Discours de François-Xavier Bellamy lors du grand meeting de Paris

Publié le 16/05/2019

Seul le prononcé fait foi

Merci infiniment. Quelle incroyable aventure ! Et que de chemin parcouru, qui nous a conduits jusqu’à ce soir, ici à Paris, que de chemin parcouru pour que vous soyez tous réunis. Et c’est votre présence ce soir qui est le plus grand signe de cet espoir dont Laurent vient de nous parler, le plus grand signe de cet espoir qui est en train de se lever. Nous sommes ici nombreux, dans un débat que pourtant tout le monde disait joué d’avance, dans une élection que tout le monde disait perdue d’avance. Vous êtes ici et c’est le signe que tout commence. C’est le signe que tout commence ce soir, pour les 10 jours qui viennent et les années qui viendront.

Et je voudrais vous remercier d’être ici et remercier en particulier tous ceux qui nous accueillent ici, et en particulier tous les élus qui nous entourent, pour défendre ensemble le projet que nous portons depuis trois mois maintenant. Et je voudrais commencer par dire et remercier, pour ce pari complètement fou, mon infini remerciement à Laurent. Laurent, tu as fait un choix improbable. Certains l’ont trouvé improbable. Qu’ils se rassurent, j‘ai été le premier d’entre eux. Certains se sont posés des questions. Qu’ils se rassurent, je m’en suis posé beaucoup. Aujourd’hui, nous sommes là, et j’espère que, dans quelques jours, avec tous ceux qui m’entourent, nous serons à la hauteur de ce pari qui a été fait, parce que nous avons besoin de relever ce défi. Nous en avons besoin pour notre famille politique, pour la droite et pour le centre. 

Cher Hervé, merci d’être là depuis le début de cette campagne. M. le président du Sénat, madame la présidente de la région Île-de-France, cher Gérard et chère Valérie, c’est une joie, c’est un honneur pour moi de savoir votre confiance et je voudrais associer tous nos élus, tous les parlementaires qui sont là. Je voudrais vous dire à quel point – et je sais qu’il y a de la presse ce soir mais je vais vous faire une confidence quand même – je me pince encore pour y croire. Je ne m’habitue toujours pas à entendre mon nom scandé. Ce qui est en jeu, c’est bien plus que ce nom. Au fond, rassure toi cher Hervé, je suis bien loin de croire à tous les éloges qui me sont faits. Ce qui compte maintenant pour moi, et je le dis avec gravité, devant l’ampleur de cet élan partout en France, ce qui est important pour moi, c’est demain, avec tous ceux qui m’entourent, de mériter votre confiance. Je ne l’ai pas encore méritée. Il faut la mériter demain.

Et je sais qu’au fond, il y avait quelque chose d’excessif dans la disproportion des attaques que j’ai pu subir au début. Quelque chose qui faisait que, quand j’entendais parler de moi dans la presse, j’avais du mal à me reconnaître. Peut-être me serais-je un peu détesté si je ne m’étais connu que par le récit qu’on faisait de ma personnalité. En tout cas, je n’aurais pas voté pour moi, c’est probable. Mais c’est la même chose aujourd’hui, quand je vous entends témoigner de votre soutien avec des mots aussi forts. Quand j’entends ces mots, j’ai toujours envie de me retourner pour savoir à qui l’on parle. Et quand je me retourne pour savoir à qui l’on parle, je vois qu’ils sont nombreux derrière. Ils sont nombreux derrière : ce sont mes colistiers, toute cette équipe magnifique avec laquelle nous portons cette aventure depuis le début. Applaudissez-lez, dites-leur merci ! 

Je voudrais remercier tout particulièrement Agnès et Arnaud, avec lesquels depuis trois mois maintenant nous sillonnons la France. Nous serons demain matin à 7h dans le TGV pour continuer notre travail, pour tenter de susciter la confiance. Vous le savez, la politique a beaucoup perdu son sens. Elle s’est beaucoup abîmée quand elle n’est devenue que la compétition d’individualités qui ne cherchaient que leur intérêt. Je peux en témoigner depuis le début de cette campagne : la politique, c’est aussi de grandes histoires d’amitié. C’est ce qui s’est noué entre nous, chère Agnès et cher Arnaud. C’est ce que j’ai appris de vous qui fait la force de ce que nous portons ensemble. Et si parfois, dans les médias, vous m’avez trouvé convainquant, c’est que j’étais seulement en train de dire ce qu’Arnaud et Agnès m’avaient appris. Je leur dois tant et je voudrais leur dire merci.

Cette histoire, c’est aussi celle qui me lie évidemment, parce que nous sommes de ceux qui font de la politique parce qu’ils sont enracinés, à cette ville où j’ai grandi et où j’ai tout appris. Et nous sommes ce soir dans la région Île-de-France, chère Valérie, alors j’ai demandé – et c’était un choix qui l’a peut-être étonné mais je le remercie d’avoir accepté – à François s’il accepterait de prendre la parole. François, je voudrais te dire ce soir tout ce que je te dois. Tu m’as appris que la politique n’était pas seulement une affaire d’idées mais la rencontre avec la complexité du réel. Tu m’as appris que la politique n’était pas seulement une affaire de déclamations, mais qu’elle se mesurait d’abord au service qu’elle rend à ceux qui sont sur le terrain, aux plus fragiles d’une société. Tu m’as appris que la politique est forte quand elle s’inscrit dans une histoire pour se projeter vers l’avenir. Et je te dois, au fond, ce que j’essaye de porter humblement dans cette campagne, en tentant d’être fidèle à ce que j’ai reçu de toi. Merci François. Je voudrais remercier tous les amis de Versailles qui sont ici ce soir. Évidemment, en prenant la parole, c’était un discours de plus mais, ce soir était un peu particulier. 

