François-Xavier Bellamy : « On aurait tout à perdre en nous divisant. Nous ne voulons pas nous résigner. »

Publié le 29/05/2019

Invité de LCI, François-Xavier Bellamy, tête de liste aux élections européennes de dimanche dernier et député européen, a répondu aux questions de David Pujadas sur la campagne qu'il a menée, le score obtenu par notre famille politique lors de ce scrutin mais aussi sur l'avenir des Républicains.

Interrogé sur son mea culpa lors du bureau politique organisé lundi au siège des Républicains, François-Xavier Bellamy a tenu d'abord à rappeler que notre famille politique avait mené une belle campagne. « Ça a été un immense honneur pour moi de conduire cette liste avec une équipe extraordinaire. Et ça a été un immense honneur et un immense bonheur de sentir la confiance des Français partout sur le terrain. Des Français qui ont retrouvé une ferveur et une envie de croire à la politique. Ça a été une belle campagne et j'aurais aimé pouvoir offrir à ces gens qui nous ont portés le résultat qu'ils espéraient. » Enchainant sur le résultat obtenu, le député européen a dit assumer sa responsabilité : « force est de constater que je n'ai pas réussi. Je ne m'exonère pas de ma responsabilité devant cet échec. J'étais tête de liste, j'assume ma responsabilité. »

Pour François-Xavier Bellamy, l'une des raisons de notre échec aux élections européennes réside dans le duel imposé entre le Rassemblement national et La République en Marche : « Je me suis donné sans compter pour cette campagne parce qu'elle était décisive. Nous avons dû faire face à un détournement de ce scrutin européen qui a été transformé en référendum, très loin de la réalité des enjeux européens. Avec mes colistiers, nous avons voulu prendre l'Europe et les Français au sérieux. Nous avons eu face à nous ce duel Marine Le Pen-Emmanuel Macron que nous redoutions et que nous n'avons pas su éviter. Nous n'avons pas su sortir de cet étau qui est en train de prendre en tenaille notre démocratie. Nous sommes venus avec un projet et une vision dans une campagne basée sur le rejet et l'exclusion. »

Alors, quel avenir pour les Républicains ? Pour le député européen, « c'est important de tirer les enseignements de ce qui n'a pas marché pour tourner une page et en écrire une autre. Malgré ce score, cette campagne a aussi été fondatrice. On a vécu un élan d'unité de notre famille politique qui s'est rassemblée. » Une unité que notre famille politique doit assurer sous peine de finir déchirée : « on aurait tout à perdre en se divisant... »

« Cette défaite, nous l'avons vécue tous ensemble. La droite traverse une crise profonde, une crise ancienne. Notre famille politique suscite de la défiance. Et nous parviendrons à susciter de la confiance uniquement en nous rassemblant. Cette campagne a été un moment d'unité. Il faut en garder le sens pour avancer. Cette unité se fera autour d'une vision assumée et claire et non pas sur du vide. »

Interrogé sur le président des Républicains, dont la capacité à diriger notre famille politique est remise en cause par certains, François-Xavier Bellamy tranche dans le vif en apportant son soutien à Laurent Wauquiez et en exhortant une fois de plus au rassemblement : « Laurent Wauquiez saura construire les conditions dans lesquelles notre famille politique relèvera la tête. Je demande seulement une chose comme un Français parmi tant d'autres : qu'on ne fasse pas de cette défaite l'occasion d'une division. »

Si les Républicains ont connu un échec dimanche dernier, François-Xavier Bellamy continue de penser que la droite a un message à porter pour le futur de notre pays et dispose d'un espace politique pour le faire. « Il y a un espace politique pour la droite. Nous voulons redonner de l'oxygène à nos entreprises. Emmanuel Macron tient ce discours mais ne le met pas en action. Nous croyons à la transmission, à la reconstruction de l'école. Et nous avons fait campagne autour d'un projet. Dans cette campagne, nous avons parlé d'économie, d'emploi, d'avenir de notre industrie, de défense, d'immigration, de sécurité, d'écologie, de culture... Nous avons parlé de tout ce qui intéressait les Français. »

Alors, comment faire pour convaincre nos compatriotes de la pertinence de ce projet ? Pour François-Xavier Bellamy, la réponse est claire : cela passe par un travail de terrain, au plus près des Français, comme ce qui a été mené depuis plusieurs mois et notamment pendant cette campagne des élections européennes. « C'est grâce au travail de terrain que nous pourrons patiemment et humblement reconstituer un lien avec les Français. Je continuerai à m'engager pour cela. Et il faut accepter que cela prenne du temps. »

Si cette démarche de refondation et de reconstruction du lien entre les Français et la droite sera longue, François-Xavier Bellamy conclut son intervention en se refusant à tout défaitisme : « se dire abattu, cela voudrait dire se résigner à l’échec, non pas à notre propre échec mais à celui de notre pays. Nous ne voulons pas nous résigner. Nous ne nous résignerons jamais. »

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