27 janvier 2018

Seul le prononcé fait foi

Et bien mes amis nous sommes là. Et vous êtes là. Et ce jour marque le premier jour de notre reconstruction. Le premier jour de ce long chemin qui doit permettre la renaissance de la droite française.

Nous avons connu la défaite, nous avons déçu et nous avons parfois écœuré. Certains sont partis et il ne faut pas avoir de rancœur contre eux. Tout était à terre mais petit à petit nous avons rebâti. Nous nous sommes battus aux législatives, nous avons gagné cher Gérard les sénatoriales, nous avons doucement, parfois trop doucement à mon goût, fait réentendre la voix de la droite et vous surtout vous avez été là, vous m'avez fait confiance, vous avez déjoué tous les pronostics sur la participation et lors de l'élection de décembre vous avez fait entendre la force des Républicains. Et je veux vous en remercier. Pour moi, c'était le plus beau des encouragements.

A partir d'aujourd'hui c'est une nouvelle page que nous commençons. Aujourd'hui nous tournons le dos aux erreurs du passé, aujourd'hui c'est une nouvelle droite qui commence. Et comme à chaque moment de notre histoire politique c'est avec vous les militants de ma famille politique, vous qui m'avez toujours tant donné, que je veux l'écrire.

Au moment où nous allons entreprendre ce grand défi, j'ai une pensée évidemment pour tous ceux qui ont incarné dans les épreuves la renaissance de notre famille politique. Ne l'oubliez jamais vous êtes les héritiers d'une grande histoire qui nous oblige, celle du Général de Gaulle qui n'a jamais renoncé et jamais dévié de son cap, celle de Georges Pompidou, l'homme qui conciliait les racines et la modernité, celle de Jacques Chirac le président qui aimait tant les territoires de la France et, bien sûr, et vous comprendrez, cher Brice, que j'ai une pensée toute particulière pour lui, Nicolas Sarkozy qui avait su redonner sa fierté à la droite. Je tiens aussi, cher Bruno, à rendre hommage à François Fillon. Les attaques contre lui ont été souvent indignes et je lui suis reconnaissant d'avoir porté avec force nos idées sans jamais chercher à acheter le calme en édulcorant son projet. Notre histoire c'est celle des grandes figures de notre famille, ces hommes et ces femmes qui avaient des convictions, du caractère et le verbe haut à l'image de Charles Pasqua ou de Philippe Seguin. Cette histoire c'est la vôtre Monsieur le Premier ministre, cher Edouard Balladur, qui avez tant œuvré pour le redressement économique de notre pays face à la politique de François Mitterrand. C'est pour moi la présence de Michèle Alliot-Marie dont l'attachement à la famille gaulliste n'a jamais vacillé. C'est Bernard Accoyer qui dans cette année terrible a tenu la barre.

Je n'oublie rien de ce passé parce qu'il fait notre force.

Mais je sais aussi que maintenant il nous appartient d'écrire une nouvelle histoire pour la droite.

Je vais vous dire ce que je pense.

Je pense profondément que de cette défaite peut sortir une renaissance. A condition que nous ayons tous les courages et toutes les audaces. Pendant trop longtemps, la droite s'est contentée d'être une « non gauche », voire même parfois une gauche au ralenti. Une droite gestionnaire au petit pied, trop souvent décevante, se contentant de débats étriqués dans lesquels elle assumait si peu de défendre ses valeurs. Et bien aujourd'hui ce n'est plus possible. Après nos terribles défaites, la droite doit repenser sa raison d'être, les ambigüités d'Emmanuel Macron nous obligent à repenser ce que nous sommes. Si certains politiques se sentent si impuissants face à la politique d'Emmanuel Macron c'est parce que pour eux être de droite n'était pas grand-chose. Ils se contentaient d'une droite comptable, d'une droite gestionnaire, d'une droite docile et soumise.

