10 juillet 2018

Au lendemain de l'intervention du président de la République devant les parlementaires réunis en Congrès à Versailles, Damien Abad reste particulièrement critique. Sur la forme tout d'abord car le Vice-président des Républicains a surtout l'impression d'avoir « plus assisté à un discours de meeting politique qu'un discours sur "l'état de l'Union" ».

« Si l'emballage est séduisant, le produit est décevant. Il n'y a pas de cap et surtout il y a un gouffre entre les paroles et les actes » relève le député de l'Ain pour qui Emmanuel Macron est « le président des incantations, de la déconnexion et de l'autojustification. Incantations car l'on retient cette litanie de beaux mots mais derrière il n'y a aucun acte. Déconnexion, car il ne prend pas le mesure de ce que vivent les Français avec la hausse des impôts, de la CSG, des dépenses. De l'autojustification car il explique l'inexplicable », souligne Damien Abad dénonçant « derrière une humilité de façade, un président qui gouverne tout seul, un président monarque avec des ministres qui ne comptent pas, qui ne pèsent pas si bien que l'administration prend le pas sur le politique ».

Damien Abad s'inquiète également des propos du président de la République sur les pensions de réversion. Ces dernières semaines a été avancée l'hypothèse de la diminution, voire de la suppression des pensions de réversion, provoquant une forte inquiétude chez les retraités. « Emmanuel Macron a indiqué que les retraités d'aujourd'hui ne seraient pas concernés. Que se passera-t-il donc pour les retraités de demain », interroge le Vice-président des Républicains absolument pas rassuré par la déclaration d'Emmanuel Macron.

Sur la politique migratoire, le Vice-président des Républicains se montre préoccupé par « cette politique du "en même temps", une politique à la petite semaine pour laquelle il n'y a pas de vision ».

Quant à la réforme constitutionnelle dont l'examen a débuté au Parlement, Damien Abad considère qu'en l'état elle « va abaisser les droits du Parlement, ce qui risque de fracturer encore plus les liens entre les élus et les citoyens.

Interrogé sur l'Europe, Damien Abad réfuté l'idée d'Emmanuel Macron d'un clivage entre progressistes et nationalistes. « Il y a les tenants d'un fédéralisme comme Emmanuel Macron. Ceux partisans du Frexit. Et il y a nous, "les Républicains" qui défendons une ligne euro lucide. Le sujet n'est pas d'être pour ou contre l'Europe mais de quelle Europe on veut », resitue Damien Abad qui réaffirme« l'attachement des Républicains, premier parti de France en terme d'élus, aux territoires ».

L'occasion pour Damien Abad de saluer le travail et « la capacité de Laurent Wauquiez pour rassembler et pour faire émerger une nouvelle génération ».

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