24 mai 2018

« On a choisi la pire des solutions et les territoires ruraux vont être durement pénalisés car des départements n'auront plus qu'un seul député... qui sera plus issu des zones urbaines que des zones rurales ».

Député du Pas-de-Calais et Trésorier national des Républicains, Daniel Fasquelle goûte fort peu, comme l'ensemble de ses collègues, la réforme des institutions qui a été présentée officiellement ce mercredi en Conseil des ministres.

« Quelle drôle d'idée que de passer autant de temps autour d'une réforme des institutions alors que les institutions fonctionnent. Ce n'est pas aujourd'hui la priorité des Français », conteste Daniel Fasquelle invité ce jeudi matin de la matinale de LCP. « La priorité du président de la République doit être d'améliorer la situation économique, l'emploi, le pouvoir d'achat, la situation des Français. Quand on voit ce qui se passe avec la baisse de la CSG pour les retraités, ce qui se passe dans les EHPAD, les territoires ruraux de plus en plus abandonnés.... on voit bien que la priorité ce n'est pas la réforme des institutions », proteste l'ancien maire du Touquet-Paris-Plage.

« Quelle drôle d'idée, également, de penser que nos institutions et la démocratie française vont fonctionner mieux alors que les Français auront moins de représentants à Paris » récrimine Daniel Fasquelle, l'exécutif prévoyant de baisser de 577 à 404 le nombre de députés.

« Concrètement les circonscriptions vont doubler de taille et les députés qui étaient avec leurs suppléants sur le terrain auront énormément de mal à couvrir le terrain, à garder le contact avec leur population », peste Daniel Fasquelle qui par expérience sait que « pour faire la loi il faut être au contact du terrain, de la réalité que vivent nos concitoyens. Il faut être présent sur le terrain, sur les différentes animations et manifestations, aux assemblées générales des associations, au cœur des problématiques que rencontrent les élus locaux. Cette réforme va mécaniquement éloigner les députés du terrain qui vont devenir des députés hors-sol. Il y a déjà à l'Assemblée nationale une sous-représentation des territoires ruraux. La démocratie française va être abîmée», craint le député "les Républicains" du Pas-de-Calais.

À ses yeux, si l'on veut donner plus de moyens aux députés pour travailler « il y a d'autres mesures à prendre que de diluer ainsi le nombre de députés. À l'Assemblée nationale il y a un nombre très important de fonctionnaires. Grâce aux outils numériques on a la possibilité de faire des économies et de redéployer des moyens à budget constant au profit des députés », explique celui qui, maire du Touquet pendant 10 ans, a diminué les effectifs de 12%, redéployé les missions permettant ainsi à cette station balnéaire de faire « plus de choses avec moins de personnes ».

Interrogé sur la limitation à 3 mandats consécutifs identiques pour les élus, « quelle drôle d'idée de penser que l'expérience devient un handicap », réagit-il. « Pourquoi priver la liberté aux Français de dire "stop ou encore" ? Si un député est un bon député pourquoi lui demander d'arrêter au bout de 3 mandats ? On a des institutions, des lois, une société française qui deviennent de plus en plus complexes. Il faut accepter à l'Assemblée un regard complémentaire à celui des jeunes députés. C'est cet équilibre qui est utile et nécessaire », défend Daniel Fasquelle prenant exemple sur la récente réélection éclatante, lors d'une législative partielle, de Jean-Pierre Door. « Malgré une campagne détestable de son adversaire de La République en Marche sur l'âge de notre candidat. Jean-Pierre Door a été réélu brillamment. C'est un médecin et un élu local. On a besoin d'un spécialiste des questions de santé et il apporte beaucoup à l'Assemblée de par son expérience », juge Daniel Fasquelle rappelant que l'élection d'Emmanuel Macron « a prouvé que lorsque les Français veulent renouveler, ils renouvellent ».

>> Revoir l'interview sur LCP.fr

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