22 mai 2018

Le discours du Président de la République sur les banlieues a profondément déçu les élus et acteurs locaux car, en une heure et demie, il n'a en réalité rien dessiné pour l'avenir.

L'absence de perspectives, trop bien soulignée par la critique systématique par Emmanuel Macron de ceux qui l'ont précédé, s'est cette fois-ci doublée de considérations racialistes, que les Républicains condamnent avec la plus grande fermeté. En effet, en dénonçant les « mâles blancs ne vivant pas dans ces quartiers » qui réfléchissent à leur avenir, le président de la République tourne le dos à l'idéal universel républicain. Cette dérive est particulièrement inquiétante. Elle confirme le choix que Monsieur Macron fait du communautarisme comme modèle pour la France.

Pour le reste, l'intervention présidentielle n'a débouché sur rien de concret et c'est avec inquiétude que les Républicains voient l'occasion s'éloigner de traiter enfin les soucis qui gangrènent certains quartiers de la République et pourrissent la vie de ceux de leurs habitants qui ne peuvent plus y vivre en paix, soumis qu'ils sont à la violence quotidienne, à la loi des gangs, à la montée de l'islamisme destructeur des libertés individuelles.

Il faut rappeler, à l'heure où Toulouse sort d'émeutes d'une rare violence, à l'heure où des policiers sont mis en joue à Marseille, à l'heure où des CRS sont victimes d'un guet-apens et roués de coups à Grenoble, à l'heure où la braderie de Lille est attaquée par un raid en motos, à l'heure où la République déserte des pans entiers du territoire français, que la réponse à ces immenses défis ne peut pas se résumer ni à un discours fleuve ni à une parole présidentielle qui se croit peut-être magique, mais qui ne l'est évidemment pas.

Quelle réponse pénale face à la montée de l'ensauvagement de certains quartiers ? Monsieur Macron n'en a rien dit.

Combien de places de prison supplémentaires pour y enfermer les caïds qui sèment la terreur et font régner par la violence la loi du plus fort ? Monsieur Macron n'en a rien dit.

Quels moyens financiers précis pour requalifier les ensembles urbains qui doivent être désenclavés ? Monsieur Macron n'en a rien dit.

Par quel biais restaure-t-on l'autorité de l'Etat et la présence même de la République là où elles sont l'une et l'autre défiées quotidiennement ? Monsieur Macron n'en a rien dit.

Une fois encore, les annonces présidentielles frappent par leur vacuité. Les habitants des quartiers concernés ne peuvent se résoudre à tant de vœux pieux cachés par tant de mots déconnectés de la réalité qu'ils vivent chaque jour avec dépit.

Gilles PLATRET
Porte-parole des Républicains
Maire de Chalon-sur-Saône

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