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Je connais trop cette tentation de la droite française qui cherche à acheter des brevets de respectabilité en se trahissant. « Regardez-moi je suis respectable puisque au fond je suis si peu de droite », tous ceux qui pensent que pour être moderne la droite doit regarder à gauche. Et bien je pense tout l'inverse. Je pense que la droite doit retrouver sa colonne vertébrale et c'est pour cela que je suis à vos côtés. Je veux vous rendre votre dignité. Nous sommes de droite et nous sommes fiers d'être de droite.

Après l'élection, bien des commentateurs avaient déjà fait les analyses, en disant Laurent Wauquiez mollira son discours ensuite, ne vous inquiétez pas, il mettra de l'eau dans son vin après l'élection, là pour l'instant ce sont des propos d'estrade. Et bien je leur dis que je n'ai pas changé et que je ne changerai pas. Il est si fréquent en politique de dire l'inverse de ce que l'on portait pendant l'élection. Je ne me livrerai pas à cette comédie. Mon cas est encore plus grave que ce qu'ils pensent, ce n'est pas une stratégie politique, c'est une conviction profonde chez moi, si la droite veut redresser le pays, elle doit aller au bout de ses convictions.

J'en connais le prix à payer, je connais les caricatures que la droite doit essuyer quand elle a l'audace de lever le regard, et je vois aussi tout ce qui est fait pour essayer de nous faire plier l'échine et je vois leur regard quand on refuse de se soumettre et de dire ce qu'ils voudraient entendre. Mais n'ayez pas peur, les coupures de presse sont celles qui cicatrisent le plus vite. Alors que ce soit dit une bonne fois pour toutes, je ne changerai pas. Je ne dévierai pas mon cap.

Mais pour rebâtir, il nous faut ouvrir les portes et les fenêtres. Nous avons voulu donner sa chance à une nouvelle génération, faire monter les talents de la droite trop souvent étouffés et je remercie de m'y avoir aidé Christian, qui fait partie de ceux qui ne tanguent jamais dans la tempête, et Bruno, qui fait partie de ceux qui donnent une vraie ossature à la droite. L'équipe qui m'entoure autour d'Annie Genevard a 40 ans, elle est pleine d'énergie et d'envie, ils aiment travailler ensemble. Et nous allons faire monter des jeunes députés, des jeunes maires, des militants.

Pour rebâtir, il va falloir aussi que nous reprenions le plaisir du débat. Car petit à petit, nous avons cessé de débattre. Il y avait une époque où les débats chez nous étaient vifs, mais ils se faisaient ensemble, le ton montait parfois mais le lendemain tout le monde était uni et surtout on ne pratiquait pas le jeu médiatique consistant à tirer contre son camp pour que les micros se tendent. Petit à petit, ce sont les rivalités de personnes qui ont remplacé les débats d'idées et ces rivalités nous ont tué parce que les Français nous ont sévèrement jugé.

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Jean, toi qui as accepté de t'engager et de prendre la présidence de notre Conseil National, tu appartiens à la sensibilité centriste, tu as toujours défendu tes idées et même quand tu étais minoritaire tu es resté dans la famille. Je me suis toujours battu pour cette liberté de parole. Souvenez-vous quand j'avais lancé le débat sur le RSA et les dérives de l'assistanat, souvenez-vous quand j'avais tiré les sonnettes d'alarme sur le fossé qui se creusait entre l'Europe et les peuples, souvenez-vous quand j'ai demandé que nous arrêtions de baisser la tête sur la question de notre identité. Il m'est arrivé d'essuyer les critiques des dirigeants de notre mouvement. Mais je n'ai jamais menacé de claquer la porte, je suis toujours resté au milieu de vous parce que c'est en débattant qu'on défend ses idées et qu'on porte ses convictions. On reste dans sa famille politique.

Je veillerai à ce que nous ayons des débats animés, à ce que vous ayez la parole pas seulement pour réagir mais aussi pour proposer. Je ne veux plus d'un parti qui soit structuré d'en haut et n'écoute pas la base. Ce débat il se fera dans le respect de chacune des sensibilités, je veux que Virginie Calmels, que Guillaume Peltier, que Damien Abad, que Valérie Pécresse, qu'Eric Ciotti puissent exprimer leurs idées en toute liberté.

