Discours de Laurent Wauquiez lors du grand meeting de Paris

Publié le 16/05/2019

Seul le prononcé fait foi

Vous savez quand, dans cette campagne, salle après salle, nous entrons avec François-Xavier, nous ressentons évidemment une vive émotion, et une profonde gratitude.

Une gratitude pour vous qui nous avez accompagnés pendant la totalité de cette campagne. Une gratitude pour vous qui avez répondu présents. Une gratitude pour vous qui avez redonné à la droite et au centre son enthousiasme.

Et quand on entre dans cette salle, et que l’on sent que vous êtes tous là ; pas pour nous, mais pour les convictions que l’on partage, pour ce que nous menons ensemble, avec François-Xavier et avec toute la liste, c’est le plus beau des encouragements. Je veux dire à François-Xavier à quel point, chaque jour, tout au long de cette campagne, je suis fier du choix que nous avons fait ensemble. Ensemble, parce que je lui ai proposé et parce qu’il l’a accepté.

François-Xavier n’apporte pas seulement du renouvellement. Il n’incarne pas seulement une nouvelle génération, ces nouveaux talents que je veux faire émerger. Il apporte bien davantage, l’incarnation de cette droite des valeurs à laquelle je crois.

J’ai toujours profondément cru qu’on ne reconstruirait pas la droite et le centre en baissant le regard. J’ai toujours profondément cru que ce n’était pas un destin pour notre famille politique de marcher à l’ombre. Et j’ai toujours profondément cru que l’on pouvait affirmer nos convictions, et le faire en rassemblant.

Regardez et n’oubliez pas cette leçon de notre campagne : nous avons fait le choix d'affirmer nos convictions et nous le faisons en étant tous rassemblés. Ce n'est pas quand nous reculons que nous rayonnons, c'est lorsque nous affirmons nos idées que nous sommes capables de nous fédérer.

Et regardez notre famille politique, ce soir, portée par des personnalités aux talents si divers, et dont nous pouvons être fiers, à l’image d’Agnès, d’Arnaud, de Frédéric, de Geoffroy, de Nadine ou de Brice. Il y a dans cette salle nos élus locaux, les élus parisiens, les élus franciliens, nos élus départementaux, régionaux, nos parlementaires autour d’Annie et de Brigitte. Ceux qui font la force d'une famille politique qui n'a pas oublié que pour faire de la politique, il faut être enraciné et que le nouveau monde n'a pas de supériorité sur l'ancien monde. Parce que quand l’on veut aller quelque part, il faut savoir d'où l’on vient.

Et tout au long de cette campagne, comme ce soir encore, ils ont été de plus en plus nombreux à nous apporter leur soutien. Je veux remercier sincèrement Valérie de sa présence ce soir, elle qui fait un travail énorme dans sa région. Merci à toi Valérie. Je veux remercier Hervé avec lequel nous avons scellé une union durable, celle de la droite et du centre, cette union que nous avons rebâtie, qui nous a toujours porté et qui nous conduira aux victoires de demain. Merci à toi Hervé. Merci à Loïc. Merci à Philippe. Merci à Sylvie. Je veux remercier Christian qui est l’image même de la fidélité à une famille politique et à des valeurs, celui qui n’a jamais tergiversé, jamais négocié. Je veux remercier Bruno qui a une colonne vertébrale et qui a été si solide au moment des attaques contre François Fillon. Merci à toi Bruno. Je veux remercier Gérard Larcher qui a redonné toute sa place au Sénat face aux attaques du président de la République. Je veux remercier Joseph qui est notre fierté, et qui a rappelé ce soir que la seule famille politique qui porte l’union de l’Europe, là où Emmanuel Macron la fragmente, c’est celle des Républicains, c’est celle du PPE, c’est celle de l'union de la droite et du centre.

Et je voudrais enfin rendre hommage à deux personnes qui ont énormément compté pour moi et qui m’ont fait la gentillesse d'être présentes ce soir. Je veux rendre hommage à Michèle Alliot-Marie et à Edouard Balladur. Merci à vous. Merci à vous monsieur le Premier ministre. Je mesure ce que signifie votre présence.

Oui, notre famille politique n’est jamais aussi forte que quand elle est rassemblée. Dans cette campagne, c’est l’une des raisons de notre dynamique.

