14 juin 2018

« Il y a une évidence : il n'y a pas de possibilité de réguler les flux migratoires sans une concertation européenne. Et tous ceux qui vous disent, comme le Front national, que c'est en fermant les frontières de notre pays que l'on règlera les flux migratoires ne disent pas de choses sérieuses ».

Convié à participer, mercredi, à la matinale de Public Sénat, Geoffroy Didier, Secrétaire général délégué à la communication et responsable du porte-parolat des Républicains était invité à réagir à la situation de l'Aquarius, ce bateau ayant 629 migrants à bord et bloqué en Méditerranée.

L'occasion pour celui qui est également député européen "les Républicains" d'estimer que « l'Europe n'est pas à la hauteur » face à la pression et au défi migratoires.

« Sur les deux dernières années, Frontex a détecté plus de 2 millions de franchissements illégaux de frontières dans l'Union européenne. Durant six mois, l'année dernière, 2 000 personnes sont mortes dans la Méditerranée », rappelle Geoffroy Didier qui « ne peut plus supporter l'idée que la Méditerranée devienne un cimetière. Nous ne supportons pas de voir ces personnes mourir en Méditerranée et c'est par ce que nous ne le supportons pas que nous ne devons pas envoyer un signal d'appel d'air à toutes ces personnes qui veulent venir en Europe ».

« Ce n'est pas aux passeurs, à ceux qui exploitent la misère humaine de choisir qui peut et doit venir sur notre territoire. C'est au peuple français », objecte le Secrétaire général délégué des Républicains qui aimerait qu' « Emmanuel Macron mette en place une politique de maîtrise des flux migratoires. Depuis qu'il a été élu il n'y a jamais eu autant d'immigrés en France, un record depuis 40 ans. Nous devons avancer avec des principes : il ne doit pas y avoir de régularisation lorsqu'une personne arrive clandestinement sur notre territoire », souligne-t-il.

L'occasion pour Geoffroy Didier de réclamer de l'Europe des gardes-frontières et des frontières « dignes de ce nom ».

« Comment accepter l'idée d'une solidarité à l'intérieur de l'Europe si les frontières ne sont pas étanches », interroge-t-il.

Il souhaite avant tout de la France qu'elle adresse « un signal de fermeté absolue. Sinon, il ne faudra pas s'étonner que les vagues populistes qu'on observe en Europe continuent et déferlent sur la France. Et il ne faudra pas s'étonner que les pays d'Afrique ne se développent pas suffisamment car toutes leurs forces vives partiront en Europe. Ce n'est une solution pour personne. Ni pour l'idéal européen, ni pour chacun de nos peuples européens, ni pour l'Afrique et son développement », note-t-il.

Interrogé sur les politiques que mènent Emmanuel Macron, Geoffroy Didier réfute l'idée et même l'affirmation que le chef de l'État soit de droite. « On est de droite quand on ne baisse pas la dépense publique, comme le fait Emmanuel Macron ? », interroge Geoffroy Didier qui « ne pense pas que le peuple de droite soit satisfait de la fin de non-recevoir d'Emmanuel Macron aux propositions de notre formation politique pour mieux protéger nos concitoyens face à une menace terroriste en perpétuelle évolution. Pas plus que le peuple de droite n'est satisfait lorsque le chef de l'État ne reçoit pas Laurent Wauquiez pour mettre sur la table nos propositions comme l'internement des fichés S les plus radicalisés », réagit Geoffroy Didier.

Alors que le Gouvernement a donné son feu vert à des cessions d'actifs dans la Française des jeux (FDJ), Aéroports de Paris (ADP) et Engie, Geoffroy Didier n'est pas opposé au principe de la privatisation. Mais sur celle d'Aéroports de Paris, le Secrétaire général délégué des Républicains y est opposé. Parce qu' « on est en train de brader notre patrimoine national, stratégique, le foncier et l'exploitation d'un aéroport international. C'est-à-dire des frontières de la France que sont Roissy Charles de Gaulle et Orly, avec une augmentation des prix qui est garantie comme cela a été le cas avec la privatisation des autoroutes et une augmentation de 20% des péages sur dix ans », désapprouve Geoffroy Didier qui « regrette qu'il n'y ait aucune vision industrielle et stratégique de la part du Gouvernement (qui) ayant besoin d'un peu d'argent alors vend l'aéroport de Roissy ! »

Interrogé sur le devenir des prestations sociales, Geoffroy Didier se montre « particulièrement attentif à ce que nous préservions des allocations qui sont fondamentales comme l'allocation adultes handicapés, au minimum vieillesse, à la prime d'activité ». Et de rappeler que "les Républicains" proposent la mise en place d'une « allocation sociale unique avec un plafonnement à 75% du Smic parce que nous avançons avec un principe, celui du travail, du mérite et que l'on ne doit pas être aussi bien énuméré par l'assistance, la solidarité que par le travail », souligne-t-il.

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