Mais en revanche je le dis, je ne laisserai plus les petites chapelles et les querelles d'égos affaiblir notre famille politique. Je ne distribue pas de postes aux enchères pour acheter le silence des uns ou des autres. Je tends la main à chacun mais je leur demande de comprendre que le temps des écuries est révolu. Si l'on veut s'engager on le fait tous ensemble. Je veux que l'on retrouve le plaisir de l'engagement en commun.

Je veux surtout que chacun comprenne la mission qui est la nôtre. Tout le travail des marcheurs consiste à faire croire que si l'on n'est pas avec eux on est un archaïque, que si l'on ne pense pas comme eux on n'a rien compris à la marche du monde. Pour Emmanuel Macron, son gouvernement doit se tenir à l'abri des passions tristes et des gens qui ne sont rien, c'est-à-dire la voix de ses classes moyennes qui demandent juste à être respectées et qui ont trop souvent le sentiment d'être oubliées, qui sont préoccupées pour l'avenir de leurs enfants. Il est persuadé que le peuple n'est pas raisonnable, qu'on ne peut pas lui faire confiance. Mais que reste-t-il de la politique quand on se méfie du peuple ? Que reste-t-il de la démocratie quand on méprise la volonté du peuple ? Il voudrait nous faire croire qu'il y a un seul chemin, que le temps du débat est fini et que la France entière devrait se soumettre au seul choix qu'il propose, le seul qui serait raisonnable. C'est la voix des experts qui s'enferment dans leur tour d'ivoire et disent au reste du monde ce qui est bon pour lui. Non Monsieur Macron nous refusons de vous suivre quand vous expliquez qu'il n'y a pas de culture française, non nous ne sommes pas d'accord avec vous quand vous parlez des crimes contre l'humanité en Algérie, non nous ne vous suivrons jamais quand vous humiliez l'armée française, non Monsieur Macron nous n'acceptons pas la façon dont vous traitez les retraités français. Non, tous les Français ne sont pas obligés de se taire et d'applaudir. Il y a d'autres voix, d'autres chemins et c'est la démocratie. Ceux qui disent qu'il y a une seule solution mentent, ceux qui veulent imposer leur pensée unique nous conduisent à l'échec. J'aime cette phrase de Philippe Seguin « Il est temps de montrer aux Français qu'il y a plusieurs voix possibles, qu'ils ont le choix. Il est temps de leur montrer qu'on les mène vers une impasse et que l'espérance est ailleurs ». Nous les Républicains nous avons le devoir de recréer le débat et le choix.

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Mais nous le ferons sans jamais être sectaire parce que c'est l'honneur de notre famille d'avoir toujours mis l'intérêt de la France avant les clivages politiciens et nous le ferons en ne nous contentant pas de dénoncer mais en ayant le souci de mettre en avant des propositions.

Mes amis, nous devons pour cela forger le nouveau logiciel de la droite. Mon ambition est de reconquérir tous les terrains que nous avons abandonnés petit à petit aux censeurs du politiquement correct, la nation, l'immigration, les frontières, les classes moyennes mais aussi l'école, l'écologie, la culture, le social. Sur tous ces sujets cela fait trop longtemps que l'on recule. Et bien, c'est fini. Je veux que nous ayons l'audace de remettre à plat toutes nos idées car il y a des leçons à tirer de nos échecs.

