13 juin 2018

« On met un pognon de dingue dans les minima sociaux ». Cette réflexion d'Emmanuel Macron, soigneusement dévoilée par sa conseillère en communication peu avant l'intervention du chef de l'État sur la politique sociale qu'il compte mettre en œuvre, a particulièrement indisposé Guillaume Peltier, 2ème Vice-président des Républicains, qui était ce mercredi matin l'invité politique de la matinale de LCP.

« Ce qui coûte un pognon dingue ce sont tous les cadeaux qu'Emmanuel Macron fait aux puissants. Ce qui coûte un pognon dingue ce sont toutes les classes moyennes qui ont subi 9 milliards d'euros de nouveaux impôts et de nouvelles taxes depuis qu'il a été élu président de la République. Ce qui coût un pognon dingue, c'est la hausse de la CSG pour des millions de retraités », réagit sèchement le député "les Républicains" de Loir-et-Cher.

« J'appelle Emmanuel Macron à un peu de décence. Le Macronisme c'est beaucoup de largesse pour les puissants, les rentiers, les traders, les financiers et beaucoup de dureté pour les classes moyennes, les Français qui travaillent, la France populaire », tacle Guillaume Peltier qui goûte peu le comportement d'un président de la République qui « aime bavarder, provoquer, parfois de manière grossière et vulgaire ».

Aux yeux de celui qui est également conseiller régional "les Républicains" de Centre- Val-de-Loire, « la question n'est pas d'opposer les riches et les pauvres mais que tous les méritants, qu'ils soient en haut ou en bas, soient récompensés de leurs efforts. », dénonce Guillaume Peltier réclamant au nom des Républicains « la justice, l'idéal de justice sociale, cet idéal républicain qui est piétiné par Emmanuel Macron. La droite de demain est une droite qui est doit être forte sur les questions régaliennes et juste sur les questions économiques et sociales », assure-t-il.

Interrogé sur la situation du bateau Aquarius bloqué en Méditerranée avec 629 migrants, Guillaume Peltier considère que « cette situation inacceptable est la conséquence du laxisme, de l'aveuglement, du cynisme et de l'irresponsabilité de nos gouvernements et en particulier du Gouvernement d'Emmanuel Macron ».

Considérant que les victimes sont tout autant les peuples européen et africain et que les coupables sont les gouvernements et les passeurs, le 2ème Vice-président des Républicains demande à Emmanuel Macron de prendre ses responsabilités. « Qu'il profite du sommet européen pour mettre des propositions sur la table. Nous demandons à Emmanuel Macron une vraie politique européenne pour éradiquer les filières de passeurs et ces mafias qui font de l'argent sur le dos de la misère humaine ; une politique européenne claire et annoncer au monde entier, comme l'a fait l'Australie, qu'il n'y aura plus aucune régularisation et plus aucun accueil de clandestins sur le territoire européen ; une politique qui s'attaque aux causes du problème », détaille Guillaume Peltier qui réclame « un grand plan Marshall au niveau européen pour éradiquer la misère dans les pays du Sud avec des contreparties très strictes de retour des clandestins et des migrants dans leurs pays d'origine ».

« Une politique de responsabilité qui s'attaque à la cause du problème et non simplement aux conséquences », résume Guillaume Peltier constatant que c'est « tellement plus simple de faire de l'émotion, de commenter comme le font Emmanuel Macron et ses ministres et tellement plus compliqué de s'attaquer aux causes d'un problème et d'agir ».

Concernant les élections européennes qui se dérouleront dans un an, en juin prochain, Guillaume Peltier a évoqué la « troisième voie » que défendront "les Républicains". « D'un côté il y a les eurobéats qui veulent, comme Emmanuel Macron, plus d'élargissement, d'immigration, de technocratie. De l'autre il y a les extrêmes qui considèrent, comme l'Europe est en crise, qu'il faut la quitter et abandonner l'euro. Ils ont tort. Nous proposons avec Laurent Wauquiez, Virginie Calmels, Damien Abad, Jean Léonetti, parce que nous sommes profondément européens, une troisième voie, celle d'une Europe qui accepte de se transformer en profondeur. Une Europe de la démocratie et non de la technocratie. Une Europe qui protège et non ultra-libérale ouverte à tous les vents, qui cède aux questions commerciales et qui asphyxie nos agriculteurs. Une Europe de l'innovation, de l'intelligence qui s'empare des défis du XXIème siècle et qui réconcilie les Européens avec l'avenir ». Une troisième voie dont les fondations seront posées lors du Conseil national des Républicains, le 30 juin à Menton, spécialement dédié à l'Europe.

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