13 février 2016

Sénateur de la Vendée, président de la région des Pays de la Loire, président du groupe Les Républicains au Sénat, Bruno Retailleau a une conviction qu'il a voulu partager avec le millier de conseillers nationaux présents samedi et dimanche à la Porte de Versailles.

« On ne remporte des élections qu'en les faisant sur ses convictions ». Un message adressé alors que notre famille politique prépare son projet d'alternance 2017 et qu'elle se met au clair sur sa stratégie politique.
Une façon pour Bruno Retailleau de montrer qu'en matière de convictions, la colonne vertébrale de François Hollande est particulièrement faible. Et de prendre exemple sur un nouvel atermoiement de François Hollande avec sa récente annonce d'un référendum local pour la réalisation de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.
« On fait un référendum pour appliquer la loi », s'étrangle Bruno Retailleau qui rappelle que François Hollande met ce référendum sur la table « pour uniquement trancher un conflit entre son Premier ministre socialiste et son ministre écolo de l'Environnement sur un projet qui a quand même fait l'objet de 160 décisions de justice ».
Inquiet par le déclassement économique et le sentiment de dépossession identitaire, Bruno Retailleau projette son regard vers l'alternance de 2017 avec cette assurance que « les réformes se feront si les Français ne doutent plus d'eux-mêmes ».

« La gauche c'est un désastre mais nous voulons réussir ensemble en 2017 », convient Hervé Mariton, député de la Drôme pour qui la confiance ne peut s'acquérir que grâce aux résultats. « Le rétablissement de la confiance c'est la culture du résultat », résume-t-il, déclinant toutes les politiques qu'il faudra appliquer dès 2017 tant « l'heure est grave. Il sera bientôt trop tard pour résoudre les maux de la France », lance-t-il gravement.
Suppression des conseils économiques, sociaux et environnementaux (CESR), qu'ils soient national ou régionaux, suppression du statut de la fonction publique, pleine compétence du RSA par les départements, impôt universel et proportionnel, suppression de niches fiscales, abrogation de la loi RSU, abrogation de la loi Taubira…, Hervé Mariton apporte sa contribution « pour assurer le redressement de notre pays et porter le drapeau des libertés ».

Pour Nadine Morano, le constat de la politique de François Hollande est identique. « La France sortira de ce quinquennat abimée et meurtrie. La France est déclassée, attaquée sur ses valeurs, sur son socle fondateur, l'organisation territoriale s'est complexifiée », accuse la député européenne qui assigne un « objectif principal » à notre famille politique : « battre François Hollande dont la politique est si néfaste pour la France ».
« Quelle France laisserons-nous à nos enfants », interroge-t-elle, insistant sur les racines chrétiennes de la France qu'elle souhaite inscrire dans notre constitution.

Rêvant d'une « France décomplexée », Jean-François Copé, député-maire de Meaux tenait à fait part de son expérience de 20 mois de rencontres avec les Français. « Même si tout est organisé pour casser le moral de nos compatriotes, j'ai vu un pays qui va à la fois très mal et très bien », constate-t-il. « Les habitants en ont marre d'être pointés du doigt pour ce qu'ils sont, ce qu'ils font, marre d'être épiés, contrôlés, empêchés de faire. Notre pays veut retrouver sa souveraineté, ce qui ne veut pas dire qu'il est anti-européen, mais il veut retrouver sans rang après des réformes nécessaires.», analyse-t-il.

Comme tous les intervenants, 2016 est aux yeux de Jean-François Copé « une année importante pour nous car elle prépare 2017, l'année de la dernière chance si on veut enrayer le déclin ».
Alors, oui, il faut « profiter de 2016 pour porter le débat devant les Français en étant plus ambitieux dans l'annonce des résultats et plus humble dans l'annonce des mesures ». Plus humble, ce serait « 15 propositions pour déverrouiller le pays. Si bien qu'en septembre 2017, la France doit se consacrer à leur mise en œuvre et consacrer les quatre années suivantes à les appliquer ».

Henri Guaino est venu pour sa part dire ce qu'il avait « sur le cœur. Je regrette la disparition du RPR, d'un mouvement gaulliste qui se revendique comme tel », a-t-il confié estimant que le Gaullisme était « la grande exigence politique et morale de notre temps. Je crois à l'indépendance nationale et à la souveraineté du peuple et j'en ai assez qu'on les abîme »,a-t-il lancé, estimant que « l'effacement de l'idée gaulliste a mené à la radicalisation de la société et à la montée des extrêmes. »
Refusant que l'on dresse les catégories des Français les uns contre les autres, « ma famille c'est le Gaullisme national, humaniste tourné vers le grand large » ,a-t-il souligné.

« Nous ne gagnerons pas avec la prudence mais avec du courage », juge pour sa part Eric Ciotti, député, président du conseil départemental des Alpes maritimes, Secrétaire général-adjoint aux fédérations qui a remercié le président Nicolas Sarkozy « de porter l'espérance de l'alternance pour la France ».
Heureux du travail accompli lors de cette première journée du Conseil national, « il nous faut retrouver une ligne droite pour éviter la confusion, rester fidèle à nos valeurs fondatrices. Ma fierté est d'être de droite par rapport à une gauche qui a mis à genoux notre pays. Etre de droite, c'est de considérer que la France est une nation, une et indivisible », note Eric Ciotti pour qui « la France a besoin d'autorité »
Fustigeant un gouvernement « qui recule à Moirans ou sur l'A 1 », Eric Ciotti estime qu' « être de droite, c'est l'exigence de défendre notre identité, de garantir la permanence d'un mode de vie fidèle à notre passé et à notre culture. ». A ses yeux il est important dans le contexte actuel de défiance à nos valeurs de « réaffirmer le principe de la laïcité ». Et de proposer de rajouter le mot laïcité à la devise de la France, « une façon d'ériger une digue contre les fanatismes ».

Autant de contributions ajoutées à toutes celles des conseillers nationaux qui ont satisfait Isabelle Le Callennec, députée d'Ille-et-Villaine et vice-présidente des Républicains. « Nous nous sommes écoutés, exprimés et nous avons co-produit.
Nous renterons, dimanche, avec une feuille de route et une énergie décuplée », estime celle qui ne veut pas qu'on « laisse caricaturer le mandat du bilan d'avant ».
Réforme de la retraite, droits de succession, service minimum dans les services publics, réforme université, heures supplémentaires défiscalisées… « C'était le temps où la France comptait en Europe. Ce temps est révolu », déplore Isabelle Le Callennec qui a profité de sa présence à la tribune pour « accuser l'absence de courage de François Hollande et de son Gouvernement qui rechignent à défendre l'agriculture à Bruxelles ».
Et de stigmatiser « l'opposition systématique de la majorité à toutes nos propositions relançant la compétitivité de l'agriculture. Une proposition de loi a été votée au sénat. Elle a été rejeté par la majorité socialiste à l'Assemblée nationale », lance-t-elle, dépitée avant de donner rendez-vous, dimanche, pour la conclusion de ce Conseil national.

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