Guillaume Larrivé à LCI : « Les retraités sont malmenés depuis deux ans »

Publié le 25/04/2019

Secrétaire général délégué des Républicains, Guillaume Larrivé, invité ce jeudi de LCI, fustige l’inaction du gouvernement qui, depuis la crise des gilets jaunes, ne gouverne plus. Il attend des réponses de l’exécutif notamment sur le pouvoir d’achat des classes moyennes et des retraités.

« Cela fait six mois, soit une demi-année, qu’il ne se passe plus rien. Le quinquennat est entré en marche arrière depuis la crise des gilets jaunes. Le gouvernement ne gouverne plus. L’Assemblée nationale est presque suspendue. Il est temps de débloquer un certain nombre de dossiers ». Invité ce jeudi de LCI, Guillaume Larrivé, Secrétaire général délégué des Républicains, s’inquiète du surplace de l’exécutif et demande à ce dernier de « renter dans le concret ».

« Depuis six mois, nous assistons à un grand débat blablateu et à des mesures totalement générales. Il faut être hyper-opérationnel et parler de choses concrètes et précises », insiste le député de l’Yonne qui craint que la conférence de presse d’Emmanuel Macron ne se transforme en « un exercice de diversion où le président de la République amuse la galerie en lançant des sujets périphériques ».

Pour Guillaume Larrivé, « il y a des urgences à traiter. Comme celle des retraités « malmenés depuis bientôt deux ans », souligne-t-il, réclamant la réindexation des pensions de retraite sur l’inflation « pour tous les retraités » et non une réindexation partielle avec des seuils comme le réclame la majorité. « Tous les retraités qui ont cotisé pour avoir une pension de retraite doivent naturellement bénéficier d’une pension de retraite réindexée sur le coût de la vie pour avoir un pouvoir d’achat constant », souligne-t-il.

Le Secrétaire général délégué des Républicains affiche une autre priorité, celle « d’augmenter la quantité globale de travail - en l’adaptant peut-être aux âges de la vie - pour avoir aussi des augmentations de rémunération ». S’appuyant sur la réalité de la durée de travail par habitant en France (634 heures contre 728 heures en Allemagne), Guillaume Larrivé concède que « cela suppose des évolutions très puissantes et non des petits bricolages comme celui envisagé de la suppression d’un jour férié qui est un impôt déguisé. Cela me rappelle les bricolages de Raffarin quand la fausse droite du début des années 2000 ne faisait pas les vraies réformes. Il n’a pas su sortir des 35 heures que les socialistes avaient imposées dans les années 80. On est toujours en train de payer et la facture des socialistes et de l’incapacité de ces gouvernements à sortir de cela », relève-t-il. L’occasion de « montrer la différence entre une droite qui n’a pas fait le job et une nouvelle droite avec Laurent Wauquiez, François-Xavier Bellamy, Bruno Retailleau et d’autres que nous incarnons et avec laquelle nous voulons créer des opportunités pour les Français ».

Alors que l’exécutif se targue de redonner du pouvoir d’achat aux Français, Guillaume Larrivé oppose la réalité réellement vécue par les Français et notamment par les classes moyennes. « Personne ne peut croire que les classes moyennes ont bénéficié d’une baisse d’impôts depuis qu’Emmanuel Macron a été élu. Tout cela est faux car il y a eu des augmentations d’impôts qui plombent l’économie, le climat social », souligne Guillaume Larrivé qui prône également, au nom des Républicains, « une baisse de 10% des impôts, soit 7 milliards d’euros, pour l’ensemble des Français financée par la baisse de la dépense publique, notamment en réformant l’assistanat social qui décourage le travail ».

Quant à l’idée de la suppression de l’ENA, « c’est de la démagogie absolument répugnante », objecte le député de l’Yonne pour qui cela « n’est pas la priorité des Français ». Sur la revivification de la démocratie, le Secrétaire général délégué des Républicains fustige Emmanuel Macron lorsqu’il envisage de mettre en avant les référendums locaux alors qu’il a été le premier à tourner le dos au résultat du référendum local sur Notre-Dame-des-Landes préférant répondre favorablement à la pression des zadistes. L’idée de la proportionnelle dans le système électoral français ne trouve pas, non plus, grâce aux yeux de Guillaume Larrivé pour qui elle priverait les petites villes et les villages de représentants. « Si on crée deux catégories de députés, les uns élus sur le terrain et les autres élus à la proportionnelle sur une liste nationale, cela veut dire que dans de nombreux territoires il n’y aura plus de représentants. Je ne crois pas que cela soit la meilleure solution pour rétablir un vrai lien entre les Français et les institutions », estime Guillaume Larrivé.

Interrogé sur l’immigration, « visage de la France d’aujourd’hui et dans trente ans », le député de l’Yonne est « favorable à ce que l’on arrête l’immigration de masse. Ce qui supposerait de suspendre le regroupement familial, de vraies modifications juridiques et diplomatiques opérationnelles ». Pour lui, cela serait une « erreur profonde pour la France que de ne pas sortir de l’immigration de masse ».

À un mois du scrutin européen, Guillaume Larrivé apprécie le choix de Laurent Wauquiez d’avoir désigné François-Xavier Bellamy comme tête de liste des Républicains et futur député français au Parlement européen. « Nous sommes le seul mouvement politique à avoir un projet pour les élections européennes. Les élections sont dans un mois et le parti de M. Macron est incapable de dire quelles sont ses propositions. Il n’y a pas de programme, de projet construit », dénonce-t-il mettant en avant les 75 propositions des Républicains « pour refonder l’Europe et rétablir la France. C’est-à-dire, au fond, utiliser une nouvelle action en Europe au service des intérêts nationaux. Enfin, questionné sur le programme économique du Rassemblement national et de Marine Le Pen, Guillaume Larrivé le compare au programme économique de la CGT. « C'est un choix, c'est "on rase gratis". Si elle était malheureusement un jour au pouvoir, elle planterait totalement l'économie de notre pays. Ce programme conduirait à la faillite des PME, à la faillite des artisans, des commerçants, à la diminution de l'épargne des Français retraités C’est un programme économique complétement cataclysmique », conclut-il.

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