La droite doit assumer un discours courageux dans la lutte contre le gaspillage de l'argent public. Les Français sont las des politiques qui font de grandes promesses, n'ont pas le courage des économies et demandent ensuite aux Français de financer par des hausses d'impôts sans fin Monsieur Macron ne fait pas d'économies sur la dépense publique, cette année elle augmentera de 7 milliards d'euros. Il avait promis de baisser de 120 000 fonctionnaires pendant son quinquennat. Il baisse cette année de 324 le nombre de fonctionnaires sur le périmètre des ministères. A ce rythme Eric il lui faudra plus d'un siècle pour tenir promesse. On lui souhaite longue vie mais il n'est pas exclu qu'on l'arrête avant. Le résultat c'est qu'à l'arrivée il augmente la CSG de 23 milliards d'euros et que les Français payent les conséquences de son incapacité à réformer l'Etat, 8 impôts nouveaux en 8 mois !

Mais nous mes amis nous devons nous astreindre à un devoir. Les Français ne peuvent pas comprendre qu'on leur demande des efforts sur le gaspillage de l'argent public et qu' « en même temps » on leur propose d'augmenter les impôts. La droite ne doit plus présenter de programme d'augmentation d'impôt. Dans un pays qui a le record du monde des prélèvements et des charges, je refuse que ma famille politique contribue à cette folie. Nous avions dans notre programme la hausse de la TVA, la droite que je veux refonder doit s'engager à ne plus porter de programme avec des augmentations d'impôts parce que cela a tué notre crédibilité. Ce devoir je me l'applique à moi-même car je veux que l'on puisse nous juger sur nos actes et pas seulement sur nos discours. Ma région Auvergne-Rhône-Alpes est la première région de France pour ses économies sur la dépense de fonctionnement et à l'image de toutes les régions de droite nous n'avons pas augmenté un seul impôt. La nouvelle droite c'est un engagement clair aucune augmentation d'impôt.

Il faudra avoir le courage de porter les débats indispensables, tous ceux qu'Emmanuel Macron n'aborde pas. Oui, il faut sortir des 35 heures parce que la France ne pourra défendre ses emplois en travaillant toujours moins que les autres pays. Et je demande au gouvernement où est passée la promesse de la défiscalisation des heures supplémentaires si vite oubliée. Oui, il faut que nous portions une réforme ambitieuse des régimes de retraite et la seule réforme qui vaille c'est celle qui mettra définitivement à égalité les retraites du public et du privé et supprimera tous les régimes spéciaux de retraite.

C'est pour cela Monsieur Macron que je n'accepte pas la façon dont vous parlez des retraités. Les retraités sont les premières victimes de vos augmentations d'impôts. Ce n'est pas juste. 40% des cadeaux fiscaux vont au 5% des plus riches et dans le même temps on augmente la CSG sur les retraités, ce n'est pas juste ! Vous aviez dit que seuls les retraités aisés payeraient plus. Et bien un couple de retraités chez moi en Haute-Loire qui viennent de prendre leur retraite et qui ont chacun une retraite de mille euros ont fait leurs calculs ils vont connaître une augmentation de CSG qui leur fera perdre 450 euros par an, avec une retraite de mille euros ! Est-ce cela ce que vous appelez les retraités aisés ? Non Monsieur Macron les retraités ne sont pas des privilégiés, ils ont souvent travaillé plus que nous et dans des conditions difficiles, ils n'ont pas volé leur retraite, je n'accepte pas la façon dont vous traitez les retraités de France.

Je veux aussi que nous mettions fin à tous ces doublons administratifs qui coûtent si chers à notre pays. Mais en revanche mes amis je refuserai toujours que notre famille politique porte un programme de démantèlement de l'assurance maladie car je crois à la droite sociale. Je crois que dans ce qui fait la grandeur de la France il y a aussi le fait d'offrir le même accès aux soins que l'on soit riche ou que l'on soit modeste. De la même manière et vous savez l'importance que j'y attache je veux que notre famille porte les thèmes du handicap parce qu'on ne fait pas assez pour les familles handicapées et notamment pour ses parents qui grandissent en âge et sont rongés par l'inquiétude en se demandant qui s'occupera de mon fils ou de ma fille quand je ne serai plus là. Notre famille s'est toujours battue pour le handicap.