J’espère que vous n’êtes pas fatigués ! Parce que, maintenant, nous allons parler d’Europe. On va parler de cette Europe et de la croisée des chemins à laquelle nous nous trouvons. Nous sommes à un point de bifurcation comme rarement dans notre histoire, à un point de bifurcation pour l’aventure de l’Europe. Depuis le début de cette campagne, je le vois partout tous les jours, je l’entends monter cette défiance. Cette défiance envers l’Union européenne, cette défiance envers la politique aussi, disons-le. Cette défiance envers les élus, envers la démocratie. Et je n’oublierai jamais tous ces témoignages que nous avons entendus. Je n’oublierai jamais cette conversation à la fin d’un meeting, dans un petit restaurant, où nous nous étions réfugiés avec l’équipe incroyable que m’accompagne depuis le début de cette campagne. Cette conversation que nous avons eue avec quelques agriculteurs qui étaient assis à la table d’à côté et qui m’ont dit, en me regardant dans les yeux : « J’ai 50 ans, je travaille comme un chien et je vis comme un misérable. » Je n’oublierai jamais le témoignage de ces chefs d’entreprise qui ont le sentiment qu’aujourd’hui nous faisons tout pour leur compliquer la vie, eux qui pourtant créent de la valeur et se battent pour créer de l’emploi. Je n’oublierai jamais le témoignage de ces salariés, de ces ouvriers qui ont vu partir des usines et qui ont le sentiment que nous avons laissé s’installer une concurrence qui les fragilise sans leur permettre d’exprimer leur talent et leur savoir-faire. Face à tout cela, je crois que notre devoir n’est pas de rentrer dans le schématisme qu’on voudrait nous imposer. Et moi, à cet agriculteur, à ce chef d’entreprise, à ce salarié, à cet ouvrier qui me disent leur défiance, je ne me sens par le droit de le traiter de populiste. 
Ce n’est pas en insultant l’inquiétude qu’on peut la faire reculer. Nous ne combattrons pas cette défiance seulement en lançant des anathèmes, en créant des fractures, en opposant ceux qui voudraient continuer d’aller de l’avant dans un déni de réalité et ceux qui voudraient retourner en arrière. La politique mérite tellement mieux. Et nous avons le sentiment aujourd’hui que ce débat qu’on voudrait nous imposer est piégé dans une forme d’absurdité. Monsieur Macron nous dit : « mon grand but, c’est de battre madame Le Pen. » Madame Le Pen nous dit : « mon grand but, c’est de battre monsieur Macron. » Eh bien nous, notre seul but, c’est de répondre aux inquiétudes des Français, c’est de résoudre les problèmes des Français. Emmanuel Macron est allé en Roumanie et en Roumanie il a dit : « Je vais m’engager à fond dans cette campagne et je vais mettre toute mon énergie pour battre Marine Le Pen. » M. le président, on aurait tellement aimé que vous mettiez toute votre énergie pour baisser la dette de la France, pour relancer l’attractivité, la compétitivité, pour résoudre la crise terroriste, pour maîtriser nos frontières. Voilà ce qui fait le cœur de la vie politique. 

Et nous, nous sommes dans cette campagne, depuis trois mois maintenant, au contact des Français pour les écouter. Avec beaucoup d’humilité. Avec beaucoup de simplicité et avec un projet à leur proposer. Avec un espoir à leur partager, car nous croyons que l’Europe peut nous renforcer dans le monde qui se dessine. Oui, cher Joseph, nous sommes héritiers de cette Europe qui a vu des pays européens qui s’étaient si longtemps fait la guerre se rapprocher pour se renforcer dans le monde qui se dessinait,  de cette Europe qui a fait la paix dont nous héritons aujourd’hui. Nous savons que cette Europe, aujourd’hui, nous fragilise par la naïveté dans laquelle elle est tombée. Mais nous croyons que cette Europe peut renforcer nos pays et nous croyons qu’il est nécessaire pour cela de la refonder en profondeur, de refonder l’Europe pour pouvoir rétablir la France. Voilà le projet que nous portons, voilà l’espoir que nous portons. 

