07 novembre 2018

Président du Sénat, Gérard Larcher était l'invité, ce mercredi, de Public Sénat. L'occasion de revenir longuement sur le sujet qui cristallise la colère des Français : la hausse des taxes sur les carburants dans un contexte général de ras-le-bol fiscal.

« Au-delà de la fiscalité sur les carburants, il y a un problème de compréhension entre les Français et l'exécutif. Les carburants ne sont qu'un exemple de cette incompréhension », estime le sénateur des Yvelines, remarquant cette « réaction très française : dès qu'on a un problème, la seule solution que l'on trouve c'est la taxe. Et quand on a taxé, on détaxe ! C'est ainsi que l'on construit des usines à gaz », souligne Gérard Larcher qui veut fixer l'attention du Gouvernement sur une réalité : « dans 70% du territoire, il n'y a pas de transport collectif quotidien. Cela veut dire que plus de 75% des Français qui vont au travail utilisent ou partagent un véhicule ».

Cette colère des Français, Gérard Larcher la comprend d'autant mieux que, rappelle-t-il, le 24 novembre 2017, lors de la discussion sur le projet de loi de finances 2018, « nous avions mis en garde le Gouvernement, sans être entendus, sur une décision de pluriannualité de la taxe sur les carburants à un moment où le cours du pétrole était bas. Nous avions alors dit que les cours étaient extrêmement volatiles et que, pour cette raison, il fallait prendre non pas une décision pluriannuelle mais une décision annuelle. En précisant qu'en cas de hausse des cours il faudrait stabiliser la taxe. Là, on est partis jusqu'en 2022 sur 46 milliards de prélèvements supplémentaires », déplore Gérard Larcher qui réclame d'Emmanuel Macron « un vrai geste ».

« Le vrai geste c'est l'annualité de la taxe et en même temps il faut se poser la question : où vont les recettes ? Cette année nous allons passer de 13,7 à 19 milliards de recettes qui n'iront pas à la transition écologique », relève le président du Sénat qui estime que si l'État « parle d'aider les Français qui sont proches du SMIC, la question se pose aussi pour les Français qui voient leur facture de fuel exploser pour se chauffer. Et on ne fait rien pour les classes moyennes qui n'en peuvent plus » ajoute Gérard Larcher, pour qui la hausse de la CSG pour les retraités, la hausse des complémentaires santé, des prix de l'énergie, la baisse des allocations familiales... sont autant de mauvais coups au pouvoir d'achat des Français.

De façon plus générale, le président du Sénat remarque « la profonde déception d'avec Emmanuel Macron ». En raison du décalage entre les annonces faites et la réalité, de la distance entre l'exécutif et les Français. « Ce n'est pas qu'une crise avec les élus, les structures, parce que derrière les maires il y a les citoyens qui ont le sentiment qu'il y a un pays des métropoles et un autre pays un peu oublié, un peu maltraité. Il faut faire très attention pour la démocratie », prévient Gérard Larcher, particulièrement préoccupé par le nombre de démissions de maires et de conseillers municipaux.

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