François-Xavier Bellamy : « Le défi migratoire est devant nous »

Publié le 08/04/2019

Invité, samedi, de France Info, la tête de liste des Républicains aux élections européennes ne veut pas revivre la grande impuissance européenne de 2015 confrontée à une immigration de masse. Il plaide, notamment, pour que les demandes d'asile soient instruites en dehors du territoire européen ou encore le maintien d'une dérogation permettant à chaque État, dans l'espace Schengen, d'exercer des contrôles à ses frontières.

Pour François-Xavier Bellamy, tête de liste des Républicains aux élections européennes du 26 mai prochain, il est nécessaire, face au défi de l'immigration, de maintenir la dérogation actuelle dans l'espace Schengen qui permet aux États de faire, de manière aléatoire ou ciblée, des contrôles à leurs frontières.

« Cette dérogation, actuellement temporaire, qui vaut pour la cause terroriste, nous voulons la maintenir de manière durable afin de permettre une vraie résolution de la question migratoire mais aussi parce que nous voyons que nous ne sommes pas encore capables de défendre ensemble et de manière efficace les frontières extérieures de l'Europe », estime François-Xavier Bellamy qui était l'invité, ce samedi, de la matinale de France Info. 

L'adjoint au maire de Versailles prend exemple sur ce qui se déroule en ce moment à la frontière franco-italienne où des dizaines de milliers de personnes ont été refoulées à la frontière grâce l'application de cette dérogation.

Concernant les demandes d'asile, François-Xavier Bellamy souhaiterait qu'elles soient instruites en dehors du territoire européen. « On ne rentrerait alors en Europe que parce qu'on y a été légalement autorisé », fait-il observer, façon également de résoudre le problème des bateaux transportant des migrants illégaux.

« L'enchaînement des meilleures intentions conduit aux pires catastrophes », remarque François-Xavier Bellamy constatant que l'« on voudrait opposer le camp de l'ouverture, de l'accueil et de la solidarité à ceux qui provoquent les morts en mer Méditerranée. Mais c'est exactement l'inverse qui se produit car à force de vouloir faire cette promesse au continent africain que, lorsqu'on arrive en Europe, on peut s'y établir même de manière illégale, eh bien on entretient ce faux rêve qui fait des morts en mer Méditerranée ! Avec les meilleures intentions du monde, on provoque des naufrages car on fait croire aux gens qu'on viendra les secourir en mer et ils partent avec cet espoir. Si cette croyance pouvait être enfin déconstruite, si on pouvait avoir la certitude que l'on n'entrera en Europe que si l'on y a été légalement autorisé, alors il n'y aurait plus de morts », fait observer la tête de liste les Républicains aux élections européennes. 

Pour François-Xavier Bellamy « le défi migratoire est devant nous ». Et, ajoute-t-il, ce n'est pas en votant contre tout ce qui renforce une politique européenne de lutte contre l'immigration illégale, comme l'ont fait les députés du Rassemblement national, que nous parviendrons à être plus forts face à ce défi fondamental », tacle-t-il tout en soulignant qu'« on ne peut jamais imposer à un État une politique migratoire qu'il n'a pas lui-même choisie parce que les États savent ce que sont leurs capacités d'intégration et c'est devant leurs peuples respectifs que les chefs d'État et de gouvernement sont responsables démocratiquement. On ne peut pas faire en sorte que la politique européenne soit une répartition de migrants », relève celui qui a vécu 2015 comme « l'année de la grande impuissance européenne en matière migratoire. Nous ne voulons pas revivre cette grande impuissance », assure-t-il.

Concernant l'écologie et l'environnement qui « n'est pas une mode mais un enjeu fondamental pour notre avenir », François-Xavier Bellamy veut « absolument redonner un équilibre à la mondialisation ».

Dans le projet des Républicains, validé à l'unanimité le 16 mars dernier à Lyon lors du Conseil national, François-Xavier Bellamy met en avant une mesure forte : la barrière écologique. « Elle est destinée à combattre une Europe de la double peine qui entretient une concurrence déloyale, qui pénalise nos emplois et qui, simultanément, favorise une production écologiquement moins vertueuse. Elle consiste à dire que les produits qui entrent sur le sol européen doivent payer pour la contribution carbone », explique la tête de liste des Républicains aux élections européennes. « En imposant nos standards écologiques, cette barrière écologique viendra filtrer les produits qui rentrent sur le sol européen pour éviter les distorsions de concurrence qui portent préjudice, notamment à nos agriculteurs », souligne François-Xavier Bellamy.