Refonder l’Europe, c’est d’abord sortir de la naïveté dans laquelle nous sommes plongés sur le terrain économique et commercial. Aujourd’hui, l’Europe est le dernier endroit au monde où l’on croit à la fin de l’Histoire. La fin de l’Histoire c’est, vous vous en souvenez, ce concept inventé par un philosophe américain, dans les années 1990, qui s’appelait Francis Fukuyama. Dans les années 1990, il parlait de la fin de l’Histoire à partir de ce constat : le mur de Berlin est tombé, disait Fukuyama, et personne ne s’est enfui à l’Est. Oui, certains ont mis du temps à s’en rendre compte, en France même. Pourtant, c’était vrai, le mur de Berlin est tombé et ainsi l’empire soviétique s’est effondré et, avec lui, l’Histoire a tranché. L’Histoire a tranché en faveur d’un modèle qui est celui de la démocratie libérale et de l’économie de marché. Et désormais, c’est la fin de l’Histoire, disait Fukuyama. Désormais, toutes les barrières vont s’abaisser, toutes les frontières vont se défaire, toutes les identités vont se diluer. Et petit à petit, de la figure du citoyen, préoccupé de l’avenir politique de son pays particulier, on verra arriver la figure de l’individu consommateur auquel une concurrence universelle apportera le meilleur produit au moindre coût. C’était le grand rêve de la fin de l’Histoire. Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce rêve ne s’est pas très bien réalisé. Les intérêts particuliers n’ont pas disparu ; les frontières ne se sont pas défaites ; les identités ne se sont pas diluées et nous voyons que, dans le monde, partout s’exercent des pressions fortes, partout des stratégies affirmées. Les États-Unis ont une affirmation très forte de leurs intérêts économiques et commerciaux. La Chine a une politique très agressive sur le plan industriel. Nous, nous avons une doctrine de la concurrence parce que nous en sommes restés à cette configuration : apporter le meilleur produit à moindre coût pour le consommateur. Il faut sortir de cette naïveté. Le saviez-vous ? En Europe, 20% du PIB est constitué des marchés publics. Et sur ces 20%, 95% sont ouverts aux acteurs internationaux. Nous sommes les seuls à avoir cette ouverture. Les Américains n’ouvrent leurs marchés qu’à 30%. Les Chinois à 0%. La Russie à 0%. Comment accepter plus longtemps qu’une entreprise chinoise vienne prendre un marché public en France et faire du profit en France, alors que jamais une entreprise française ne pourra prendre un marché public en Chine, même la plus compétitive, même la plus exceptionnelle ? Comment accepter que les règles soient faussées ?

Nous, mes chers amis, nous sommes d’une famille qui croit à la liberté. Nous croyons à la force de cette liberté créatrice. Nous croyons à la fécondité des échanges. Nous ne croyons pas qu’il faille nous résigner à ne plus être compétitifs et, comme d’autres, nous ne croyons pas qu’il faille s’enfermer entre quatre murs pour mourir à petit feu pendant que le monde continue d’avancer. Nous croyons, parce que nous sommes patriotes, à la force de nos entreprises, à l’excellence de nos savoir-faire, au génie de nos artisans, de nos ouvriers, qui peuvent apporter au monde ce que nous avons de meilleur à lui proposer. Nous croyons à la force de ces agriculteurs, qui nous offrent cette alimentation sûre et saine, eux qu’on ne cesse de soupçonner alors qu’ils font la confiance que nous pouvons avoir dans ces produits par lesquels ils nous font vivre alors qu’eux-mêmes vivent souvent si mal. A tous ceux qui travaillent dans notre pays, à tous ceux qui entreprennent, nous devons d’offrir les règles saines d’une compétition équitable. Nous croyons à la force de cette France qui peut rayonner. La meilleure équipe du monde, si elle entre sur un terrain qui n’est pas plat et dans lequel l’arbitre a été préalablement corrompu, ne peut que perdre la partie. Nous croyons à la compétition, nous croyons à la liberté mais nous voulons que les règles soient les mêmes pour tous. Et nous voulons enfin pouvoir assurer une stricte réciprocité. Et nous voulons dire à toutes les grandes puissances du monde : « Venez échanger avec nous, venez commercer avec nous… Mais à condition que les règles soient les mêmes pour tous ! » Il est temps de sortir de cette naïveté et il est temps de construire une Europe qui assume enfin de défendre nos entreprises et nos emplois, qui assume enfin de défendre nos agriculteurs, qui assume enfin de définir une vraie stratégie d’avenir plutôt que de se laisser piéger par une doctrine de la concurrence, par des normes et par des règles qui asphyxient plutôt qu’elles ne stimulent ceux qui agissent, qui créent, qui entreprennent et qui cultivent. 

Voilà le défi qui est devant nous. Et ce défi est nécessaire pour redonner un équilibre à la mondialisation. Pour remporter le grand défi qui est devant nous, celui de la préservation de notre environnement, qui consistera à retrouver pour la nature dont nous héritons cet équilibre dont elle a besoin. Car, qu’est-ce qui crée la crise environnementale ? Nous ne la résoudrons pas si nous n’allons pas d’abord à la cause. Certains cherchent absolument à s’illustrer sur ce terrain, alors ils en font les premiers chapitres de leur programme et ils déclinent des solutions qui ne sont finalement pas si nouvelles. Je pense par exemple au projet de la République en marche. Le saviez-vous ? Le projet de la République en marche commence par une mesure qui paraît forte mais qui, finalement, nous rappelle que la gauche n’a pas tout à fait disparu. Cette mesure consiste à créer une Banque européenne du climat. Grande crise, grand problème, mais tout problème a une solution : c’est une dépense. Donc, grande crise, grande dépense. Et le principe de la Banque européenne du climat, c’est que le climat va très mal, alors il faut dépenser 1 000 milliards d’euros. On ne sait pas encore pour quoi mais, ce qui compte, c’est la dépense. Au fond, heureusement que ce gouvernement n’est pas plus entendu en Europe, parce qu’on peut lui faire confiance pour les dépenser les 1 000 milliards d’euros, il n’y a aucun problème… Mais, on le voit bien, au fond, il y a derrière tout cela un manque de sérieux, un manque de prise en compte de ce qui fait la cause de cette crise écologique que nous déplorons ensemble. 

