François-Xavier Bellamy à CNews : « La France joue son avenir »

Publié le 16/05/2019

Le 26 mai, François-Xavier Bellamy, tête de liste lR aux éléctions européennes, espère apparaître comme la troisième voie, susceptible de changer la donne.

Il pourrait bien créer la surprise. A dix jours des élections européennes du 26 mai, François-Xavier Bellamy, chargé par Laurent Wauquiez de conduire la liste des Républicains, veut croire en sa bonne étoile. Ce professeur agrégé de philosophie de 33 ans, adjoint au maire de Versailles depuis 2008, est actuellement le troisième homme des sondages, avec autour de 13 % d’intentions de vote, derrière LREM et le RN, à égalité à 22 %. Le candidat, catholique assumé, insiste sur la nécessité de dépasser le duel annoncé entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, et de défendre la «civilisation européenne», prélude selon lui à la reconstruction de la droite.

Inconnu du grand public il y a encore quelques mois, pourquoi vous êtes-vous engagé ?

J’ai le sentiment que ma famille politique a une grande responsabilité pour sortir de la période de crise que nous traversons. Il est nécessaire aujourd'hui de réorienter l’action de l’Europe pour préparer la France à tous les défis qui l’attendent (migratoire, écologique, sécuritaire…). En ce qui me concerne, j’essaie d’apporter un regard neuf dans le débat, et peut-être moins technocratique. Mais mon entrée dans la campagne n’était ni prévue ni calculée. Sollicité par la grande famille de la droite et du centre, j’ai vu l’occasion de travailler avec une équipe formidable, aux intelligences diverses et complémentaires, représentative de tous les territoires du pays. Cela dit, être nouveau n’est pas une qualité en soi, c’est surtout une exigence : celle d’être à la hauteur des compétences que les Français sont en droit d’attendre de leurs représentants européens.

Quel est l’enjeu principal de ces élections européennes ?

C’est de refonder l’Europe, et non pas de compter les points dans une compétition strictement nationale qu’on voudrait nous imposer. Trop souvent, l’Europe nous fragilise, alors qu’elle devrait nous renforcer. Il faut construire une Europe qui nous permettra de maîtriser nos frontières, de défendre nos intérêts, nos entreprises, nos emplois. Aux citoyens qui se désintéressent de ces élections ou les jugent inutiles, j’aimerais dire que c’est avant tout l’avenir de nos pays, de la France, qui va se jouer dans dix jours. Dans un tel contexte, on ne peut pas se contenter d’un débat binaire. Marine Le Pen veut déconstruire l’Europe, Emmanuel Macron veut poursuivre dans la voie d’une Europe qui ne marche pas : nous croyons que l’essentiel est de retrouver le bon cap.

Vous regrettez que le scrutin se réduise à un duel progressistes - nationalistes… En quoi serait-ce un « piège », selon vous ?

C’est un faux débat, un clivage artificiel qui menace de fracturer l’Europe, car il nie le fonctionnement même de la démocratie. D’après les sondages, seulement 20 % des Français se reconnaissent dans ce match entre LREM et le RN. En d’autres termes, une écrasante majorité ne se sent pas concernée par cette fausse alternative. Emmanuel Macron martèle que son unique but est de battre Marine Le Pen, et inversement. Nous, la droite et le centre, croyons que la démocratie mérite mieux que de voter contre quelqu’un : notre seule ambition est de résoudre les problèmes des Français, en bâtissant une Europe qui maîtrise ses frontières, une Europe efficace, une Europe des projets plutôt que des normes.

Vous seriez « très, très, très à droite », selon Nathalie Loiseau. Etes-vous un conservateur ?

Ce mot ne suffit pas à penser les défis d’aujourd’hui, mais oui, je crois qu’il faut préserver notre environnement, ainsi que notre culture, notre mode de vie, ce à quoi nous sommes attachés et ce que nous voulons offrir aux générations futures. Ce travail de transmission, que je vis en tant qu’enseignant depuis dix ans, est une des premières responsabilités de l’action politique. Notre modèle européen est aujourd’hui fragilisé par cette incapacité à faire face au défi de la mondialisation, mais aussi au communautarisme. Car, pendant trop longtemps, nous avons refusé de nommer cette civilisation européenne, de s’en émerveiller et de la partager. Et l’islam radical prospère aujourd’hui sur le vide que nous avons laissé.

Vous estimez qu’« il n’y a pas de droites irréconciliables ». Même avec le Premier ministre hongrois, Viktor Orban ?

Ce qui menace et fracture l’Europe aujourd’hui, c’est d’abord ce réflexe qui consiste à exclure et à condamner, au lieu de construire un dialogue pour tenter de comprendre. D’ailleurs, les mêmes qui nous reprochent aujourd’hui de siéger avec Viktor Orban au Parlement européen (au sein du Parti populaire européen, ndlr) expliquaient encore il y a quelques semaines qu’il fallait à tout prix écouter la voix du peuple hongrois…

Les oppositions vous assimilent volontiers à l’extrême droite. Qu’est-ce qui vous différencie ?

Cette accusation est une vieille tactique politicienne qu’Emmanuel Macron emprunte à la gauche : qualifier d’extrémistes tous ceux qui ne pensent pas comme lui. Cela ne fait pas honneur au débat démocratique. Quant au RN, nous avons une vision totalement différente de l’Europe. Nous voulons qu’elle nous renforce quand le RN veut, lui, la déconstruire. La preuve, il a systématiquement voté contre toutes les propositions susceptibles de renforcer les Etats - y compris en matière de contrôle de l’immigration ou de lutte contre le terrorisme.

Vous faites campagne avec la vice-présidente de l’Ile-de-France, Agnès Evren, et l’eurodéputé Arnaud Danjean. Quel avantage y a-t-il à travailler en trio ?

C’est une équipe à l’image de la façon dont nous voulons faire de la politique : collectivement. C’est-à-dire non pas une action individualiste qui placerait les personnes en compétition, mais une politique qui les unit pour agir efficacement, qui rassemble diverses compétences et expériences pour pouvoir servir les Français le mieux possible.

Obtenir moins de 15 % des voix le 26 mai, serait-ce un échec ?

Ce qui compte, c’est de rassembler le plus largement possible. On voit partout un très bel élan, et je prédis une belle surprise. Relever la droite est une nécessité, afin d’apporter une vraie alternative.

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Exigeons 5h d'activités d'intérêt général par semaine en contrepartie du RSA !

Il y a huit ans, Laurent Wauquiez fut l'un des premiers à dénoncer les dérives de l'assistanat et à proposer l'instauration de contreparties au versement du RSA. Huit ans plus tard, Edouard Philippe a évoqué cette idée. Idée immédiatement rejetée par son propre gouvernement...
Nous croyons à la politique sociale par le travail, pas à la politique sociale par l'assistanat ! L'un des grands maux de notre pays est d'enfermer dans l'assistanat de trop nombreux Français en ne valorisant pas assez la reprise d'un travail.
Nous demandons que soit modifiée la loi pour conditionner à au moins 5h d'activités d'intérêt général par semaine le versement du RSA.

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