Le projet des Républicains n'est pas socialiste

Publié le 13/12/2018

Dans une tribune aux Echos, Guillaume Larrivé, Député de l'Yonne et Secrétaire général délégué des Républicains, rappelle les neuf axes d'effort proposés par Les Républicains pour économiser 20 milliards d'argent public par an.

Emmanuel Macron vient de signer un chèque de plus de 10 milliards d'euros, de dépenses ou de non-recettes, pour tenter d'éteindre l'incendie des « gilets jaunes ». Comme une double peine, l'acquis de croissance pour 2019 a été rogné par ces semaines de désordre, au point que la prévision pour 2019 (1,7 % dans le projet de loi de Finances) est déjà caduque.

Conséquence logique : le déficit public devrait avoisiner 3,3 % du PIB l'année prochaine. L'an III du macronisme fera ainsi de la France le pays le plus déficitaire de la zone euro (nettement derrière l'Italie de M. Salvini, à 2,9 %) et, au sein de l'Union européenne, nous tomberons à l'avant-dernière place, juste avant la performance de la Roumanie (qui est à 3,4 %). Ce n'est pas un détail. La dette publique, qui tutoie désormais 100 % du PIB, continuera à grimper comme une herbe folle, en nous plaçant dans la main des créanciers étrangers. Triste record.

Des propositions « solides et chiffrées »

Devant la situation lamentable des finances publiques, que proposent les Républicains ? Les références sont tellement tourneboulées depuis l'avènement du pseudo « nouveau monde » macronien que je crois devoir écrire cette évidence de manière très directe : la droite française n'est pas devenue socialiste. Dans mon bureau de la rue de Vaugirard, comme secrétaire général délégué des Républicains, je n'ai accroché ni le portrait de Pierre Mauroy, ni celui de Jeremy Corbyn.

Mieux : nous avons collectivement travaillé cet automne, avec Laurent Wauquiez, Eric Woerth et les commissaires aux finances LR de l'Assemblée comme du Sénat, pour émettre des propositions solides, chiffrées, raisonnables. Comme c'était en octobre (une éternité à cette époque où un tweet chasse l'autre), je me permets de les rappeler. Nous proposons de parvenir à économiser 20 milliards d'euros d'argent public en un an. Neuf axes d'effort :

 porter progressivement le temps de travail à 39 heures par semaine dans la fonction publique (10 milliards d'euros, libérant l'équivalent de 400.000 postes en cinq ans) ;

 baisser le train de vie de l'Etat en rationalisant le parc immobilier (1 milliard), en optimisant les achats publics (500 millions), en accélérant la digitalisation des administrations (500 millions), en vendant la moitié du parc automobile administratif (500 millions) ;

 aligner le mode de calcul des pensions de retraite du public sur le privé en supprimant tous les régimes spéciaux (1 milliard la première année, 5 milliards par an à terme) ;

 améliorer la prévention en matière de santé (300 millions), développer les parcours de soins et l'e-santé (1 milliard la première année) ;

 sortir enfin de l'assistanat et valoriser le travail par une aide sociale unique plafonnée se substituant aux 47 aides actuelles (1 milliard la première année et 5 milliards à terme) ;

 responsabiliser les bénéficiaires de la santé gratuite (CMU-C) par une participation forfaitaire (300 millions), systématiser les sanctions visant les demandeurs d'emploi qui n'en recherchent pas (1 milliard), lutter contre les abus du système des intermittents (500 millions) ;

 lutter implacablement contre les fraudes sociale et fiscale (1 milliard) ;

 remplacer l'aide médicale d'Etat (AME) par une aide d'urgence (800 millions) et conditionner l'accès des étrangers en situation régulière aux prestations sociales à une durée minimale de cotisation de 3 ans (2 milliards) ;

 réduire le financement public des syndicats (1 milliard).

Financer des dépenses utiles

J'admets que ce chemin peut sembler quelque peu aride. Mais la lutte contre les divers gaspillages publics est indispensable pour nous désendetter, pour alléger le fardeau fiscal des classes moyennes et pour libérer enfin des marges de manoeuvre permettant de financer des dépenses utiles.

Juste un exemple : il est hallucinant que l'allocation actuelle des dépenses publiques ne consacre à l'intelligence artificielle (IA) que 3 % de la masse des crédits finançant le RSA : le plan IA annoncé par Emmanuel Macron après la remise du rapport Villani mobilise 1,5 milliard sur cinq ans tandis que, sur la même période, les dépenses de RSA approchent 50 milliards.

Le caractère très timoré de l'investissement public affecté à l'innovation condamne ainsi des millions de Français, au mieux à ne pas bénéficier des avancées qu'elle permet, au pire à être victimes des déclassements qu'elle suscitera. Il serait peut-être temps de s'en apercevoir, pour cesser de fabriquer, par l'incurie publique, les « gilets jaunes » d'après-demain.

>> Lire la tribune sur LesEchos.fr

Signez la pétition

Exigeons 5h d'activités d'intérêt général par semaine en contrepartie du RSA !

Il y a huit ans, Laurent Wauquiez fut l'un des premiers à dénoncer les dérives de l'assistanat et à proposer l'instauration de contreparties au versement du RSA. Huit ans plus tard, Edouard Philippe a évoqué cette idée. Idée immédiatement rejetée par son propre gouvernement...
Nous croyons à la politique sociale par le travail, pas à la politique sociale par l'assistanat ! L'un des grands maux de notre pays est d'enfermer dans l'assistanat de trop nombreux Français en ne valorisant pas assez la reprise d'un travail.
Nous demandons que soit modifiée la loi pour conditionner à au moins 5h d'activités d'intérêt général par semaine le versement du RSA.

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