Gérard Larcher : « La réponse à la grande préoccupation des Français doit être celle du pouvoir d'achat »

Publié le 15/03/2019

Président du Sénat, Gérard Larcher était, ce jeudi, l'invité de LCI. L'occasion de revenir sur de nombreux sujets d'actualité comme la loi anti-casseurs ou l'affaire Benalla avec une décision attendue du bureau du Sénat jeudi prochain. Sans oublier les élections européennes et son soutien indéfectible à liste des Républicains emmenée par François-Xavier Bellamy. 

Ce mardi, après le vote sans modification du Sénat sur le projet de loi anti-casseurs adopté en première lecture par l'Assemblée nationale, la loi a été définitivement adoptée. Cette loi anti-casseurs est, à la base, une proposition du Sénat écrite début juin à la suite des violences du 1er mai dernier « parce que nous considérions que le droit à manifester, c'est aussi se préserver de la manifestation de la violence », explique Gérard Larcher qui rappelle combien le Sénat « avait insisté sur la nécessité d'un équilibre entre sécurité et liberté individuelle et collective ».

S'il regrette que le président de la République ait annoncé son intention de saisir le Conseil constitutionnel, pour avis, avant le vote de la Haute assemblée, ce qui est une procédure peu habituelle, Gérard Larcher considère qu'il s'agit surtout là d'« un acte de défiance contre sa majorité car le gouvernement avait repris à son compte cette proposition de loi » émanant des Républicains.

L'actualité de la semaine prochaine sera marquée, jeudi 21 mars, par la décision du bureau du Sénat après le rapport de la commission d'enquête sur l'affaire Benalla. « Il dira le droit, tout le droit, rien que le droit dans le respect de la constitution. Ce n'est pas une décision politique », insiste Gérard Larcher pour qui cette commission d'enquête illustre bien « l'importance d'avoir une deuxième chambre qui contrôle l'exécutif ». Mais également, le sérieux du travail du Sénat dans ses alertes, comme celle sur la hausse des taxes sur les carburants. « C'était en 2017. Si le gouvernement nous avait écoutés, cela aurait peut-être évité novembre 2018 » , glisse-t-il.

À la veille de la fin officielle du grand débat national, Gérard Larcher attend des réponses concrètes de l'exécutif. Mais pour lui, il ne fait pas de doute que « la réponse à la grande préoccupation des Français doit être celle du pouvoir d'achat et de l'équité fiscale. Mais également de la fracture territoriale. C'est ce que, nous, les Républicains, défendons en priorité », souligne Gérard Larcher qui cite également la santé, l'environnement et la pauvreté.

Souhaitant une « dynamique positive pour le pays » après ce grand débat, le président les Républicains du Sénat souhaite que l'exécutif prenne conscience de l'importance de la proximité dans la décision politique. Et pour mieux « imaginer la décision en démocratie », le sénateur des Yvelines, qui ne se « satisfait pas de cette croissance médiocre, de ce chômage à niveau élevé, d'une fracture entre métropole et territoires », plaide pour « une 3ème étape de la décentralisation. La nouvelle génération de la décentralisation c'est cela : retrouver la proximité », assure celui qui salue le travail et l'exercice des maires. « Si la République a tenu, c'est grâce aux maires de ce pays », note-t-il.

Si à ses yeux la priorité doit donc être d'agir pour le pouvoir d'achat des Français, « on n'échappera pas à la baisse de la dépense publique », espère Gérard Larcher pour qui ce sujet « est prioritaire » avant d'évoquer, comme le réclame La République en Marche, des hausses d'impôts et des taxes. « Novembre est né d'un refus de consentement à l'impôt et on veut répondre par plus d'impôts ! Ce n'est pas la bonne manière de faire. Les Français en ont assez des impôts et réclament plus d'équité fiscale. Les Français n'ont pas supporté la taxe dite de transition écologique dont on s'est aperçu qu'elle servait à renflouer les caisses de l'État. C'est ce que nous avons signalé en 2017 sans avoir été écoutés », déplore le président du Sénat.

À un peu plus de deux mois des élections européennes, Gérard Larcher confie qu'il soutiendra avec force la liste des Républicains aux élections européennes « car on ne peut pas être réduit à un choix binaire que l'on veut nous imposer entre La République en Marche et le Rassemblement national. Nous, les Républicains, incarnons une Europe de projets, une Europe qui sait être solidaire - la PAC en étant l'un des premiers symboles -, une Europe qui sait assurer la sécurité en matière de défense, une Europe qui a le courage de faire face à des défis comme celui de la pression migratoire ». Un sujet sur lequel, selon lui, l'Union européenne doit travailler avec les pays africains « car la crise migratoire ne se résoudra pas uniquement avec des douaniers, des bateaux mais par le développement des pays africains ».

Se félicitant de la présence des centristes d'Hervé Morin dans la liste des Républicains aux élections européennes, Gérard Larcher souhaite que les liens avec l'Allemagne s'affermissent. « L'Europe, sans une colonne vertébrale franco-allemande, c'est une Europe qui va s'affaiblir face à la fin du multilatéralisme. Les États-Unis, la Russie et la Chine sont en train de se partager le monde. C'est pour cela que nous avons besoin d'Europe, une Europe courageuse et solidaire, qui regarde les problèmes en face ».

Enfin, questionné sur le projet de privatisation d'Aéroports de Paris (ADP), Gérard Larcher y est « défavorable car c'est un actif stratégique ». Et de s'appuyer sur l'expérience de Toulouse. « Une piste chinoise, ce n'est pas la meilleure façon de défendre un actif stratégique », fait-il observer.

>> Voir l'interview sur LCI.fr

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Exigeons 5h d'activités d'intérêt général par semaine en contrepartie du RSA !

Il y a huit ans, Laurent Wauquiez fut l'un des premiers à dénoncer les dérives de l'assistanat et à proposer l'instauration de contreparties au versement du RSA. Huit ans plus tard, Edouard Philippe a évoqué cette idée. Idée immédiatement rejetée par son propre gouvernement...
Nous croyons à la politique sociale par le travail, pas à la politique sociale par l'assistanat ! L'un des grands maux de notre pays est d'enfermer dans l'assistanat de trop nombreux Français en ne valorisant pas assez la reprise d'un travail.
Nous demandons que soit modifiée la loi pour conditionner à au moins 5h d'activités d'intérêt général par semaine le versement du RSA.

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