Interrogé sur la réforme des retraites, François-Xavier Bellamy pointe « une séquence surréaliste » provoquée par les avis contradictoires au sein du gouvernement sur l'allongement ou non de l'âge légal de départ à la retraite. « On attend d'un gouvernement qu'il nous donne un cap, comment il entend s'y prendre et qu'il ait des décisions claires. Là, on vient de vivre trois semaines improbables dans lesquelles on a eu, tous les jours, une annonce divergente », déplore-t-il.

« On ne peut pas jouer avec les Français, qui sont à bout de nerfs, sur un sujet aussi fondamental. Quand on crée l'incertitude sur un sujet aussi important que les retraites qui est le résultat du travail de toute leur vie et de la manière dont ils vont pouvoir vivre durant les années qui restent devant eux, on produit une épargne de réserve, on incite les Français à ne pas consommer, à mettre de l'argent de côté. C'est très mauvais pour l'économie et c'est une forme d'indignité qui est faite lorsqu'on joue avec cette question fondamentale », souligne François-Xavier Bellamy qui fixe le cap : « nous avons le devoir d'assurer l'équilibre de notre régime de retraites. Nous avons le devoir de rééquilibrer les comptes de l'État. Mais cela oblige à des choix courageux », glisse François-Xavier Bellamy qui met en avant l'une des propositions des Républicains : l'alignement des régimes de retraite entre le privé et le public et la suppression des régimes spéciaux. « Cela représente 5 milliards d'euros d'économies. On devrait déjà tous être d'accord autour de ce postulat », estime-t-il.

Alors que le Conseil constitutionnel vient de retoquer l'article 3 de la loi anti-casseurs, François-Xavier Bellamy regrette « l'impuissance » et « l'incohérence » de l'État. « Emmanuel Macron fait voter cette loi que la droite avait proposée et il la soumet au Conseil constitutionnel comme s'il voulait ne pas la voir appliquer », désapprouve la tête de liste des Républicains qui « attend maintenant du gouvernement qu'il réécrive au plus vite une nouvelle version de cet article 3 de manière à mettre fin à cette impuissance de l'État. Il ne faut pas que des casseurs multirécidivistes puissent venir paralyser des manifestations sinon c'est la liberté de manifester qui sera durablement en cause dans notre pays », relève-t-il.

Enfin, interrogé sur l'Éducation nationale, le professeur de philosophie s'inquiète de la profonde régression de notre système scolaire. « La baisse du niveau de notre école est la plus grande menace qui pèse aujourd'hui sur notre avenir. Si nous ne savons pas transmettre notre culture aux générations qui nous suivent, les éléments fondamentaux du savoir qui leur permettront de construire notre avenir, notre société sera durablement menacée dans sa capacité de construire son dynamisme économique mais aussi sa vie démocratique et son unité », juge François-Xavier Bellamy qui ne comprend pas la réforme du lycée. « Elle semble être la décalque de la réforme du collège avec moins d'heures de cours, une spécialisation plus précoce qui ne correspond pas à ce dont les élèves ont besoin ni ce dont notre système économique a besoin », souligne-t-il.

Selon lui, « le monde économique profondément nouveau qui se dessine appelle à des élèves bien formés avec une vraie culture générale alors qu'aujourd'hui on propose d'allers vers une plus grande spécialisation ». Qualifiant la réforme du lycée de « réforme mal préparée, mal concertée (qui) suscite beaucoup d'inquiétude », François-Xavier Bellamy estime qu'il « sera sage de temporiser et d'engager un vrai dialogue sur cette question fondamentale ».

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Exigeons 5h d'activités d'intérêt général par semaine en contrepartie du RSA !

Il y a huit ans, Laurent Wauquiez fut l'un des premiers à dénoncer les dérives de l'assistanat et à proposer l'instauration de contreparties au versement du RSA. Huit ans plus tard, Edouard Philippe a évoqué cette idée. Idée immédiatement rejetée par son propre gouvernement...
Nous croyons à la politique sociale par le travail, pas à la politique sociale par l'assistanat ! L'un des grands maux de notre pays est d'enfermer dans l'assistanat de trop nombreux Français en ne valorisant pas assez la reprise d'un travail.
Nous demandons que soit modifiée la loi pour conditionner à au moins 5h d'activités d'intérêt général par semaine le versement du RSA.

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