Annie Genevard : « Il faut s'engager dans une logique de diminution de l'immigration »

Publié le 18/06/2019

Annie Genevard, secrétaire générale des Républicains, députée du Doubs et vice-présidente de l'Assemblée nationale, était l'invitée de Frédéric Rivière sur RFI ce mardi matin. L'occasion d'évoquer le séminaire organisé par le ministère de l'Intérieur sur les violences policières, l'instauration de quotas en matière d'immigration ou encore les élections municipales à venir.

« Le terme violence policière laisserait à penser que cette violence est inscrite dans l'exercice de leur mission ou qu'ils se sont livrés à des violences gratuites. » Si Annie Genevard admet que la violence légitime exercée par les forces de l'ordre doit être « encadrée et contrôlée », elle dénonce ceux qui évoquent les violences policières. Mais pour la députée du Doubs, l'initiative de Christophe Castaner a accouché d'une souris : « qu'on s'interroge sur un changement de doctrine, après avoir eu 4 000 blessés, dont de nombreux policiers, c'est bien. Mais de ce séminaire n'est pas sorti grand chose. Il y a des choses à changer mais la police a payé un lourd tribut en obéissant aux ordres ».

Interrogée sur un changement de doctrine dans l'usage des lanceurs de balle de défense (LBD), notre secrétaire générale considère « normal qu'il y ait une doctrine d'usage des LBD mais on ne peut pas désarmer nos policiers et nos gendarmes qui doivent avoir les moyens de se défendre ».

Toujours dans les annonces du ministère de l'Intérieur : un débat sur des quotas d'immigration. Annie Genevard commence sa réponse par une mise en garde : « il faut s'entendre sur les quotas ». Parce que quotas de répartition européens et plafonds d'immigration français ne sont pas la même chose. « Nous sommes absolument contre les quotas de répartition de migrants entre pays européens. Par contre, au niveau national, que la France dise qui elle veut accueillir sur son sol, dans quelles proportions et dans quelles conditions, c'est normal. La France doit retrouver le droit de dire qui elle accueille sur son sol. »

Rappelant que l'instauration de plafonds d'immigration votés par le Parlement après des débats annuels était une mesure présente dans notre projet présidentiel de 2017 mais aussi dans les propositions présentées par Laurent Wauquiez en 2018, Annie Genevard souligne que les débats organisés par la majorité sont biaisés : « sur les questions migratoires, la majorité est très largement à gauche. J'ai vu les mêmes débats avec la majorité d'Emmanuel Macron qu'avec la majorité de François Hollande, la même réticence à contrôler et à encadrer ». Pourtant, aux yeux de la députée du Doubs, « nous avons atteint nos limites en termes d'intégration et il faut s'engager dans une logique de diminution de l'immigration ». Une logique dans laquelle le gouvernement ne s'engage toujours pas...

Alors que le gouvernement présente son projet de réforme de l'assurance chômage, Annie Genevard souligne que « l'assurance chômage doit bien sûr être réformée ». Néanmoins, notre secrétaire générale dénonce une pratique commune du gouvernement, celle d'être « très fort dans les annonces avant de finir sur une petite réforme ». Partant des éléments d'ores et déjà connus de la réforme à venir, Annie Genevard rappelle qu'il y aura deux grands perdants : les cadres et certaines branches professionnelles comme les entreprises du bâtiment. « Certaines branches ont besoin de contrats courts parce que c'est inscrit dans leur activité économique. Ce que je vois, c'est qu'entre la réforme des niches fiscales et de l'assurance chômage, certaines branches professionnelles vont payer un lourd tribut. »

Interrogée enfin sur les élections municipales qui auront lieu en 2020 et notamment sur les appels du pied des autres formations politiques aux maires des Républicains, Annie Genevard dénonce l'« euphorie post-européennes » dans laquelle sont aujourd'hui la République en Marche et le Rassemblement national lorsqu'ils « se disent qu'ils vont se partager les dépouilles de la droite ». Mais pour la vice-présidente de l'Assemblée nationale et ancienne maire de Morteau, « ils méconnaissent totalement le niveau local. Une élection municipale est un enjeu local. Les maires mettent rarement en avant une étiquette politique mais bien plus souvent un bilan et des projets ». Et Annie Genevard reste optimiste : « les maires vont mettre à distance cette tentative de récupération parce qu'ils savent que l'instrumentalisation ne leur réussira pas ». Et de conclure : « je déplore cette attitude d'irrespect du caractère local de cette élection mais aussi la tentative d'instaurer un parti unique face aux extrêmes. Nous, les Républicains, avons des appuis solides dans les territoires. L'engagement local est fondamental pour nous. »

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Exigeons 5h d'activités d'intérêt général par semaine en contrepartie du RSA !

Il y a huit ans, Laurent Wauquiez fut l'un des premiers à dénoncer les dérives de l'assistanat et à proposer l'instauration de contreparties au versement du RSA. Huit ans plus tard, Edouard Philippe a évoqué cette idée. Idée immédiatement rejetée par son propre gouvernement...
Nous croyons à la politique sociale par le travail, pas à la politique sociale par l'assistanat ! L'un des grands maux de notre pays est d'enfermer dans l'assistanat de trop nombreux Français en ne valorisant pas assez la reprise d'un travail.
Nous demandons que soit modifiée la loi pour conditionner à au moins 5h d'activités d'intérêt général par semaine le versement du RSA.

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