Le président de la République, le Premier ministre, la tête de liste d’En Marche n'ont de cesse de montrer leur mépris pour la France de droite. Le Premier ministre, encore hier, s’en est pris à ce qu'il appelle « la droite Trocadéro ». Ce n’est pas « la droite Trocadéro » qu’ils n’aiment pas, c’est la droite tout court qu’ils n’aiment pas. Parce ce qu’ils font, ce qu’ils portent, ce qu’ils croient ne correspond en rien aux convictions et à la vision de la droite.

Quand on est de droite, on a le courage de baisser la dépense publique et de revenir sur le nombre de fonctionnaires, comme Nicolas Sarkozy avait su le faire.

Quand on est de droite, on ne nie pas l’existence d’une culture française, et on n’abaisse pas notre pays à l’étranger en disant que la France aurait commis des crimes contre l’humanité, comme Emmanuel Macron a pu le faire en Algérie.

Quand on est de droite, on ne confond pas le voile islamique et le fichu qu’auraient porté nos grands-mères à l'église, comme le fait Madame Loiseau.

Quand on est de droite, on a du respect pour nos aînés et on ne prend pas 8 milliards d’euros aux retraités comme le président de la République l’a fait en deux ans, en nous expliquant que les retraités étaient des privilégiés.

Quand on est de droite, on n’accepte pas de faire entrer année après année toujours plus d’immigrés, alors que nos capacités d’intégration sont dépassées.

Quand on est de droite, on ne compare pas un terroriste palestinien à Nelson Mandela, comme l’a fait Pascal Durand qui est en position éligible sur la liste d’En Marche.

Quand on est de droite, on n’est pas soutenu par Daniel Cohn-Bendit et par Elisabeth Guigou. On n’envisage pas de créer un groupe avec les socialistes.

Mes amis, ce soir, je m’adresse à tous les Français, à tous ceux qui croient dans les valeurs de la droite et du centre. Dans cette élection, vous pouvez faire entendre votre voix. Il y a une liste qui croit dans l’Europe. Il y a une liste qui porte ces valeurs, une Europe qui protège nos frontières, une Europe qui défend son identité et ses racines chrétiennes face à l'islamisme, une Europe des projets. L’Europe que nous aimons. Cette liste, c’est celle des Républicains, de l’union de la droite et du centre.

Cette voie n’est évidemment pas celle du Rassemblement national. Je combats Marine Le Pen dans cette élection parce que le projet qu’elle porte est un projet de déconstruction de l’Europe et de l’euro. Et que je suis convaincu que ce serait la pire erreur pour notre pays à un moment où nous avons besoin de l’Europe face à la Chine, face aux Etats-Unis, face à l'immigration massive, face à l’islamisme, face au dérèglement climatique. Le projet que porte Martine Le Pen de déconstruction de l’Europe serait funeste pour l’avenir de notre pays.

Mais cela ne signifie pas pour autant que le seul choix soit « pour ou contre l’Europe ». Car quelle est l’Europe que propose Emmanuel Macron ?

Son Europe, c’est l’Europe de l’élargissement sans fin.

Son Europe, c’est celle du multiculturalisme.

Son Europe, c’est celle de l’immigration non maîtrisée.

Son Europe, c'est celle de la technocratie.

Ce n’est pas à cette Europe que je crois.

Il y a une autre Europe. Il y a cette Europe qu’avait su faire vivre Nicolas Sarkozy quand, sous la présidence française de l'Union européenne, la France pesait en Europe et l’Europe pesait dans le monde. C'est cette Europe que nous nous voulons retrouver.

Refonder l’Europe. Quand nous avons réfléchi à cela, avec François-Xavier, nous nous sommes demandé ce que signifie l’Europe. Ce n’est pas la Commission européenne, ce n’est pas l’Union européenne, ce n’est même pas le Parlement européen. Qu’est-ce que c’est que l’Europe ?