Mais notre vision du social doit aussi se battre pour remettre de la justice. Ce n'est pas un mot qui appartient à la gauche. Je veux que nous tendions la main à ceux qui en ont vraiment besoin mais j'en ai assez que nous fermions les yeux sur ceux qui abusent du système. Dans bien des cas, celui qui reprend un travail en France ne gagne pas plus que s'il cumulait les prestations sociales. Cela ne plait pas quand on le dit, et bien je le dis car c'est la vérité. Les classes moyennes sont trop souvent les oubliés de notre système social. Ceux qui respectent les règles mais qui en ont assez d'avoir le sentiment de devoir toujours payer et de n'avoir jamais droit à rien. On ne peut pas accepter que le gouvernement remette en cause la politique familiale et que dans le même temps on offre l'accès gratuit à notre système de solidarité à des étrangers qui n'ont même jamais cotisé sur le sol français. Ce n'est pas juste.

Je souhaite aussi que nous prenions le temps de réfléchir à notre approche de l'économie chère Virginie. Je suis pour les libertés à l'intérieur. J'en ai assez que tous ceux qui entreprennent, créent de l'emploi, travaillent, prennent des risques soient assommés de charges, de normes et de contrôles administratifs. Nous devons redonner de l'oxygène et de la compétitivité à notre économie. Mais à l'inverse je ne veux pas que nous soyons naïfs dans notre approche de la mondialisation. Comment comprendre que la Chine puisse accéder à tous nos marchés publics alors que leurs propres marchés publics nous sont fermés. Je réclame que l'on défende mieux les intérêts de notre pays, que l'on soit ouvert avec ceux qui sont ouverts mais que l'on soit fermé avec ceux qui ferment leur économie. Plus de liberté à l'intérieur, plus de protection à l'extérieur. Tous les pays au monde font cela. Le Japon se protège, les Etats-Unis favorisent leurs entreprises et nous serions la seule zone économique au monde à ne pas donner la préférence à nos entreprises. Nicolas Sarkozy avait sauvé Alstom, Emmanuel Macron l'a bradé en le vendant aux Allemands. Et bien pour nous, le patriotisme économique ce n'est un gros mot.

Il y a une époque où l'Europe défendait la préférence communautaire. Pourquoi avons-nous renoncé ? Je ne crains pas le débat sur l'Europe. Certains voudraient nous faire croire que le débat serait uniquement entre les pro et les anti-Europe. À ma droite, Marine Le Pen qui nous propose le repli derrière la palissade du village gaulois et le retour à une monnaie nationale. Une folie au moment où la France doit affronter la compétition mondiale. À ma gauche, Emmanuel Macron qui lui propose toujours plus de ce qui ne marche pas : plus de commission européenne, plus de normes, plus d'impôts, plus d'élargissement. Je suis pour l'Europe mais c'est parce que je suis pour l'Europe que je veux qu'elle change. Nous aurons à combattre deux dangers, d'une part la sortie de l'Europe et d'autre part la fuite en avant vers toujours plus de ce que les peuples ont rejeté. Il faut renforcer Erasmus et il faut une Europe de la recherche qui soit capable de trouver un vaccin contre Alzheimer. Mais à l'inverse je demande que pour l'immigration on retrouve notre souveraineté dans la maîtrise de nos frontières, parce que Schengen ça ne marche pas. Nous aurons de vrais débats. M Macron veut l'élargissement de l'Europe aux pays des Balkans, l'Albanie, la Bosnie Herzegovine, la Serbie, la Macédoine …Nous nous dirons clairement que si l'on vote pour nous il n'y aura aucun nouvel élargissement de l'Europe, aucun ! Monsieur Macron veut faire entrer la Roumanie et la Bulgarie dans Schengen, nous le refuserons catégoriquement. Je demande que, comme Edouard Balladur l'avait proposé, nous réfléchissions à une Europe des cercles parce qu'on ne peut que constater que l'Europe à 28 ne fonctionne plus. Nous proposerons de reconstruire l'Europe autour d'un noyau dur à 12.