S’attaquer à la cause de cette crise écologique, c’est en revenir précisément à cette mondialisation débridée que nous avons laissée se construire sous nos yeux. Nous avons vécu pendant trop longtemps dans une mondialisation dans laquelle nous pouvions penser qu’allait s’accomplir une répartition des tâches à l’échelle internationale, un taylorisme mondial. On allait voir peu à peu toute l’industrie se faire en Asie et, en Europe, il n’y aurait que des services et des loisirs. Ça ne pouvait pas fonctionner. Ça produit la catastrophe économique et sociale, mais ça produit aussi la catastrophe écologique que nous constatons aujourd’hui. Aujourd’hui, on coupe du chêne dans les forêts françaises. On les envoie en Chine pour devenir du parquet ou du mobilier et on le ramène en France pour pouvoir être consommé. On importe de l’agneau élevé en Nouvelle-Zélande, selon aucun des standards que nous imposons à nos éleveurs. Et cet agneau qui vient de Nouvelle-Zélande est vendu dans nos marchés et dans nos supermarchés. Avant d’arriver dans votre assiette, il a fait plus de 18 000 km, sans que jamais on n’ait rien fait pour décourager cette mondialisation devenue folle. Tous ces produits qui viennent chez nous et qui ont traversé la planète pour venir chez nous, n’ont jamais été freinés dans leur circulation perpétuelle. Et ensuite, on va expliquer au salarié français qui a besoin de sa voiture pour faire 10 km pour aller travailler, que c’est lui qui est responsable de la crise écologique ? Eh bien non, chers amis. Nous nous préoccupons de la crise écologique, et si nous voulons nous préoccuper de transmettre à nos enfants – tu l’as dit, cher Laurent – ce dont nous avons hérité, nous devons leur transmettre aussi un monde qui soit encore vivable, un monde encore habitable par l’Homme. Pour transmettre ce monde encore vivable et encore respirable, il faut tout simplement rééquilibrer la mondialisation. Il faut réapprendre à produire ce que nous consommons. C’est tout le sens de cette barrière écologique que nous voulons placer aux frontières extérieures de l’Europe, pour faire en sorte que jamais nous n’autorisions à importer ce que nous nous interdisons de produire, pour que jamais nous ne favorisions cette concurrence déloyale qui fragilise ceux qui travaillent et qui produisent en Europe et pour faire en sorte que nous puissions redonner de l’oxygène à nos entreprises et à nos emplois. 

Rééquilibrer la mondialisation, c’est aussi ce dont nous avons besoin dans la crise migratoire qui de dessine si nous ne savons pas remédier à notre impuissance. La crise migratoire, chers amis, elle n’est pas passée, elle n’est pas, comme le voudraient certains observateurs, certains commentateurs, de 2015. La crise migratoire, elle est devant nous. La crise migratoire, elle n’a pas encore commencé. L’explosion de la démographie du continent africain représente l’un des défis majeurs de notre avenir. Si nous ne savons pas mettre fin à notre impuissance, si nous ne savons pas maîtriser nos frontières, alors nous allons continuer de produire du malheur à grande échelle. Malheur pour nos sociétés qui sont déjà profondément fracturées par une immigration que nous n’avons pas su intégrer et accueillir comme il l’aurait fallu. Malheur aussi pour tous ces jeunes – tu l’as dit Laurent – venus d’Afrique et auxquels des passeurs sans scrupules tendent le miroir aux alouettes d’un eldorado qu’ils ne trouveront pas s’ils arrivent à mettre le pied en Europe. On nous fait de grandes leçons de morale. On nous parle de générosité et d’accueil. Mais, à tous ceux qui nous parlent de générosité et d’accueil, je voudrais leur proposer, chère Valérie, de venir porte de la Chapelle. Je voudrais leur proposer de venir à Calais, où nous étions il y a quelques jours. Qu’on nous dise si ça ressemble à l’accueil, si ça ressemble à la générosité. Nous devons, bien sûr, construire ensemble les conditions d’un partenariat qui pourra développer le continent africain, parce que l’avenir des jeunes d’Afrique est dans le développement de ces pays et non pas dans le cynisme et dans l’impuissance qui contribueraient alors à faire croire que nous allons pouvoir les accueillir et leur offrir cet avenir qu’ils espèrent quand ils ne trouvent qu’une impasse. Oui, il y a un principe simple. Nous devons maîtriser nos frontières. Nous devons faire en sorte qu’on ne puisse s’établir en Europe que si nous avons été préalablement autorisés à entrer en Europe. Tant que nous n’arriverons pas à établir ce principe, il y aura toujours des drames en mer Méditerranée. Le jour où l’on sera parfaitement certain que l’on peut entrer et rester en Europe que lorsqu’on y a été d’abord autorisé, il n’y aura plus un seul mort en mer Méditerranée. 