Que font les pères fondateurs ? Que choisissent-ils comme emblème au moment où ils fondent l’Union européenne ? Que mettent-ils sur ce drapeau ? Ils mettent les étoiles de la couronne de la Vierge. Que font de Gaulle et Adenauer quand ils décident de construire cette unité franco-allemande qu’Emmanuel Macron est aujourd’hui en train de détricoter ? Dans quel lieu se retrouvent-ils ? Ils se retrouvent à la cathédrale de Reims. Ils choisissent ce lieu emblématique de l’histoire de France qui avait été détruit par les bombardements allemands, ce lieu qui dit ce qu’est notre histoire et nos racines. Ce qu’ils portent, c’est à l’évidence un projet de civilisation. Ce qu’ils nous disent, c’est que la voix de l’Europe n’est pas éteinte. L’Europe a une mission. Elle a quelque chose à dire au monde.

Pourquoi êtes-vous là ? Parce que la question que nous nous posons, c’est exactement la même : allons-nous accepter silencieusement de devoir changer notre mode de vie, de renoncer à ce que nous sommes, à ce qu’est notre identité, à notre culture, à notre civilisation ? Ou au contraire allons-nous être capables de retrouver cette fierté, de retrouver ce souffle, de retrouver cette envie ? 

L’Europe a-t-elle encore un destin face à la Chine et aux Etats-Unis ? Évidemment. Mais à condition de savoir qui elle l’est. Quand nous nous interrogeons, quand on nous demande : « quelle Europe voulez-vous ? » 

Eh bien répondez que notre liste est profondément européenne. Répondez qu’elle est pour l’Europe. Répondez qu’elle est pour une Europe qui s’appuie sur les Etats, sur les nations et sur les frontières, qu’elle est pour une Europe qui assume son identité et sa civilisation.

La civilisation, ce mot magnifique que les politiques ont renoncé à prononcer et que nous avons voulu dans cette campagne européenne mettre au premier plan de notre projet, parce que c’est le plus beau des défis quand on fait de la politique.

Qu’est-ce donc qu’une civilisation ? Quand Romulus fonde Rome, il trace un sillon parce qu'il veut marquer clairement la différence entre ceux qui sont dehors et ceux qui sont à l’intérieur. Pour qu’il y ait une civilisation, il faut des limites, et nous l’avons trop oublié.

Une de nos différences majeures avec la liste d'En Marche, c’est la question de l’élargissement. Nous sommes contre la poursuite de l’élargissement parce que l’élargissement a beaucoup affaibli l’Union européenne. Emmanuel Macron, à Trieste, a expliqué qu’il fallait élargir l’Union européenne aux pays des Balkans. A Bucarest, il a expliqué que la Roumanie devait entrer au plus vite dans l’espace Schengen. Et comme par hasard, les négociations pour l’adhésion de l’Albanie devraient s’ouvrir en juin, juste après les élections européennes…

Vous avez vu l’engagement qu’ont signé devant vous tous ceux qui sont sur notre liste. Ils s’engagent à voter, pendant la durée de leur mandat, contre toute décision qui ouvrirait la voie à des élargissements supplémentaires. Et ils s’engagent à mettre fin aux négociations d’adhésion avec la Turquie.

Mais pour qu'il y ait des frontières, il faut les défendre. Oui, défendre ses frontières, ce à quoi nous avons beaucoup trop renoncé. Je ne sous-estime rien des drames qui se jouent en Afrique. Je ne sous-estime rien de ces visages parfois hagards d’individus déracinés qui ont été poussés sur les routes de l’Afrique et de l’Europe, qui ont souvent connu bien des épreuves, qui ont été instrumentalisés par les mafias de passeurs… Mais je pose cette question, cette question si belle que posait Charles Péguy : qu’est-ce qui est meurtrier et qu’est-ce qui est humain ? « Rien n’est meurtrier comme la lâcheté, rien n’est humain comme la fermeté. » Quand on laisse planer cet espoir que l’avenir de la jeunesse africaine serait en Europe, je ne crois pas que cela relève d’une vraie générosité. Quand, comme le fait le gouvernement, on continue à accepter les migrants qui viennent à travers les passeurs, je ne crois pas que cela soit de la vraie générosité. La vraie générosité, c’est celle qui consiste à dire : l’avenir de la jeunesse africaine doit être en Afrique. La vocation de l’Europe est de se battre pour aider à développer le continent africain, et non pas de laisser croire qu’on peut vider l’Afrique de sa jeunesse. Et quand le président de la République propose de créer de nouveaux centres de demandeurs d’asile en Europe, nous, nous proposons tout l’inverse : que les demandes soient faites hors d’Europe. Et que des pays du Moyen-Orient et d’Asie assument aussi leur part de responsabilité ; et qu’ils accueillent aussi des demandeurs d’asile.