Je veux enfin que nous reprenions à notre compte les enjeux de demain. Il est plus que temps de faire émerger une écologie de droite. On ne peut continuer à laisser les thèmes de l'écologie à quelques ayatollahs qui ne fonctionnement que par interdits, fermeture et normes administratives. Il y a un espace pour une écologie par le projet, par l'innovation, une écologie qui croit que l'on peut créer de l'emploi tout en protégeant notre environnement, une écologie qui défende les valeurs profondes qui sont les nôtres, celles des terroirs, celles de la transmission, celles de l'appartenance à une maison commune avec ses paysages, sa nature et sa fragilité, ce qui fait que chaque petit bout de France nous émeut. L'écologie de l'enracinement, cet enracinement dont parlait si bien la philosophe Simone Weil. « Les racines, disait-elle, il faut retrouver ce sentiment de tendresse poignante pour une chose belle, précieuse, fragile et périssable. Il faut donner quelque chose à aimer et ce quelque chose ce doit être la France ».

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Notre écologie passe aussi par la défense des territoires, tous les territoires, cette France dédaignée par Emmanuel Macron, cette France des départements, des petites villes, cette France des maires auxquels il a tourné le dos, cette France dans laquelle il n'investit plus. Nous avons le devoir de tenir cette promesse de la République qui porte le rayonnement de Paris mais qui veille aussi à ce qu'il n'y ait pas de territoires oubliés.

Alors oui, je refuse de laisser le monopole du social à la gauche, mais de la même façon, je refuse de laisser le monopole de l'immigration ou de la sécurité à l'extrême droite. Vous avez vu la façon dont on cherche à nous faire taire sur ces sujets. Cela fait trop longtemps que nous avons pris l'habitude de nous cacher ou de dire à moitié pour ne fâcher personne. Ce sont des thèmes qu'il ne faudrait aborder qu'avec un luxe infini de précaution de crainte de se faire bruler sur place publique avec une condamnation immédiate pour excommunication.

Et pourtant, et pourtant, jamais il n'a été aussi important de se battre pour que la France prenne la mesure du défi.

Alors je le dis avec fermeté. Emmanuel Macron capitule face à l'insécurité. Le gouvernement a sous-estimé ces sujets et aujourd'hui c'est la réalité qui lui saute au visage. Celle de la caserne de gendarmerie incendiée à Grenoble, celle des pompiers caillassés au moment de la Saint-Silvestre, celle des policiers attaqués à Champigny, celle des gardiens de prisons confrontés à la radicalisation. Les derniers chiffres de la délinquance, cher Eric, sont alarmants avec notamment une explosion des attaques contre les forces de l'ordre. Chaque jour en France, ce sont 90 agressions contre des gendarmes, des policiers, des gardiens de prison, souvent avec des armes à feu. C'est cela aujourd'hui la réalité de l'insécurité dans notre pays. Et cette réalité s'explique par une évidence : il n'y a plus d'autorité, il n'y a plus de crainte, il n'y a plus de respect. Aujourd'hui ce sont les voyous qui imposent leur loi, et ils le font parce qu'ils savent qu'en France on est rarement poursuivi, encore plus rarement condamné et que les peines sont encore moins souvent exécutés. Les chiffres sont terribles. Il y a 70 000 détenus en France et 100 000 peines non exécutées ou en cours d'exécution. Autrement dit, il y a plus de condamnés en liberté en France que de condamnés en prison. La réalité c'est que même quand un policier est attaqué, il hésite à se défendre parce qu'il sait que s'il sort son arme c'est lui qui sera ensuite mis en cause et devra se justifier devant la justice.

