11 septembre 2018

Durant l'été, la cote de popularité d'Emmanuel Macron a enregistré, selon un sondage Odoxa pour la presse quotidienne régionale, France Inter et l'Express, une chute vertigineuse. En avril dernier, 47 % des Français interrogés jugeaient qu'Emmanuel Macron était un bon président de la République. Cinq mois plus tard, ils ne sont plus que 29 %. Le chef de l'État enregistre là une impopularité record.

« Il y a eu une bienveillance à son égard après son élection. Les Français lui ont laissé sa chance. Aujourd'hui ils constatent qu'il n'y pas de résultats. Chômage de masse enkysté, déficits publics qui se creusent toujours plus, recul du pouvoir d'achat, matraquage fiscal des retraités et des classes moyennes, souffrance, impatience et colère qui monte. Les Français ouvrent les yeux et se rendent compte que le pouvoir macroniste ne règle pas les vraies questions », analyse Guillaume Larrivé, député "les Républicains" de l'Yonne, invité, ce mardi matin, de France Info.

Et dans les raisons de « la colère qui monte » des Français, Guillaume Larrivé ajoute « le chaos migratoire (qui) n'est pas maîtrisé. C'est une très grande souffrance des migrants et des faits migratoires qui ne sont pas maîtrisés. Des mini-Molenbeek existent dans un certain nombre de banlieues françaises qui sont alimentés par une situation migratoire qui n'est pas maîtrisée. Dans certaines banlieues autour de Paris, Lyon, Marseille, il y a des quartiers qui ont fait complètement sécession et qui sont presque en dehors du territoire de la République », constate Guillaume Larrivé.

Interrogé sur la vitalité des Républicains, Guillaume Larrivé, Secrétaire général délégué au projet se montre très confiant sur « le travail de reconstruction idéologique. Tout cela fourmille. Au sein de l'équipe dirigeante des Républicains autour de Laurent Wauquiez, comme à l'Assemblée nationale autour du groupe que préside Christian Jacob, comme au Sénat autour du groupe que préside Bruno Retailleau, il y a des hommes et des femmes qui bossent. On essaie de trouver des solutions pour les Français », précise Guillaume Larrivé qui organise ce jeudi, au siège national, un séminaire sur les dépenses publiques avec les sénateurs et les députés. Ainsi que le mensuel "Rendez-vous des idées" qui, le 19 septembre prochain, à 18h30, se déroulera autour de l'essayiste Nicolas Baverez et sur le thème « Défendre la liberté à l'âge de l'histoire universelle ».

« Nous nous reconstruisons progressivement. Il y a une vraie exigence et un vrai regard sur nous car on attend de nous des solutions crédibles et c'est ce à quoi nous nous attelons », confie Guillaume Larrivé qui fustige le « micmac invraisemblable » du prélèvement à la source. « C'est une réforme technique, une réforme du mode de prélèvement de la collecte des impôts qui ne traite ni du montant, ni de la nature des impôts, ni du montant, ni de la nature des dépenses publiques ».

L'occasion pour le député "les Républicains" de l'Yonne, dans le souci de « libérer des dépenses publiques et de libérer des marges de progression », de proposer « un nouveau contrat de progrès avec les fonctionnaires : on leur demande de travailler un peu plus et, en échange, on augmente les rémunérations. En travaillant 39 heures cela libèrerait l'équivalent de 400 000 postes. Cela représente sur un quinquennat 10 milliards d'euros », précise Guillaume Larrivé.

Interrogé sur la proposition de l'apprentissage de la langue arabe à l'école par l'institut Montaigne à laquelle est favorable le ministre de l'Éducation nationale, Guillaume Larrivé s'y oppose. « Cela ne peut pas être la réponse face à la montée de l'islamisme. La réponse c'est la fermeture des mosquées djihadistes, la lutte contre un certain nombre de dérives sur internet. Et c'est aussi, au sein de l'Education nationale, l'enseignement de la langue française, de l'histoire de France, de l'appartenance à la communauté nationale et de l'appartenance à la civilisation européenne ».

Questionné sur les élections européennes qui se dérouleront le 26 mai prochain, le Secrétaire général des Républicains délégué au projet conteste le « clivage qu'Emmanuel Macron essaye d'installer entre, d'un côté, les progressistes, beaux, intelligents macronistes, et de l'autre les régressifs complètement stupides ».
« Nous, "les Républicains", devons incarner une autre ligne, la ligne euro-réaliste. Nous sommes patriotes et pro-européens. Nous sommes pour une coopération avec les états-nations européens et non que l'on se claquemure et que la France seule décide de ne plus coopérer avec personne », souligne Guillaume Larrivé qui propose une « bonne méthode » de travail : que les états-nations européens « se mettent autour d'une table et de travailler ensemble les sujets. L'Europe n'est pas une classe où l'on attribue des notes, où l'on tape sur les doigts. L'Europe doit fonctionner sur le mode de la coopération, de la négociation et de la construction concrète avec de solutions communes et raisonnables au service des peuples ».

Enfin, questionné sur le vote, mercredi, du futur président de l'Assemblée nationale, Guillaume Larrivé a la dent particulièrement dure envers Richard Ferrand que le groupe de députés de la majorité a choisi, lundi. « Il a été élu en collant, en 2012, sa photo à côté de celle de François Hollande. C'était un député du fond de la classe du groupe socialiste. On n'a pas entendu parler de lui pendant cinq ans. Il a ensuite retourné sa veste et devenu l'un des députés les plus engagés pour Emmanuel Macron. Aujourd'hui il est récompensée pour sa totale soumission au président de la République », constate le député "les Républicains" de l'Yonne qui craint d'avoir avec Richard Ferrand « un président de l'Assemblée nationale totalement soumis au président de la République. Il a été le rapporteur du projet de loi sur la Constitution et a essayé de museler le Parlement. Ce n'est pas une personnalité forte, puissante, indépendante à la tête de l'Assemblée nationale. C'est une courroie de transmission de l'Elysée », dénonce encore le député "les Républicains" de l'Yonne pour qui « Emmanuel Macron cherche à faire une sorte de fusion du pouvoir exécutif et du pouvoir législatif pour concentrer tous les pouvoirs dans ses mains ».

L'occasion de fustiger « ce système présidentialiste qui se croit au–dessus de tout, très déconnecté des besoins des Français, qui essaie de fusionner le législatif et l'exécutif ». Et de mettre en avant la candidature d'Annie Genevard, Secrétaire générale des Républicains, Vice-présidente de l'Assemblée nationale, députée du Doubs, « femme politique compétente, engagée, enracinée dans un territoire. En faisant cela on veut dire qu'il y a besoin de pluralisme, de contre-pouvoir et d'un lieu de pouvoir de l'Etat car la politique de la nation ne doit pas seulement se décider dans le bureau d'Emmanuel Macron et avec les personnes qui sont à ses ordres, comme Richard Ferrand ».

Abonnez-vous Les républicains magazine Toute l'actualité politique des républicains