Ce que nous demandons, c’est que quand des bateaux sont arrêtés, ils soient reconduits de l’autre côté de la frontière. Et que quand quelqu’un es entré illégalement en Europe, comme l’Australie le fait, il ne puisse plus jamais être régularisé. On n’entre pas dans une maison en fracturant la porte.

Oui, nous devons retrouver la maîtrise de notre immigration.

Et pour qu’il y ait une civilisation, il faut un projet. Un projet, ce ne sont pas des normes, ces petites normes qui « agacent, énervent et étêtent » dont parlait Tocqueville. Il faut des projets. Des projets qui parlent. Pourquoi l’Europe, pourquoi la Commission européenne, plutôt que d’avoir cette compétence normative, ne se verrait-elle pas dotée de compétences permettant de faire avancer des vrais projets ? Cette Europe des projets dans laquelle nous croyons. Pourquoi la France qui se croit toujours si intelligente rajoute-elle des normes supplémentaires aux normes bruxelloises ? Car nous avons souvent une lourde responsabilité dans cette folie normative.

Je voudrais vous donner un exemple. Toute famille qui a connu l’épreuve d’Alzheimer sait à quel point c’est une épreuve terrible. Quand, petit à petit, vous sentez partir l’être cher, quand les souvenirs que l’on avait en commun s’effacent un à un... J’ai perdu ma grand-mère comme ça ; et chaque jour qui passe était un jour qui la privait un peu plus de la possibilité de garder ce qu’il y a de plus précieux quand on est à la fin : des souvenirs communs, des moments heureux. Alzheimer, c’est une épreuve psychologique, c’est une épreuve morale, c’est une épreuve physique, c’est une épreuve qui emporte tout. C’est sans doute l’un des plus grands défis du XXIe siècle. Pourquoi l’Europe ne se fixerait-elle pas cette cause extraordinaire : fédérons, mettons ensemble tous les laboratoires de recherche qui travaillent à l’échelle européenne et fixons leur une grande cause : intensifier nos recherches contre les maladies neurodégénératives. Nous qui étions le continent de la famille Pasteur, fixons-nous cet objectif de pouvoir dire au monde : nous avons permis de trouver les remèdes contre la maladie d’Alzheimer. Voilà la meilleure manière de dire l’Europe à laquelle nous croyons.

Cette Europe, mes amis, c’est aussi celle de la dignité, c’est aussi celle qui sait que dans une société, tout ne peut pas finir par être marchandisé. C’est celle qui sait que l’être humain doit se fixer des limites, que la marchandisation du corps humain, que la marchandisation de la procréation n’est pas une voie conforme à ce qu’est le destin et l’histoire de l’Europe. Madame Loiseau fait partie de ceux qui défendent la légalisation des mères porteuses, ce qu’on appelle « la gestation pour autrui ». Il faut comprendre qu’à travers elle, c’est le lobby pro-gestation pour autrui qui exercera son influence au Parlement européen, ceux qui acceptent un marché de la personne humaine. Je ne peux me résoudre à cela. Ce n’est pas ma conception de ce qu’est la civilisation européenne, de ce qu’est l’éthique, de ce qu’est la philosophie qui nous a portés et qui a conduit à fonder les bases de la dignité humaine. L’œuvre patiente de la civilisation européenne. Nous nous battrons pour faire interdire au niveau européen la marchandisation du corps humain parce que ça n’est pas conforme à ce qu’a été l’Europe et à ce qu’elle doit être demain.
Une civilisation enfin, c’est une âme, c’est une culture, c’est une histoire. Comment ne pas voire aujourd’hui à quel point notre civilisation est mortelle, au moment où des gens qui sont pourtant nés en France, qui sont nés en Europe, auxquels la France et l’Europe ont tout donné, tournent leur haine et leurs armes contre tout ce que nous sommes et veulent abattre ce que nous incarnons.

