12 juillet 2018

« Qu'est-ce que le Gouvernement a à cacher sur la réduction de la dépense publique ? » Invité ce jeudi de la matinale de LCP, Éric Woerth, président "les Républicains" de la Commission des finances à l'Assemblée nationale s'est demandé pourquoi le Gouvernement était autant dans l' « imprécision » sur les dépenses de l'État pour 2019 alors que s'ouvre le débat d'orientation budgétaire pour 2019.

« Depuis quand on gère le pays en cachant des choses aussi importantes ? Pourquoi ne parle-ton pas de la réduction des emplois ? De la politique publique ? La maîtrise de la dépense c'est assurer des choix. De quoi le Gouvernement a peur ? », interroge encore le député "les Républicains" de l'Oise qui estime que la réduction des dépenses est « la clé du débat d'orientation budgétaire, la clé des enjeux budgétaires de la France. Pas pour des raisons comptables mais parce que c'est l'oxygène qui permet aux entreprises d'investir et aux consommateurs de consommer. C'est du pouvoir d'achat et c'est de la croissance », insiste Éric Woerth qui considère que « la baisse de la dépense publique est obligatoire, nécessaire ».

« Si on veut de l'emploi, plus de pouvoir d'achat, plus de partage de la richesse, plus de justice il faut moins d'excès de dépenses publiques », ajoute Éric Woerth soulignant que « pour baisser la dépense publique il faut travailler sur la masse salariale et les dépenses sociales ».

« En colère » car le Gouvernement n'utilise pas le temps de croissance actuel pour réformer le pays, le président de la Commission des finances à l'Assemblée nationale estime qu'il « faut utiliser cette chance pour réformer structurellement notre pays ».

Si le déficit de la France baisse en raison de la « conséquence mécanique » de la croissance, Éric Woerth tire la sonnette d'alarme. « La croissance s'amenuise. On est en train de financer une baisse pérenne des ressources par une augmentation ponctuelle de la croissance. Ce n'est pas une bonne politique », juge le député de l'Oise précisant que "les Républicains" réclament du Gouvernement qu'il aille « au-delà de la conséquence mécanique car lorsqu'il n'y a plus de croissance, il n'y a plus de conséquence mécanique et l'on se retrouve dans la situation d'avant ».

Alors que le débat sur les orientations budgétaires 2019 s'amorce, Éric Woerth a nombre de questions « d'importance qui créent autant d'inquiétudes et qui donnent le sentiment que le Gouvernement ne sait pas où il va .Est-ce que le Gouvernement s'engage dans les années qui viennent à ne pas augmenter les impôts ? Il a dit qu'il ne créerait pas d'impôts nouveaux mais quid des impôts existants ? Est-ce que le Gouvernement va augmenter la TVA pour compenser aux collectivités locales qui en ont besoin la disparition de la taxe d'habitation ? », interroge notamment Éric Woerth.

Questionné sur le prélèvement à la source, le député "les Républicains" de l'Oise voit dans cette nouvelle mesure « une usine à gaz. Demander aux entreprises de faire cela est une erreur profonde, une très mauvaise idée », estime-t-il. « Cela aura un impact psychologique considérable. Vous aurez une feuille de paie amputée de l'impôt. Ce qui veut dire que la valeur de votre travail ne sera pas la même. Une chose est de payer son impôt, si possible mensualisé et sur un impôt contemporain, une autre est de voir sa feuille de paie amputée », souligne-t-il.

Quant à la réforme des institutions voulue par Emmanuel Macron, « on ne peut pas, pour des convenances personnelles, changer la Constitution. Ce n'est pas au président de la République de débattre avec les parlementaires. Il y a un Premier ministre qui est garant des institutions. Et aujourd'hui il n'est plus garant des institutions », observe Éric Woerth qui considère qu' « au fur-et-à mesure du temps on est en train de dévoyer la constitution. Et dévoyer la constitution, c'est dévoyer la stabilité de nos institutions et la crédibilité de notre démocratie ».

Raison pour laquelle Éric Woerth estime que la réforme des institutions est inutile. « Si vous voulez baisser le nombre de parlementaires, réformer le mode de scrutin, ce que nous ne voulons pas, il suffit de passer par la loi simple, la loi organique », précise-t-il.

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