qu’il ne reviendrait pas sur la scène politique. Bien sûr, Nicolas Sarkozy est et restera toujours, parce qu’il a été président de la République, une référence pour nous tous. Nous devons nous souvenir qu’il a en son temps rompu avec la pensée unique, abattu des tabous en s’opposant quelquefois à une partie de sa famille politique. Nicolas Sarkozy a réussi cette rupture en attirant à lui de nouveaux visages et de nouveaux électeurs sans renier pour autant les valeurs de la droite républicaine. Il faut aujourd’hui être capable de la même audace et du même courage pour renouveler profondément notre projet.

N’est-ce pas une manière d’appeler les jeunes LR à « tuer le père » ? 

Toute vision politique se dessine dans la continuité et la rupture. L’élaboration de notre futur projet ne part pas d’une page blanche. Notre histoire politique est liée à celle de la Ve République mais il n’y aura pas de rassemblement sans cette rupture avec des comportements, une organisation et un programme qui n’est plus en phase avec les espérances, les inquiétudes et les attentes des Français. En démocratie, on n’a pas raison contre le peuple. Les dernières élections ne nous ont pas été volées, on les a perdues. Ayons la lucidité de l’admettre.

Quelles sont les autres priorités ? 

Nous devons construire un projet ou un programme qui ne se contente pas de quelques ajustements. Nous devons repenser la droite républicaine. Une nouvelle équipe va être mise en place en octobre, le socle de nos valeurs et de nos engagements aura été débattu et voté, servant de référence pour le nouveau projet. Nous devons être fidèles à nos valeurs mais en phase avec le XXIe siècle et sa modernité.

Au-delà du projet, l’absence de leader n’est-elle pas un problème à droite ? 

L’absence de leader n’est pas, pour l’instant, un handicap, mais nous devons créer les conditions pour permettre l’émergence, le moment venu, d’une personnalité forte, capable d’incarner une alternance crédible. Dans la tradition de la Ve République, on pensait qu’un candidat à la présidence devait se préparer longtemps à l’avance, tel Jacques Chirac ou François Mitterrand, subir quelques échecs et quelques cicatrices pour accéder enfin à la fonction suprême. La dernière présidentielle nous a prouvé le contraire. Un an avant l’élection, Macron était très bas dans les sondages. Deux ans avant, il était pratiquement inconnu.

Comment reconquérir les électeurs partis vers lui ? 

En retrouvant une assise populaire. Le monde change avec une vitesse accélérée. Sans tabou, nous devons proposer de nouvelles idées sur le plan régalien, social ou environnemental. Il est illusoire de penser que le projet de 2022 puisse n’être que la reproduction de celui de 2012 ou de 2007. Après la crise économique, l’Europe a été déstabilisée par une immigration incontrôlée, par le terrorisme islamique, qui a frappé sur son sol, et par le Brexit. Une grande partie de nos concitoyens est inquiète pour son pouvoir d’achat et l’avenir de ses enfants. Les préoccupations environnementales sont de plus en plus fortes. Nous devons reconquérir le cœur des Français que nous avons déçus. Aujourd’hui, beaucoup d’obstacles sont sur le chemin de la reconquête, comme le fait que certains d’entre nous, reniant leurs engagements, aient choisi de participer au gouvernement. Ou que d’autres, dans une démarche personnelle, aient quitté LR et que certains attendent tout d’un éventuel sauveur. L’élection européenne perdue est un signal d’alerte grave, peut-être le dernier. Si nous ne changeons rien, nous pouvons disparaître. Il ne faut cependant pas désespérer. Nos idées peuvent redevenir majoritaires, nous avons de sérieux atouts.

Lesquels ? 

Le macronisme se soldera tôt ou tard par une désillusion car il est basé plus sur la séduction et la communication que sur des convictions. Il n’incarne ni l’autorité nécessaire pour régler les problèmes régaliens, ni la solidarité indispensable vis-à-vis des plus fragiles.

Par ailleurs, beaucoup de militants nous sont restés fidèles et nous sommes territorialement bien implantés, avec des élus locaux qui ont conservé la confiance de leurs concitoyens. Nous devons désormais ouvrir notre mouvement aux idées et aux talents pour préparer les réformes susceptibles de réduire les inquiétantes fractures qui handicapent notre pays en matière territoriale, environnementale, sociale et sociétale. Cette mission incombe en grande partie à une nouvelle génération. Je leur demande d’avoir cette loyauté envers nos idées et ce courage du changement en leur rappelant la phrase de René Char : « Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. À te regarder, ils s’habitueront. »

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Exigeons 5h d'activités d'intérêt général par semaine en contrepartie du RSA !

Il y a huit ans, Laurent Wauquiez fut l'un des premiers à dénoncer les dérives de l'assistanat et à proposer l'instauration de contreparties au versement du RSA. Huit ans plus tard, Edouard Philippe a évoqué cette idée. Idée immédiatement rejetée par son propre gouvernement...
Nous croyons à la politique sociale par le travail, pas à la politique sociale par l'assistanat ! L'un des grands maux de notre pays est d'enfermer dans l'assistanat de trop nombreux Français en ne valorisant pas assez la reprise d'un travail.
Nous demandons que soit modifiée la loi pour conditionner à au moins 5h d'activités d'intérêt général par semaine le versement du RSA.

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