L’Europe doit se fixer une priorité. Cette priorité, c’est vaincre le totalitarisme islamique. Vaincre le totalitarisme islamique. Il n’est même pas question une fois de l’islamisme dans le programme d’En Marche, comme s’il est honteux de mettre des mots sur les combats que nous avons à mener. Nous demandons au contraire que l’Europe se dote d’un bouclier européen contre l'islamisme. Nous demandons que demain, la nouvelle majorité au Parlement européen puisse demander la fermeture de toutes les mosquées salafistes d’Europe. Nous demandons que demain, les imams qui prêchent la haine soient reconduits hors d’Europe, parce que nous devons arrêter de les laisser répandre leur propagande à l’ombre des mosquées.

Et nous demandons, mes amis, que la question des djihadistes soit réglée dans la clarté. Je suis allé à Mossoul dans le cadre du programme que nous portons de soutien aux minorités chrétiennes en Orient. J’ai échangé avec ces femmes yézidies qui ont été réduites en esclavage par les combattants de Daesh. J’ai vu cet immeuble, haut de plusieurs étages, d’où ceux qui ne partageaient pas leur fanatisme étaient précipités et laissés agonisants au pied de cet immeuble. C’est cela, le djihad. Ces crimes et ces barbaries qui ont été faites sont l’œuvre des djihadistes. Et la France, notre gouvernement a accepté de laisser revenir 200 djihadistes sur le sol français. Eh bien, nous, ce que nous demandons, ce que nous portons, c’est que l’Europe prenne l’initiative d’organiser un tribunal pénal international en Irak, que ce tribunal juge sur place les djihadistes, qu’il les condamne là où ils ont commis leurs crimes et qu’ils restent en Irak et en Syrie. Qu’ils ne reviennent pas sur le continent européen car ils n’ont plus leur place en Europe. Car tout simplement l’islam politique n’a pas sa place en Europe.

Mais si nous sommes honnêtes, nous portons collectivement une lourde responsabilité. Que s’est-il passé ? Le vide que nous avons laissé, c’est l’islam qui l’a occupé. Le vide que nous avons laissé, c’est l'islamisme politique qui l’a occupé. Le vide que nous avons laissé, c’est le travail des intégristes qui l’ont rempli en prenant sous leur joug les musulmans ordinaires. C’est nous qui avons laissé ce vide.

Et que s’est-il passé ? Souvenez-vous de ce qu’est la véritable histoire de l’intégration française et je suis sûr que dans cette salle nombreux sont ceux qui pourraient en témoigner. L’intégration à la République française, c’était ce qui permettait à des gens venus d’ailleurs de trouver leur place en France parce qu’ils y venaient en disant à leurs enfants : « Nous venons ici pour travailler. A compter de ce jour, ne me faits pas honte, travaille dur à l'école, ne te fais pas remarquer, apprends le français, apprends à lire et à écrire. A compter de ce jour, ton pays c’est la France. » Voilà ce qu’était l’histoire de l’intégration française. Et nous, nous avons inversé les choses. Nous avons cru qu’il fallait inverser le devoir d’intégration. Nous avons cru que pour accueillir l’autre, il fallait que nous nous adaptions. Nous avons cru que pour intégrer l’autre, il fallait que nous adaptions notre propre mode de vie au lieu d’avoir la générosité de dire : voilà comment nous fonctionnons et pour que vous puissiez vivre dans le pays que vous avez choisi, il faut que vous compreniez les règles qui sont les nôtres.

Mes amis, on a le droit d'aimer ce que nous sommes. On a le droit de chérir ce que nous sommes. Je refuse que la France et l’Europe s’enfoncent dans un déni de notre identité et de notre culture. Ce déni qui nous a amené petit à petit à dénigrer tout ce que nous sommes. Je veux que nous retrouvions cette fierté.

Je veux que nous retrouvions cette fierté. Comment ne pas comprendre, comment ne pas voir ce qui s’est joué, qui était si merveilleux dans cette souffrance et cette épreuve, qui était si terrible au moment de l’incendie de Notre-Dame ? Pourquoi chacun était-il touché ? Mais parce que c’était la France qui brûlait, et parce qu’a surgi cette évidence incontestable : ce que nous n’avions même pas eu le courage d’inscrire dans les traités fondateurs, c’était la France. Que l’on soit chrétien ou non, il était évident qu’avec Notre-Dame, c’était la France qui brûlait parce que c’étaient nos racines chrétiennes qui brûlaient. Oui, il faut inscrire nos racines chrétiennes dans les traités européens. 