Mais mes chers amis, pour relever ce défi, il faut une stratégie européenne. Nous ne croyons pas un seul instant que nos Etats seront plus fort s’ils sont seuls. Nous ne croyons pas un seul instant, contrairement au Rassemblement national, que nous serons mieux capables de faire face à l’ampleur de ce défi si nous détruisons la coopération européenne. Le Rassemblement national, cher Arnaud tu me l’as redit, a voté contre tout ce qui pouvait permettre de renforcer l’Europe face à l’ampleur de cette tâche. Le Rassemblement national a voté contre l’établissement de contrôles systématiques à l’entrée de l’espace Schengen, a voté contre Frontex, cette agence qui lutte contre l’immigration illégale en Europe. Le Rassemblement national a voté contre le fichier qui permet de connaître ceux qui volent dans le ciel européen, cher Éric, et qui permet de garantir notre sécurité. Parce que c’était européen. Nous ne sommes pas de ceux qui, par idéologie, sont prêts à desservir les intérêts de la France parce qu’une force supplémentaire peut lui venir de l’Europe. Nous sommes de ceux qui croient qu’il faut être efficace ensemble, que partout où, selon ce principe de subsidiarité qui a fait l’Europe, partout où nous pourrons être plus efficaces ensemble, alors il faut agir ensemble. Et nous proposons le principe d’une double frontière : défendre ensemble les frontières extérieures de l’Europe, faire en sorte qu’effectivement nous puissions garantir que les demandes d’accès au territoire européen soient faites en dehors de l’Europe et défendre simultanément le principe que chaque pays doit garder la maîtrise de sa politique migratoire. 

Parce que nous ne croyons pas contrairement à monsieur Macron que l’Europe doit consister à gérer notre impuissance. L’Europe de monsieur Macron, c’est celle qui voudrait imposer à chaque Etat des quotas de migrants. Celle qui considère, comme le disait madame Belloubet récemment, qu’on n’arrête pas les flux migratoires. Qu’on ne peut que se les répartir. Eh bien, nous, nous disons qu’il ne s’agit pas de gérer cette impuissance qui cause encore une fois tant de drames et tant de malheur. Que la seule politique qui vaille consiste à mettre fin à notre impuissance.

Nous croyons à l’accueil. Nous croyons à la générosité. Nous voulons pouvoir accueillir mais nous ne voulons pas subir. Nous voulons pouvoir ouvrir la porte à celui qui demande notre aide et qui a en a besoin. Mais il est totalement différent d’ouvrir la porte à celui qui a besoin de votre aide et de ne plus avoir de porte parce que vous n’avez plus de murs. Nous voulons pouvoir accueillir et c’est notre devoir pour l’avenir, c’est notre responsabilité parce qu’à la fin, ce qui est en jeu c’est aussi l’équilibre de nos sociétés. De nos sociétés dont nous voyons qu’elles sont en train de devenir une juxtaposition de communautés. Jérôme Fourquet a écrit un livre que je recommande, L’Archipel français, dans lequel il montre que la France est en train de devenir cet archipel de communautés qui s’isolent les unes des autres, qui ne se reconnaissent plus de liens. Nous devons absolument relever là aussi ce défi fondamental qu’est l’unité de notre pays, si nous ne voulons pas que notre impuissance ne soit le ferment des conflits de demain.

« L’Europe, c’est la paix », dit-on souvent. L’Europe, c’est la paix que nous devons à nos aînés, mais cette paix est un miracle fragile et nous le voyons bien. Évidemment, il n’est plus question aujourd’hui de déclarer la guerre à l’Allemagne mais la guerre ressurgit sous d’autres formes. Lorsque des innocents sont tués à la terrasse des cafés, dans des salles de concerts, lorsque des personnes doivent vivre sous protection militaire lorsqu’elles vont pratiquer leur culte parce qu’elles sont de confession juive, alors il y a bien le spectre de la guerre qui ressurgit. Mais nous devons y faire face, non pas pour le déplorer mais pour montrer le courage qui a été celui de nos ainés et pour faire en sorte d’agir. Et face à ce défi du terrorisme, face à ce défi de l’islam radical, il faudra bien sûr des réponses policières et judiciaires, elles sont au cœur de notre projet ; mais disons-le, face à ce grand défi, la bataille ne sera gagnée que si nous sommes capables de dire à nouveau qui nous sommes, que si nous sommes capables de nouveau de partager une culture commune, d’offrir de nouveau une civilisation en partage. Le défi ne sera remporté que sur ce grand, ce premier, ce décisif champ de bataille qu’est celui de l’éducation, de la culture, de la transmission. Aujourd’hui, chère Lydia, tant de jeunes grandissent en France mais ne se reconnaissent pas de la France, parce que nous n’avons pas su leur dire ce que signifiait rejoindre cette histoire. Aujourd’hui, tant de jeunes grandissent en France et sont attirés par les sirènes de l’islamisme intégriste. Mais je crois que ce qui fait son succès dans tant de nos quartiers, c’est qu’il ne fait que remplir le vide que nous avons laissé prospérer derrière nous, en ne sachant pas dire qui nous sommes.

Tout ce dont nous avons parlé ce soir se résume finalement en une seule affirmation simple : il faut retrouver le sens de ce qu’est l’Europe ; il faut la refonder, c’est-à-dire la reposer sur ses fondations. L’Europe, ce ne sont pas d’abord des administrations, ce ne sont même pas d’abord des traités, ni même un projet. L’Europe, c’est une civilisation. Et cette civilisation c’est celle qu’il faut pouvoir nommer car, pendant trop longtemps, nous n’avons pas su la dire ni la reconnaître comme nôtre. Nous n’avons pas su nous reconnaître comme siens. Cette civilisation, c’est elle qui pourra remplir ce vide que nous ne cessons de constater. Il est temps de donner à tous les jeunes qui grandissent en France quelque chose à aimer, il est tant de leur donner la France à aimer, il est temps de leur donner l’Europe en héritage. Il est temps de leur redire qu’ils sont les enfants d’une Histoire qui nous dépasse infiniment et qui nous lie les uns aux autres, qui nous relie. L’Europe, c’est ce petit miracle de la liberté qui naît dans les cités de la Grèce antique au Ve siècle avant Jésus-Christ, lorsque des hommes décident qu’il ne leur suffira plus d’expliquer le monde par la mythologie mais qu’il leur faut désormais la raison, la raison critique, c’est la naissance du logos. C’est la naissance du logos qui devient dialogos, de cette pensée logique qui devient dialogue, qui devient délibération, qui devient démocratie, lorsque nous décidons que c’est ensemble que nous parlerons de l’avenir que nous voulons pour pouvoir écrire notre histoire plutôt que de la subir. Et à chaque fois que nous entretenons cet héritage immémorial, dans l’hémicycle de l’Assemblée ou du Sénat, comme dans le plus humble des conseils municipaux, nous sommes les enfants de ces Grecs qui ont inventé la liberté à travers la raison naissante.

