Éric Woerth à Europe 1 : « La France est épuisée politiquement et budgétairement »

Publié le 11/02/2019

Président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, Éric Woerth voit les finances du pays s’aggraver. Alors qu’il faudrait lancer des réformes en profondeur, il fustige un gouvernement qui débat mais qui ne gouverne plus, des ministres en vacances...

« Si on veut continuer à distribuer du pouvoir d’achat, si on veut donner de l’avenir à nos jeunes, si on veut encore incarner quelque chose en Europe et dans le monde, on a besoin de se réformer maintenant ».

Invité politique ce lundi matin d’Europe 1, Éric Woerth, député de l’Oise, a exhorté Emmanuel Macron et son gouvernement à réformer en profondeur le pays. Mais, problème à ses yeux, « la France est épuisée politiquement et budgétairement alors qu’elle n’a pas commencé à faire le moindre effort de réforme ».

« Quand on a 100 milliards d’euros de déficit, plus de 1 000 milliards d’euros de prélèvements obligatoires d’impôts et de taxes, 100% de dette par rapport à notre richesse nationale, on voit que ce tiercé est perdant », estime le président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, déplorant l’inaction du Gouvernement.

« La réforme de l’État, la baisse des dépenses publiques, l’assainissement de nos finances publiques sont devenus un sujet secondaire pour le gouvernement alors qu’il devrait être prioritaire. Ce n’est pas de la comptabilité mais juste la capacité à incarner et à réussir une politique de pouvoir d’achat durable », souligne Éric Woerth après que le gouvernement a choisi d’alourdir encore plus la dette à la suite de l’annonce, en décembre dernier, de dépenser 10 milliards d’euros pour tenter de répondre à la crise des gilets jaunes. « 10 milliards, c’est une somme colossale sur laquelle on n’a pas le premier argent. Cela est financé par de la dette. Il y a une vraie panique du pouvoir qui se transforme par des décisions impossibles », dénonce Éric Woerth alertant de l’« absence totale de marge de manœuvre » du gouvernement en cas de nouvelle crise économique. « C’est un sujet absolument gigantesque pour notre pays. Il faut qu’on se redonne des marges de manœuvre », insiste le président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale.

Si les Républicains ont déjà fait un certain nombre de propositions pour diminuer la dépense publique afin de baisser les impôts, redonner du pouvoir d’achat aux Français et de l’oxygène aux entreprises, Éric Woerth sensibilise à la valeur travail défendue par notre famille politique. « On est un des pays les plus solidaires au monde dans lequel il y a beaucoup de répartition de richesses mais où l’écart de revenus entre Français avant et après impôt diminue considérablement. À un moment, il faut travailler plus pour faire en sorte que le travail rémunère mieux, qu’il soit plus qualifié », souligne Éric Woerth.

Interrogé sur les nouvelles violences commises ce samedi lors de l’acte 13 des gilets jaunes, notamment devant l’Assemblée nationale, le député de l’Oise voit monter « ce ras-le-bol face à des rendez-vous hebdomadaires avec la violence qui n’ont plus grand chose à voir avec le mouvement naissant des gilets jaunes, celle d’une colère sur le pouvoir d’achat ».

Si pour Éric Woerth, il « n’est pas question de critiquer les idées émises cet automne par les gilets jaunes et qui prévalent toujours, la question, aujourd’hui, est celle de la violence. Il ne reste plus que la violence et cette violence est insupportable, injustifiable et il est temps pour le gouvernement de la faire cesser », réclame-t-il.
Considérant que ce mouvement « est directement issu des décisions du président de la République, de ses décisions fiscales mais également de ses petites phrases », Éric Woerth pointe la « responsabilité directe du gouvernement et du président dans ce qu'il s'est passé et non la responsabilité de 20 ans, 30 ans, 40 ans, 50 ans de vie politique française qui les ont précédés ».
 
Et à un moment où Emmanuel Macron et le gouvernement devraient agir, réformer, Éric Woerth s’étonne de leur comportement. « Le gouvernement débat, il ne gouverne plus. Il est dans un débat qui tourne en rond. Les ministres sont en vacances », cingle le député de l’Oise qui s’interroge sur la « sortie » de ce débat, demain, et sur le fait, qu’aujourd’hui, « si la France débat, le monde ne débat pas ». Façon de dire qu’il avance, sans la France...

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