06 novembre 2018

« Si Emmanuel Macron entend réellement la colère des automobilistes, qui est particulièrement légitime face à la hausse des taxes sur les carburants, il y a une réponse évidente, pragmatique et efficace à apporter : qu'il annule l'augmentation des taxes sur les carburants, actuelles et futures, puisqu'une nouvelle taxe est programmée en janvier. C'est ce que nous, les Républicains, lui demandons. »

Député les Républicains des Alpes-Maritimes, Éric Ciotti n'a pas tardé à réagir, ce mardi matin sur France Info, à l'interview du président de la République se disant conscient de la grogne des Français confrontés à la hausse du prix des carburants, aggravée par la hausse des taxes décidées pourtant par son propre gouvernement. « La situation est devenue insupportable. Des millions de Français n'ont pas d'autre choix que de prendre leur véhicule pour aller travailler. Pourquoi cette fiscalité punitive, directive, ce prêt-à-penser pour dire aux Français comment ils doivent se comporter ? », interroge le questeur de l'Assemblée nationale, voyant dans l'annonce du président de la République « une usine à gaz », « des effets d'annonce qui ne seront pas appliquées. »

Dénonçant « l'hypocrisie » du Gouvernement qui utiliserait le motif de la transition écologique « pour faire rentrer de l'argent détourné dans les caisses de l'État », Éric Ciotti préfèrerait que l'exécutif « si le diesel est dangereux, impose alors des normes plus strictes ou agisse pour la disparition des véhicules roulant au diesel. »

Quant au mouvement citoyen du 17 novembre contre les hausses de taxes sur les carburants, Éric Ciotti le soutient et le comprend. « La colère des Français face au ras-le-bol fiscal qui se traduit par l'augmentation de la CSG pour les retraités, la non-indexation des pensions de retraites sur le coût de la vie, l'augmentation de l'impôt sur le revenu des classes moyennes, doit être entendue. Ce ras-le-bol fiscal est devenu insupportable », souligne-t-il.

Interrogé sur la volonté du Gouvernement d'amender la loi de 1905 pour notamment mieux encadrer le financement de l'islam, de réduire les influences étrangères dans la formation des imams et de prévenir de dérives intégristes, Éric Ciotti est particulièrement vigilant dès lors que l'on veut toucher au « pilier porteur de notre République » qu'est la loi de 1905.

« Je crois à la laïcité, à la nécessité indispensable de renforcer une laïcité exigeante pour protéger la République du communautarisme », note Éric Ciotti remarquant que « les associations musulmanes utilisent plutôt la loi sur les associations de 1901 qui est beaucoup moins exigeante en terme de contrôles que la loi de 1905. L'application stricte de l'association cultuelle telle qu'elle est utilisée pour les cultes catholique, juif, protestant, orthodoxe me paraitrait aujourd'hui indispensable pour garantir la stricte application des lois de la République », est convaincu Éric Ciotti qui est par ailleurs favorable à l'interdiction de tout financement étranger pour les cultes qui s'exercent sur les territoires de la République. Tout comme il est défavorable à l'instauration d'une taxe halal pour financer l'islam de France. « Une taxe pour financer un culte religieux, j'y suis opposé. Un culte doit s'autofinancer. Ce n'est pas aux contribuables de financer cela. Cela renforcerait le communautarisme. Et cela ne pourrait renforcer que l'espèce de repli sur soi d'un islam qui aurait ses règles, ses codes et qui serait différent de toutes les règles et codes de la République. »

L'occasion d'évoquer l'avancée du communautarisme dans certains territoires de la République. « Il faut arrêter le déni. On est dans une situation grave », relève Éric Ciotti, rappelant les propos de Gérard Collomb lors de son départ de la place Beauvau et son « constat lucide et très inquiétant » de territoires de la République soumis aux islamistes et d'autres aux narcotrafiquants. « La République doit réaffirmer sa force, sa place avec une laïcité exigeante. Il faut que la République regagne le terrain qu'elle a perdu », estime le député des Alpes-Maritimes.

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