L’Europe, c’est le sens de cette égalité devant la res publica, devant la chose de tous, qui fait l’esprit romain, qui se déploie dans le monde latin, et qui fait de nous ce que nous sommes, les enfants d’un droit, les continuateurs de l’Etat. Ceux qui savent qu’il n’y a pas de liberté s’il n’y a pas de force publique et qu’il n’y a pas de liberté si on n’obéit pas à l’autorité des institutions qui nous relient les uns aux autres. Et puis l’Europe, c’est bien sûr – pourquoi ne pas le dire – l’aventure de cette civilisation chrétienne, nourrie d’une tradition ancrée dans l’héritage qui nous venait du peuple juif. L’Europe, c’est cette civilisation judéo-chrétienne qui a mûri peu à peu, dans la difficulté, dans l’effort et le labeur, le sens de la dignité humaine, de la dignité absolue de la personne. Voilà ce qui a fait l’Europe ! Et on n’a pas besoin d’être chrétien aujourd’hui pour savoir, comme tu le disais Laurent, que quand Notre-Dame de Paris brûle, nous sommes tous touchés au plus profond de nous-mêmes. J’ai été rencontré quelques jours après l’incendie, le général qui commandait la brigade des sapeurs-pompiers de Paris – j’espère qu’il ne m’en voudra pas de faire état de cette conversation – je suis allé lui dire simplement l’immense reconnaissance à tous les hommes qu’il commandait ce soir-là, lorsque la cathédrale a été sauvée pour les générations à venir. Et nous parlions ensemble de cette expérience inouïe. Il me racontait que dans la nuit, au moment où les flammes menaçaient d’atteindre les tours, une décision difficile avait dû être prise, la décision d’envoyer des hommes monter dans ces tours pour tenter d’éteindre le feu qui menaçaient d’atteindre ces cloches et qui auraient menacé de faire s’effondrer la totalité de l’édifice. Ces hommes sont montés dans ces tours, comme d’autres pompiers en leur temps dans les tours de New York, mais non pas pour sauver des vies humaines. Ils sont montés dans ces tours pour aller sauver des pierres. Aucun d’entre eux n’a hésité, aucun d’entre eux n’a reculé, ces hommes sont montés dans ces tours et ils ont risqué leur vie. Ces applaudissements sont pour eux. Ces hommes sont montés dans ces tours et ils ont risqué leurs vies pour ces pierres, parce que ces pierres sont quelque chose de notre vie, de la vie de notre société, de la vie de notre pays, de la vie d’une civilisation qui veut se transmettre pour pouvoir continuer de relier les hommes et les femmes qui s’en nourriront demain. Eh bien, moi, je crois que dans cette expérience magnifique réside toute notre espérance. Nous ne sommes pas des communautés isolées qui s’éloignent les unes des autres. On n’a pas besoin d’être chrétien pour se savoir lié par cet héritage commun. J’ai été tellement touché que toutes les familles politiques et tous les Français, quels qu’ils soient, aient exprimé leur émotion, aient eu le cœur retourné au même instant devant cette cathédrale qui brûlait.

Il faut que nous ayons la même émotion, la même inquiétude et la même espérance devant cette civilisation dont nous sommes les héritiers, cette histoire si belle, si grande et si menacée. Si menacée par ses ennemis de l’extérieur. Nous en avons parlé tout au long de cette campagne. Mais si menacée par nos propres faiblesses, par nos propres démissions, par nos effondrements intérieurs. Oui, c’est vrai, nous avons renoncé à dire qui nous sommes. Lorsque je vous parlais de ce marché que l’Europe est aujourd’hui, de ce marché qui devrait être une force dans la mondialisation mais qui semble n’être parfois qu’une proie, eh bien, nous parlons peut-être aussi de cette faiblesse que nous avons laissée poindre dans nos esprits et dans nos cœurs. Nous avons voulu devenir une société d’individus consommateurs, additionnés les uns aux autres et poursuivant chacun leurs propres calculs. On a voulu nous décrire comme étant une juxtaposition d’individus qui ne cherchaient que leurs intérêts. Mais nous sommes un pays, nous sommes une civilisation. Et ce qu’ont montré ces sapeurs-pompiers, ce que montrent tous ceux qui s’engagent aujourd’hui pour dire leur solidarité, ceux qu’ont montré d’une façon si grande et si forte, Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, c’est que nous sommes liés les uns aux autres. Ils ne connaissaient pas les personnes qu’ils allaient délivrer, ils ne les avaient jamais rencontrées, mais ils ont accepté de se former toute leur vie et d’atteindre la plus extrême des compétences pour aller être la main qui se tend au milieu du plus grand des dangers. Pour que jamais il ne soit dit que le lien qui nous unis n’existe plus. Pour que malgré l’adversité, il soit fermement établi que nous sommes obligés les uns envers les autres par ce qui nous précède et nous dépasse infiniment. Le sens de cette commune humanité qui mûrit dans la civilité d’une civilisation, voilà ce qui nous relie, voilà ce qui fait nos racines, voilà ce qui peut construire notre avenir, voilà ce qui peut refaire notre société, voilà ce qui peut refonder l’Europe et rétablir la France. 

