13 février 2018

Geoffroy Didier, Secrétaire général délégué et responsable du porte-parolat, Député européen, a répondu aux questions du Figaro sur les élections européennes de 2019.

LE FIGARO. - Les listes nationales gomment-elles l'ancrage territorial des élus ?

Geoffroy DIDIER. - Oui, et c'est précisément l'objectif d'Emmanuel Macron. À l'Assemblée nationale comme au Parlement européen, il souhaite des élus hors-sol et sans attaches pour les contraindre à la docilité absolue. Ce n'est pourtant ni l'esprit français de liberté ni une garantie d'efficacité. La République en marche ne tient qu'à un fil. Or, un élu est un représentant du peuple, pas un valet de l'Élysée ! Mais au-delà de ce débat de forme, allons à l'essentiel: quelle vision de l'Europe chacun veut-il offrir ? Quitte à ce qu'Emmanuel Macron ait souhaité des listes nationales, je suis favorable à ce que le débat devienne, lui aussi, national.

Sur quel type de débat ces listes nationales vont-elles déboucher ?

Les Français ne doivent subir aucun des deux extrêmes. Le premier, celui du Front national, consiste à rejeter en bloc toute idée même d'Europe. Ce n'est pas seulement triste, c'est suicidaire pour notre grandeur et notre compétitivité comme pour notre pouvoir d'achat. Il suffit de voir ce que les Anglais risquent avec le Brexit pour ne pas avoir envie du Frexit ! L'autre extrême, c'est la volonté d'Emmanuel Macron de diluer notre souveraineté dans une Europe fédéraliste. Nous avons voté, la semaine dernière au Parlement européen, contre son concept de listes « transnationales ». Chacun doit le savoir: le fédéralisme, ce serait achever d'abandonner notre destin aux technocrates. Nous Les Républicains réunis autour de Laurent Wauquiez, nous sommes profondément européens parce que c'est notre civilisation, mais aussi notre intérêt. Mais pour nous, la promotion de l'Europe ne doit pas signifier la fin de la France !

Quel projet comptez-vous porter ?

Nous voulons plus d'Europe là où la France en a besoin. Sur des projets comme la recherche contre le cancer ou Alzheimer et sur des défis comme la protection des frontières extérieures de l'Union européenne, qui peut penser que nous pouvons progresser seuls ? En matière commerciale, nous devons aussi faire bloc ensemble pour nous protéger des continents concurrents et mettre en place une préférence européenne dans l'accès à nos marchés publics. En parallèle, la France doit, elle, se protéger des erreurs d'autres nations européennes en assumant de vouloir retrouver sa souveraineté sur certains aspects. Pourquoi la France devrait-elle subir les erreurs de notre voisin allemand en matière migratoire ? Pourquoi le peuple français devrait-il encore pâtir de nouveaux élargissements voulus par le président de la République ? Notre projet consistera à refonder l'Europe, mais toujours dans l'intérêt de la France et de son peuple.

Quel est le meilleur profil LR pour conduire la liste aux élections ?

L'élection est dans plus de quinze mois ! Une équipe n'est que la traduction humaine d'un projet. Si nous entendons le peuple qui dit « oui » à l'Europe mais souvent « non » à Bruxelles, nous gagnerons. L'isolement de Marine Le Pen est une impasse. Le fédéralisme d'Emmanuel Macron est une folie. Positifs, pragmatiques et conquérants, nous susciterons l'adhésion d'une majorité populaire. Notre espace est immense !

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