François-Xavier Bellamy à La Croix : « Soit l'Europe change, soit l'Europe meurt »

Publié le 12/04/2019

François-Xavier Bellamy était jeudi 11 avril l'invité de l'émission « Face aux chrétiens », présentée par Bernard Gorce et coproduite par KTO.

Il répondait aux questions de Romain Mazenod (RCF), Alain Baron (Radio Notre-Dame) et Laurent de Boissieu (La Croix).

Qu'est l'Europe pour vous ?

L'Europe n'est pas qu'un projet : elle est une civilisation, elle a vingt-cinq siècles d'histoire. Si je me suis engagé dans cette campagne, c'est d'abord comme un enseignant qui a fait de la transmission son métier et sa passion. Nommer nos racines est nécessaire pour se projeter dans l'avenir. C'est l'une des grandes erreurs de l'Europe, et de la France en particulier, de l'avoir refusé dans les traités. Ces racines sont grecques, pour la raison et la démocratie ; romaines, pour l'égalité devant la chose publique ; et judéo-chrétiennes, pour le sens de la dignité humaine.

Votre famille politique a participé à la construction de l'actuelle Union européenne. Êtes-vous crédible à la critiquer ?

Soit l'Europe change, soit l'Europe meurt, et alors le projet européen sera durablement discrédité. C'est vrai que « changer l'Europe » est un slogan qui a été bien souvent entendu, mais nous n'avons plus le choix.

À titre personnel, j'ai voté en 2005 contre le traité constitutionnel européen – c'était l'un des premiers votes de ma vie – car il installait l'idée que l'Europe devait devenir un super-État. C'est la vision d'Emmanuel Macron, avec un budget et un ministre des finances de la zone euro.

Toutes ces idées sont tombées à l'eau, parce que cette vision fédéraliste conduisant, à la fin, au dépassement des États-nations, est très isolée en Europe. Aujourd'hui, nous sommes là pour tirer les enseignements de ce qui n'a pas fonctionné dans le passé. Laurent Wauquiez m'a proposé de conduire cette liste avec un projet très clair. Nous sommes là pour écrire une nouvelle page de l'histoire de notre famille politique, qui sera aussi une nouvelle page de l'histoire de la construction européenne.

Seriez-vous favorable à ce que toute adhésion d'un nouvel État soit soumise, en France, au référendum ?

Oui, disons-le si vous voulez comme ça. On peut dire qu'il faut évidemment un référendum pour toute nouvelle adhésion, avec cette réserve particulière que nous nous engageons à ne pas soutenir de nouvel élargissement. Contrairement à Emmanuel Macron, nous ne voulons ni ouvrir des négociations d'adhésion avec l'Albanie ni élargir l'espace Schengen à la Roumanie. C'est aussi l'un des enjeux de ces élections.

Les élargissements disent aussi quelque chose de la vision que nous avons de l'identité européenne. Une Europe qui ne sait pas finir ses frontières serait une Europe qui ne sait pas se définir. Que certains aient pu croire que la Turquie avait vocation à entrer dans l'Union européenne est une des erreurs du passé de ma famille politique. C'était une folie.

Vous voterez donc contre toute ouverture d'un nouveau chapitre dans des négociations d'adhésion ?

La réponse est oui.

Au Parlement européen, n'allez-vous pas appartenir, face aux souverainistes et à l'extrême droite, à la même majorité de compromis que LREM, en tant que membre du Parti populaire européen ?

Le Parlement européen repose sur des majorités de projets. Mais notre vision n'est pas du tout celle défendue par Emmanuel Macron. Donc je ne crois pas qu'il puisse y avoir sur le fond une communauté de vision sur l'Europe. L'idée qu'il y aurait un débat entre populistes et progressistes va fracturer l'Europe. Je ne fais pas partie de ceux qui joueront sur ces inquiétudes pour condamner le projet européen. Je ne fais pas partie non plus de ceux qui diront que tous ceux qui s'inquiètent sont à exclure du dialogue européen.

La France insoumise propose que l'avortement soit reconnu dans toute l'UE comme un droit fondamental. Qu'en pensez-vous ?

C'est une posture idéologique absurde. La question européenne, c'est de savoir comment agir plus efficacement ensemble que séparément. Il y a en revanche un sujet majeur sur lequel la France seule ne pourra pas être suffisamment forte et audible : la bioéthique. Si nous sommes vraiment écologistes, il faut proposer une écologie intégrale, qui se préoccupe de l'environnement mais aussi de l'humain de demain. L'Europe doit prendre la tête d'une initiative juridique internationale pour interdire l'eugénisme, la marchandisation du corps humain et la gestation pour autrui.

>> Lire l'interview sur La-Croix.com

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Exigeons 5h d'activités d'intérêt général par semaine en contrepartie du RSA !

Il y a huit ans, Laurent Wauquiez fut l'un des premiers à dénoncer les dérives de l'assistanat et à proposer l'instauration de contreparties au versement du RSA. Huit ans plus tard, Edouard Philippe a évoqué cette idée. Idée immédiatement rejetée par son propre gouvernement...
Nous croyons à la politique sociale par le travail, pas à la politique sociale par l'assistanat ! L'un des grands maux de notre pays est d'enfermer dans l'assistanat de trop nombreux Français en ne valorisant pas assez la reprise d'un travail.
Nous demandons que soit modifiée la loi pour conditionner à au moins 5h d'activités d'intérêt général par semaine le versement du RSA.

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