Oui, chers amis, nous ne sommes pas que des individus consommateurs et le but de notre existence n’est pas de pouvoir pousser des caddies le dimanche dans les rayons de supermarchés. Oui chers amis, notre vie passe par le travail parce que le travail n’est pas seulement l’occasion pour nous de gagner notre vie dans la pénibilité dont on nous parle souvent, le travail est pour nous l’occasion de nous réaliser en produisant une œuvre commune qui pourra être féconde pour d’autres que nous. Oui nous croyons, c’est vrai, qu’il ne faut pas donner la totalité de nos existences à ce qui se compte et se calcule. Oui il y a des choses qui ne se marchandent pas. Oui il y a des choses dont on ne fait pas commerce. Oui on ne loue pas le ventre d’une femme. Oui, disons-le, ceci est aussi un immense défi européen non pas parce que nous demanderions à l’Europe de définir notre modèle de société pour demain, mais parce que si l’Europe est une civilisation, pour être fidèle à elle-même, elle doit porter dans le monde la voix claire et forte de ceux qui savent ce qu’est l’humain et que l’humain est infiniment précieux, qu’il mérite d’être transmis dans sa valeur infinie. Oui, nous sommes sans doute la première génération dans l’Histoire qui aura à faire face à ce défi fondamental : de préserver et de transmettre la condition humaine elle-même. Aujourd’hui, nous le voyons bien, nous avons à faire face à des tentations multiples. La Chine vient d’annoncer, il y a quelques semaines à peine, qu’elle avait donné naissance aux deux premiers bébés génétiquement modifiés. Pour lutter contre l’eugénisme qui menace d’atteindre nos sociétés, qui menace de transformer nos propres corps en ce champ de bataille supplémentaire pour l’exigence de performance perpétuelle, oui, nous aurons besoin que l’Europe soit fidèle à elle-même pour faire entendre cette voix dans le monde. Oui, nous aurons besoin que l’Europe puisse dire cette exigence de solidarité absolue qui fait que nous sommes capables de nous donner totalement pour la vie d’autrui lorsqu’elle est menacée ou fragilisée. Oui, cette exigence fait que nous regardons toute vie come étant digne d’être vécue, même la vie malade, souffrante, même la vie vieillissante. Car oui, nos vies ne sont pas faites de performances et de compétitions seulement, elles sont faites aussi de ces fragilités, de ces vulnérabilités, de ces dépendances qui sont comme les brèches qui ouvrent notre relation aux autres. Nous avons tous, nous sommes tous et nous serons tous dépendants des autres, et nous n’avons pas le droit de dire d’un homme que, parce qu’il est dépendant, il ne mérite plus de vivre. Cher Jean, toi qui as porté ce défi fondamental. 

Voilà, chers amis, le défi qui est devant nous, et voilà pourquoi nous n’avons pas le droit de laisser ce débat européen se réduire au jeu caricatural qu’on veut nous présenter. Nous n’en pouvons plus de ces élections tristes. Nous n’en pouvons plus de voter contre, contre Marine Le Pen, contre monsieur Macron. Nous ne voulons pas de ce cauchemar. Nous ne voulons pas que la France reste piégée dans un éternel second tour. Nous voulons voter pour l’Europe que nous voulons, pour l’Europe que nous aimons, pour la France que nous aimons. Alors ce soir, il faut nous montrer fidèles à ce que notre famille politique, à ce que la droite et le centre doivent porter de singulier dans le débat politique pour aujourd’hui et pour demain. Oui, nous sommes de ceux qui n’ont pas renier leur conviction. Et quand monsieur le Premier ministre vous vous en prenez à la droite, je vous dis que lorsqu’on insulte une famille politique tout entière parce qu’elle n’a eu d’autres torts que de rester fidèle à ses convictions et à ses électeurs, alors je crois qu’on se discrédite. Nous avons le devoir de relever la tête à l’occasion de cette élection européenne. Nous ne le devons pas seulement à notre famille politique, nous le devons à la France, parce que c’est la France qui a besoin de sortir de ce désespoir dans lequel on voudrait l’enfermer, la piéger. Ce désespoir fait de faux débats dans lequel on voudrait réduire toute la vie politique de demain. Devant tous ces grands enjeux, devant ces questions magnifiques, devant ces défis inouïs, comment serait-il possible que le cœur de la politique se réduise à la question de savoir qui va gagner de monsieur Macron ou de madame Le Pen ? Le cœur de la politique, c’est de parler de concret, de projet, de fond, de réconcilier la politique avec le réel, avec la vie des gens, avec le terrain, de redonner du sens à la politique. Ne vous laissez pas voler cette élection, ne vous laissez pas voler vos convictions, ne vous laissez pas voler ce débat sur l’Europe, sur l’avenir de la France ! C’est cela qui est en jeu. Alors, oui, c’est vrai, beaucoup doutent encore et si vous êtes convaincus, pendant les dix jours qui viennent, il va falloir être convaincants. Oui beaucoup doutent encore, se disent que la politique les a déçus, les a trahis, que notre famille politique les a parfois déçus, qu’elle a parfois donné le sentiment qu’elle les avait trahis. Et beaucoup vous diront en agitant les peurs, qu’il n’y a plus d’espoir, qu’il ne faut plus y croire, que ce sera toujours la même chose. Nous vous disons d’abord que nous n’avons pas à rougir de notre héritage. Et je voudrais dire avec vous merci à toutes les grandes figures de notre famille politique. Je voudrais remercier monsieur le Premier ministre de votre présence ce soir, nos anciens ministres Michèle Alliot-Marie, nos parlementaires européens, remercier Franck Proust et à travers lui tous ceux qui ont porté nos couleurs au cours des dernières années au Parlement européen. Et je voudrais dire aussi, parce que la critique est souvent facile mais la persévérance a été bien difficile au cours des dernières années, je voudrais remercier tous nos parlementaires qui sont ici ce soir avec nous. Ils ont été le visage de la persévérance. Ils ont porté notre voix, notre liberté et je voudrais remercier, à travers eux, Christian Jacob et Bruno Retailleau de leur confiance, de leur amitié. Remercier Annie Genevard de sa fidélité. Nous croyons à la fidélité et nous ne croyons pas qu’il faille opposer l’ancien monde au nouveau monde. Il n’y a rien de bon dans ce qui est nouveau que ce qui est fidèle à ce qui a été reçu d’une transmission qui nous précède. Il n’y a rien de bon pour l’avenir de ce qui nous vient de notre héritage commun. Et il ne pourra y avoir de sève pour construire notre avenir que si nous savons quelles sont nos racines et que si nous pouvons les nommer. 

