La Cour des comptes tire la sonnette d’alarme

Publié le 06/02/2019

Lors de la présentation du rapport public annuel 2019 à la presse, le président de l’institution, Didier Migaud s’est montré alarmiste, dénonçant l’essoufflement des efforts de redressement consentis par la France ces dernières années. « La France, du fait du caractère incomplet de l'assainissement de ses finances publiques, ne dispose que de peu de marges budgétaires pour faire face à un retournement conjoncturel ou à une situation de crise » a-t-il alerté le gouvernement dans un discours aux allures d’avertissement. Il faut dire que les chiffres parlent d’eux-mêmes...

Dans son projet de loi de finances initial, le gouvernement anticipait, certes, une légère augmentation du déficit qui devait atteindre 2,8% du PIB en 2019. C’était compter sans les mesures « gilets jaunes » dont le coût de 11 milliards d’euros aura eu pour effet de plomber le budget de l’Etat. D'ailleurs, selon Bercy, le déficit devrait finalement culminer à 3,2 % du PIB, excédant pour la première fois depuis 2016 la limite des 3% imposée par Bruxelles.

Accablant, ce rapport révèle ce que les Républicains dénonçaient depuis des mois, c’est-à-dire l’échec des timides tentatives du gouvernement visant à assainir les finances publiques. Pour autant, Didier Migaud rappelle que les « attentes des citoyens à l’égard de l’action publique sont immenses ».

Effectivement, tous les clignotants sont au rouge, la dépense publique continue d'augmenter, le déficit dépasserait de nouveau 3 % du PIB et la dette s'envole faisant de la France l'un des pays les plus endettés d'Europe.

L’alerte donnée ce mercredi 6 février par le Président de la Cour des comptes montre que Emmanuel Macron a abandonné le combat de la réduction de la dette publique. En ajoutant « Les efforts de redressement engagés par la France ces derniers années semblent désormais s’essouffler », la mise en garde est également à charge. Quel gâchis. Pourquoi Emmanuel Macron n’a-t-il pas mis à profit ces années de croissance, comme l’ont fait d’autres pays, conduisant la France à « un décalage croissant avec les autres pays européens » ? Résultat des comptes : la France fait figure de mauvais élève, avec en perspective « une dette publique qui continuerait d’augmenter, ne laissant que peu de marges de manœuvre ».

Là encore, les Républicains n’ont eu de cesse de rappeler la nécessité de baisser les dépenses publiques et de faire des propositions en ce sens. Mais, à chaque fois, le gouvernement nous a opposé une fin de non-recevoir...

C’est aussi la question du déficit structurel qui cristallise les angoisses des magistrats de la rue Cambron. En effet, alors qu’il devait baisser de 0,3 points de PIB avant l’annonce des mesures prises pour faire face à l’urgence sociale, celui-ci ne diminue toujours pas, entérinant l’inquiétante stagnation déjà constatée en 2018. Dans ce contexte, comment ne pas redouter l’inflation d’une dette publique déjà spectaculaire qui avoisine les 100% ?

Ce constat est d’autant plus préoccupant que le scénario esquissé par la Cour des comptes est « affecté de multiples fragilités ». Pour que la prévision d’un déficit à 3,2% puisse se réaliser, l’exécutif doit d’abord concrétiser sa promesse de réunir les 3,7 milliards d’euros nécessaires pour compenser le coût des mesures « gilets jaunes ». Or, si la taxation des GAFAM et la réduction de l’impôt sur les sociétés constituent des pistes, elles demeurent pour l’heure des incantations sans concrétisation juridique.

Dans un climat de dégradation de la conjoncture internationale, il est plus urgent que jamais que le gouvernement dévoile le plan d’action qu’il entend mener pour compenser en partie les mesures « gilets jaunes ».

Au regard de ce constat inquiétant, l’année 2017 numéro un mondial des prélèvements obligatoires pour j’invite Gérald Darmanin, Ministre de l’Action et des Comptes publics à prendre ses responsabilités et à ne pas se tromper de priorités. Alors qu’en novembre 2018, Eurostat et l’OCDE classaient la France , le plaidoyer des magistrats de la rue Cambron en faveur d’une « maitrise accrue des dépenses publiques » fait plus sens que jamais. C’est en effet la condition sine qua none pour en finir avec la pression fiscale qui étouffe les Français. Il n’est pas admissible que les impôts de nos concitoyens augmentent pour financer la mauvaise gestion budgétaire du gouvernement.

Le gouvernement se doit de tirer les leçons de ce nouveau rappel à l’ordre et prendre en compte les préconisations de la Cour des comptes, afin de réduire les déficits dans le délai le plus court. Il en va du salut économique et social de la France.

Véronique Louwagie
Députée de l’Orne

Signez la pétition

Exigeons 5h d'activités d'intérêt général par semaine en contrepartie du RSA !

Il y a huit ans, Laurent Wauquiez fut l'un des premiers à dénoncer les dérives de l'assistanat et à proposer l'instauration de contreparties au versement du RSA. Huit ans plus tard, Edouard Philippe a évoqué cette idée. Idée immédiatement rejetée par son propre gouvernement...
Nous croyons à la politique sociale par le travail, pas à la politique sociale par l'assistanat ! L'un des grands maux de notre pays est d'enfermer dans l'assistanat de trop nombreux Français en ne valorisant pas assez la reprise d'un travail.
Nous demandons que soit modifiée la loi pour conditionner à au moins 5h d'activités d'intérêt général par semaine le versement du RSA.

Signez la pétition

Nos dernières actualités

Nous appelons le président de la République à demander au Parlement une nouvelle délibération de l'article 3 de la loi anti-casseurs

Nous appelons le président de la République à demander au Parlement une nouvelle délibération de l'article 3 de la loi anti-casseurs

Published on 05/04/2019

Le Conseil constitutionnel, saisi par le président de la République, a censuré l'article 3 de la « loi anti-casseurs

Directive Droits d'auteur : un vote historique pour la culture !

Directive Droits d'auteur : un vote historique pour la culture !

Published on 26/03/2019

Au terme d'une négociation qui a démontré, s'il en était encore besoin, la force de frappe considérable des géants am

Communiqué de presse de la Commission nationale d'investiture

Communiqué de presse de la Commission nationale d'investiture

Published on 06/03/2019

Les membres de la Commission nationale d’Investiture réunis ce jour, mercredi 06 Mars 2019, au siège national des Rép