Cet incendie-là était visible, mais il y a d’autres incendies qui sont plus invisibles. 

A chaque fois que l’on renonce dans une classe d’histoire à enseigner l’histoire de l’Europe, l’histoire de la Shoah, c’est un incendie.

A chaque fois que dans un hôpital, un médecin homme se voit contester la possibilité de soigner une femme parce que son mari explique que ce n’est pas compatible avec sa religion, c’est un incendie.

A chaque fois que dans un quartier, Rachida toi qui t’es toujours engagée contre cela, une femme n’a plus le choix de la façon dont elle se vêtit, n’a plus le choix de sa vie professionnelle, c’est un incendie.

J’ai toujours refusé de reculer sur la question en apparence anodine des crèches parce que j’ai toujours pensé que les crèches, c’était un petit bout de ce que nous sommes et qu’à chaque fois que l’on recule sur ce que nous sommes, nous abandonnons un pan de notre civilisation. Il ne faut plus reculer. Il ne faut plus se soumettre.

Saint-Augustin le disait si bien : « à Rome, fais comme les Romains. » Eh bien revenons au bon sens. C’est à celui qui vient d’ailleurs de s’adapter au mode de vie européen, et non l’inverse.

Alors oui, mes amis, il faut que nous retrouvions cette fierté de notre histoire, de notre culture et de notre identité, celle de cette Europe millénaire qui nous a enfantées. Cette Europe qui arrête la barbarie aux champs catalauniques quand les forces gallo-romaines et germaniques sont capables de s’unir pour mettre un coup d’arrêt à l’invasion d’Attila. Cette Europe qui a couvert ses paysages d’un manteau de clochers et d’abbayes, et qui fait quand on voyage en Europe, et qu’on aperçoit ces silhouettes familières, on sait qu’on est en Europe. Cette Europe, cher Jean, qui a porté la foi de l’homme jusque dans la chapelle Sixtine, peinte par Michel-Ange. Cette Europe qui part à la découverte du monde avec l’audace d’un Magellan et la splendeur de l’âge d’or espagnol. Cette Europe des philosophes et des lumières qui a enfanté tout à la fois Montesquieu et Kant. Cette Europe qui a foi dans le progrès humain et dans la science, celle qui a ébahi le monde avec les travaux d’Eiffel et de Pasteur. Cette Europe qui a encore tant à dire et à apporter au monde. Cette Europe qui nous raconte une histoire, une histoire qui est la nôtre. Cette histoire dont nous pouvons tout à la fois être fiers et nous montrer dignes.

Quand on est en France et en Europe, la meilleure garantie de notre avenir, ce sont nos racines. La meilleure garantie de ce que nous pourrons faire demain, c’est ce que nous sommes capables de transmettre à nos enfants.

Réaffirmer l’identité européenne, retrouver le sens de notre civilisation.

Mes amis, nous avons besoin de vous.

François Xavier a besoin de vous.

Il y a un espoir qui s’est levé dans cette campagne, une force que personne ne pourra arrêter.

Je vous demande de nous aider dans les douze jours qui viennent.

Aidez-nous pour refonder l’Europe et pour rétablir la France !

Je ne connais pas en politique de plus grand, ni de plus beau combat.  

Vive la France et vive l’Europe !
 

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Exigeons 5h d'activités d'intérêt général par semaine en contrepartie du RSA !

Il y a huit ans, Laurent Wauquiez fut l'un des premiers à dénoncer les dérives de l'assistanat et à proposer l'instauration de contreparties au versement du RSA. Huit ans plus tard, Edouard Philippe a évoqué cette idée. Idée immédiatement rejetée par son propre gouvernement...
Nous croyons à la politique sociale par le travail, pas à la politique sociale par l'assistanat ! L'un des grands maux de notre pays est d'enfermer dans l'assistanat de trop nombreux Français en ne valorisant pas assez la reprise d'un travail.
Nous demandons que soit modifiée la loi pour conditionner à au moins 5h d'activités d'intérêt général par semaine le versement du RSA.

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