Je voudrais vous dire à quel point nous avons besoin de vous et pour terminer. Je voudrais dire un mot particulier à tous les jeunes qui sont ici, et ils sont nombreux ce soir. Me viennent à l’esprit ces mots de Bernanos dans Le Chemin de la croisée des âmes – c’était au plus noir de la Second Guerre mondiale – et Bernanos écrivait aux jeunes Français : « Jeunes Français, qui n’étiez hier encore que l’enfance de mon pays, une crise sans précédent vous pousse désormais au premier rang. Mais j’ai entrepris de vous parler comme à des hommes. Entre le désastre et nous, il n’y a plus que votre jeune honneur. Nous sommes les enfants d’une même défaite, mais vous seuls pouvez la regarder d’un regard innocent. Tenez bon, tenez ferme, soyez fidèles. Tenez bon, tenez ferme, si vous êtes fidèles, cher amis, jeunes Français, alors il restera assez d’honneur au pays, assez d’honneur pour vous et assez d’honneur pour nous. »

Chers jeunes, qui êtes ici ce soir, chers amis, nous avons besoin de vous pour reconstruire une famille politique qui puisse porter haut tout ce en quoi nous croyons. Pour reconstruire cette famille politique qui a le sens de la transmission. Pour reconstruire cette famille politique qui croit à la force de la France mais qui croit que la force de la France dès qu’elle se libère des freins qu’elle s’impose à elle-même. Pour reconstruire cette famille qui mettra fin à la menace terroriste. Pour construire cette famille qui offrira demain un nouvel espoir à la France, nous avons besoin de vous chers amis. Nous sommes les enfants de cette histoire magnifique. Nous sommes les enfants de l’idéalisme de Platon, de la juste mesure d’Aristote. Nous sommes comme les enfants de Cicéron et de Marc-Aurèle, qui savait que chaque matin, c’est pour faire œuvre d’homme qu’on se réveille. Nous sommes les enfants des paysans qui ont défriché l’Europe. Nous sommes les enfants des chevaliers qui ont inventé le code de l’honneur. Nous sommes les enfants de cet héritage des Lumières qui a développé la raison critique. Nous sommes les enfants de ceux de 14 et des résistants de 40 qui ont fait notre liberté d’aujourd’hui au prix de leur vie. Nous devons nous montrer à la hauteur de notre Histoire et nous serons à la hauteur de cette Histoire, et c’est exactement ce qui se joue dans les dix jours qui viennent. Je voudrais dans les années qui viendront, avec tous mes colistiers au Parlement européen, pouvoir être votre voix mais pendant les dix jours qui viennent, il faut que vous soyez notre voix. Car vous seuls pouvez faire cette victoire dont nous avons tellement besoin. Car vous n’êtes pas venus écouter, vous êtes venus agir, vous êtes venu vous engager et dans dix jours cette victoire sera la vôtre pour refonder l’Europe et pour rétablir la France ! Merci de tout cœur, merci infiniment !
 

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Exigeons 5h d'activités d'intérêt général par semaine en contrepartie du RSA !

Il y a huit ans, Laurent Wauquiez fut l'un des premiers à dénoncer les dérives de l'assistanat et à proposer l'instauration de contreparties au versement du RSA. Huit ans plus tard, Edouard Philippe a évoqué cette idée. Idée immédiatement rejetée par son propre gouvernement...
Nous croyons à la politique sociale par le travail, pas à la politique sociale par l'assistanat ! L'un des grands maux de notre pays est d'enfermer dans l'assistanat de trop nombreux Français en ne valorisant pas assez la reprise d'un travail.
Nous demandons que soit modifiée la loi pour conditionner à au moins 5h d'activités d'intérêt général par semaine le versement du RSA.

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