05 juin 2018

Alors qu'Alexis Kohler, le conseiller d'Emmanuel Macron et Secrétaire général de l'Elysée fait l'objet d'une enquête par le parquet national financier pour "prise illégale d'intérêts" et "trafic d'influence" suite à une plainte déposée par l'association anticorruption Anticor, Eric Ciotti attend de cette enquête « qu'elle dise rapidement la vérité ».

Invité ce mardi matin du Petit-déjeuner politique de Sud Radio, le député "les Républicains" des Alpes-Maritimes espère que la justice « aille aussi vite, avec la même célérité que l'enquête qui visait voilà un an François Fillon. J'attends la même exigence ». L'occasion pour celui qui est également président de la Commission nationale d'investiture des Républicains de rappeler « les propos indignes qui avaient été alors tenus, il y a un an ». Alors que l'Elysée a formellement rejeté ces accusations qu'elle juge « infondées », Eric Ciotti note que c'est « à la justice de dire les choses et non à l'Elysée ».

Cependant Eric Ciotti remarque qu' ‘il y a de plus en plus, sous ce pouvoir, d'endogamie entre la Haute fonction publique et le monde des affaires ». Raison pour laquelle "les Républicains" ont voulu introduire lors du débat sur la transparence de la vie publique des amendements portant sur la transparence pour la Haute fonction publique qu'il considère comme une « caste très fermée et limitée ». « Cette demande de transparence nous a été refusée », déplore Eric Ciotti qui souhaite que « cette transparence s'applique aussi à la Haute fonction publique, celle qui aujourd'hui dirige le pays. La transparence doit être totale. Aujourd'hui elle est quasi-totale pour les élus, les parlementaires. Mais il faut aussi que cette transparence s'applique aussi la Haute Fonction publique. Or , nous sommes loin du compte », insiste Eric Ciotti.

Interrogé sur la réforme de l'audiovisuel public présentée lundi par la ministre de la Culture, Eric Ciotti comprend la volonté de l'exécutif confronté à un secteur « qui coûte très cher » de « faire des économies ». Mais il craint que cette réforme cache, de la part du pouvoir en place, « une volonté de plus en plus forte de reprise en main » de l'audiovisuel public. A l'exemple de La Chaîne Parlementaire qui bénéficie de subventions publiques et où « un ami très proche du pouvoir et d'Emmanuel Macron a été désigné ».

Alors que la ministre de la Culture veut placer l'audiovisuel public comme une première arme contre les fausses informations (fake news), Eric Ciotti a fait le rapprochement avec la proposition de loi d'En Marche voulant lutter contre les fake news. « Elle est porteuse de grand danger pour notre démocratie », estime Eric Ciotti qui se demande si « désormais il va y avoir une vérité officielle ? Cette notion de faits vérifiables va porter une dérive dangereuse, une atteinte grave à la liberté de la presse », estime Eric Ciotti pour qui, dans ce cadre, l'affaire Rainbow Warrior n'aurait pu émerger. « Lorsque le pouvoir commence à définir la vérité, la démocratie est en danger », juge le député "les Républicains" des Alpes-Maritimes qui va déposer des amendements de suppression sur ce texte. « Car la vérité, c'est à la justice, à la presse de le dire. Demain, si l'on conteste les chiffres du chômage ce sera une fake news ? Où est le curseur entre la vérité officielle et la liberté d'expression», s'inquiète Eric Ciotti.

Interrogé sur le rapport du Contrôleur des lieux de privation qui dénonce l'accueil et la prise en charge des migrants au poste frontière de Menton (Alpes-Maritimes), Eric Ciotti s'insurge contre ce « rapport totalement faux, diffamatoire, scandaleux émanant d'une personne non objective ». Le député "les Républicains" vise Adeline Hazan, « militante, ancienne représentante du syndicat de la magistrature, maire de Reims battue en 2014, recasée par François Hollande. Aujourd'hui elle commet un rapport qui caricature le travail de la police des frontières. « La PAF et les policiers font un travail remarquable. S'ils n'étaient pas là, aujourd'hui la submersion migratoire dont parle le ministre de l'Intérieur serait encore plus forte. L'année dernière ils ont interpellé, sous l'autorité du préfet des Alpes-Maritimes et sous le contrôle de la Justice, 50 000 personnes. Leur action s'inscrit dans le cadre d'un flux migratoire qui a considérablement augmenté », souligne Eric Ciotti.

La politique migratoire européenne sera l'un des sujets évoqué lors du Conseil national des Républicains dédié à l'Europe qui se déroulera à Menton le 30 juin prochain.

« Les évolutions en Europe montrent que les peuples ne supportent plus la politique européenne en matière migratoire », remarque Eric Ciotti qui réclame « un changement de pratiques, une politique plus protectrice. Pour sauver l'Europe il faut changer l'Europe avec une Europe moins technocratique, qui arrête d'empiler les normes, qui arrête de procéder à un élargissement irresponsable. Cela, c'est l'Europe que veut Emmanuel Macron. Une Europe fédérale, technocratique, supranationale. Nous, "les Républicains", nous voulons une Europe qui conserve l'identité des peuples ».

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