L'Europe au cœur du premier « Rendez-vous des idées » des Républicains

Publié le 24/05/2018

« Notre idée ? Se faire des idées. Débattre. Échanger. Se nourrir des travaux de tous ceux qui réfléchissent à l'avenir de notre pays. À la place de la France dans le monde. Et ainsi travailler, brique après brique, à notre projet ».

Ce mercredi soir, Virginie Calmels, Vice-présidente déléguée des Républicains et Guillaume Larrivé, député de l'Yonne - qui ont tous deux la charge d'élaborer le projet de notre famille politique avec le philosophe et ancien ministre Luc Ferry ainsi qu'avec Laurent Wauquiez, président des Républicains - ont lancé un nouveau format de réunion dans le cadre de l'élaboration du projet.

En appui des conventions thématiques ("Conventions pour la France"), Virginie Calmels et Guillaume Larrivé ont souhaité lancer "Les rendez-vous des idées", occasion d'aborder très régulièrement un thème spécifique, d'approfondir un sujet au travers d'une rencontre.

Pour ce premier rendez-vous, en invitant Christian Saint-Etienne, conseiller "les Républicains" de Paris et du XIème arrondissement, Virginie Calmels et Guillaume Larrivé accueillaient surtout l'économiste et l'universitaire, professeur titulaire de la Chaire d'économie industrielle au Conservatoire national des Arts et Métiers lequel vient de publier aux éditions de L'Observatoire « Osons l'Europe des nations ».

« Dans la perspective de notre Conseil national qui se déroulera le 30 juin prochain à Menton sur le thème de l'Europe, nous trouvions pertinents de lancer ce premier rendez-vous autour du livre de Christian Saint-Etienne et sur l'idée européenne », signale Guillaume Larrivé.

« Je suis un pro européen et je souhaite que l'Europe soit une puissance active dans le concert des nations. Mais je suis très critique de l'Europe telle qu'elle est aujourd'hui. Elle ne va pas. Elle est le ventre mou du monde. Tout le monde fait ce qu'il veut ici alors que nous, l'Europe, ne pouvons pas faire ce que nous voulons en Chine, aux Etats-Unis... », constate, d'emblée, Christian Saint-Etienne qui, à travers son livre, cherche à comment sauver l'Europe de son échec « maintenant certain .... si elle ne réagit pas rapidement ».

« Depuis 20 ans, le problème de la France c'est l'industrie considérée comme un gros mot par nos gouvernants. Tant que cela sera ainsi on aura un gros déficit public, ce qui nous place dans une position d'extrême fragilité si on avait une nouvelle crise », indique Christian Saint-Etienne soulignant qu'en Europe « nos économies sont à plus de 80% des économies de service. Or, 80% des exportations mondiales sont des exportations de marchandises. Sans industries, pas d'exportations », insiste l'économiste qui plaide pour la création d'un « puissant noyau dur » d'États européens prêts à relever le défi de notre époque, celui de troisième révolution industrielle (numérisation, intelligence artificielle, robotisation...). « C'est une nécessité vitale si l'Europe veut continuer d'exister comme acteur de l'Histoire », insiste Christian Saint-Etienne pour qui la France a un rôle considérable à jouer, elle « qui a fait l'Europe, non pas qu'il n'y ait pas eu de propositions d'autres pays mais les grandes idées de la construction européenne et les grands moments de l'Europe ont toujours été français », souligne le conférencier.

Or, selon lui, « l'affaiblissement de la France est un élément d'affaiblissement majeur de l'Europe. Tant qu'il n'y aura pas de rebond français, il n'y aura pas de rebond européen ». D'où l'importance de mettre le paquet par des investissements massifs dans l'intelligence artificielle, la robotisation « sinon la France et l'Europe vont louper la 3ème révolution industrielle ».

Et de ce côté, il semblerait que cela soit mal parti dès lors qu'Emmanuel Macron n'investit que 1,5 milliard d'euros dans l'intelligence artificielle préférant axer sa politique sur la suppression de la taxe d'habitation qui va coûter à l'État 40 milliards d'euros. « L'inverse eut été beaucoup plus pertinent pour assurer notre avenir » déplore Christian Saint-Etienne qui compare l'Europe « à 28 petits boules en bois face aux énormes boules de métal des Etats-Unis, de la Chine.... qui ont par ailleurs mis en place des politiques stratégiques nationalistes dures ».

D'où l'importance à ses yeux de recentre l'Europe sur des compétence clés comme l'industrie, de garder l'Union européenne à 27 « et à coté ,par un traité intergouvernemental, fédérer une dizaine d'états qui veulent faire une Europe de puissance avec des minimas économiques et sociaux et amorcer un gouvernement économique ». Allemagne, Autriche, Benelux, Espagne, France, Italie, Portugal et, en suspens, l'Angleterre, pourraient constituer ce noyau dur qui aurait la particularité d'être la première puissance économique mondiale.

« Il est urgent d'agir pour refonder une vraie puissance européenne, en faisant confiance aux nations ! Nous en avons actuellement l'opportunité. Mais la fenêtre d'action se refermera vite », insiste Christian Saint-Etienne.

« Cet objectif de puissance est quelque chose que nous portons avec optimisme », réagit Constance Le Grip, députée des Hauts-de-Seine et ancienne députée européenne appréciant l'exposé « extrêmement stimulant, voire décoiffant » de Christian Saint-Étienne.

D'autant qu'il est de « la responsabilité historique des Républicains de proposer des contributions au peuple français et à ses partenaires européens, sans aucun tabou ».

« L'heure est grave. Avec l'évolution des opinions publiques, on ne peut faire comme si de rien n'était », souligne Constance Le Grip attestant de la réflexion en cours au sein du Parti populaire européen (PPE), parti auquel est associé les Républicains, pour « aller vers une autre Europe ».

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Exigeons 5h d'activités d'intérêt général par semaine en contrepartie du RSA !

Il y a huit ans, Laurent Wauquiez fut l'un des premiers à dénoncer les dérives de l'assistanat et à proposer l'instauration de contreparties au versement du RSA. Huit ans plus tard, Edouard Philippe a évoqué cette idée. Idée immédiatement rejetée par son propre gouvernement...
Nous croyons à la politique sociale par le travail, pas à la politique sociale par l'assistanat ! L'un des grands maux de notre pays est d'enfermer dans l'assistanat de trop nombreux Français en ne valorisant pas assez la reprise d'un travail.
Nous demandons que soit modifiée la loi pour conditionner à au moins 5h d'activités d'intérêt général par semaine le versement du RSA.

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