Et que fait le gouvernement ? Rien. J'accuse Emmanuel Macron d'avoir gravement sous-estimé les sujets de sécurité depuis son élection. Et comment d'ailleurs un gouvernement qui a cédé devant une poignée de zadistes à Notre-Dame-des -Landes pourrait-il être crédible dans la lutte contre la délinquance ? L'autorité n'est pas une valeur en marche. Ils n'ont rien changé aux lois Taubira, le Ministre de l'Intérieur nous fait perdre du temps avec sa police de sécurité du quotidien au lieu de s'occuper de la sécurité quotidienne des policiers, ils n'ont porté aucune loi pour renforcer les peines, ils ont réduit de façon absurde leur programme de construction de places de prison, la Garde des Sceaux, chère Rachida, parle d'aménagements de peines. Elle veut moins de peines de prison, nous nous voulons plus de places de prison. Ils sont dans une culture du laxisme.

Il nous appartient de porter des propositions précises. Nous demandons l'abaissement de la majorité pénale pour répondre à la violence d'une délinquance de plus en plus précoce. Nous demandons en urgence la construction de 15 000 nouvelles places de prisons dans les quatre ans qui viennent conformément aux engagements qui avaient été pris. Nous proposons avec force l'instauration de peines planchers pour tous ceux qui s'en prennent aux forces de l'ordre. Je ne comprends pas pourquoi le gouvernement refuse cette mesure de bon sens. Il est temps mes amis que la peur change de camp, il faut qu'ils sachent que quand on s'en prend à nos forces de l'ordre on est condamné et à des peines lourdes.

Que nos policiers, nos gendarmes, nos gardiens de prison sachent qu'ils trouveront toujours dans notre famille politique un soutien, parce que chez nous on ne se trompe pas, un délinquant ce n'est pas une victime de l'oppression sociale c'est un délinquant et quand il a commis un délit sa place est en prison.

Je voudrais enfin mes amis finir par la question de l'immigration. Il faut que vous sachiez qu'en 2017 notre pays a délivré 260 000 titres de séjour et je ne parle que des étrangers en situation régulière. Autant que la ville de Bordeaux. C'est un record, jamais depuis 40 ans notre pays n'avait accepté autant d'immigrés en une année. Et pourtant notre situation n'a rien à voir avec celle des années 70. Notre chômage, notre situation économique et surtout les difficultés de l'intégration et la montée de l'intégrisme islamique devraient nous conduire à ce constat évident : il y a trop d'immigration en France et il est urgent de réduire drastiquement l'immigration. Les mesures envisagées en matière de droit d'asile ne sont absolument pas à la hauteur du défi.
Je propose que nous remettions à plat la totalité de notre politique migratoire. Aujourd'hui plus aucun de ces outils ne fonctionne. Nous donnons parfois la nationalité à des personnes qui ne maîtrisent même pas notre langue, nous ne reconduisons plus à la frontière les étrangers qui ont été déboutés du droit d'asile … Cela ne marche plus.

Il faut ouvrir sans tabou le débat. Les Français ont droit à ce débat. Cela fait trop longtemps que notre pays accueille chaque année plus d'étrangers sans que nous nous interrogions sur nos capacités d'accueil. Le regroupement familial, les quotas pour l'immigration choisie, le nombre d'étudiants étrangers, le droit du sol, le code de la nationalité … sur tous ces sujets notre famille politique doit être celle qui aura le courage d'ouvrir le débat.

Ce n'est pas aux passeurs de décider de qui rentre en France, c'est aux Français de décider de qui ils veulent ou non accueillir.

Alors oui mes amis tout commence, il nous faudra du courage, il faudra du temps, il ne faudra pas plier face aux attaques.

Au moment où nous allons entamer ce grand défi, je vous demande d'avoir confiance, ne doutez-pas, portez en vous cette phrase du poète Yves Bonnefoy que j'aime tant : « Aimez cette heure, mes amis, où se dénouent les signes, c'est presque l'aube », oui c'est l'aube pour les Républicains.

Mes amis, je veux sortir la politique du double langage. Je crois que si notre pays a tant de difficultés c'est parce que depuis beaucoup trop longtemps les politiques ont pris l'habitude de vouloir tout concilier, de ne pas assumer de choix, de chercher à plaire à chacun, que cette politique-là ne dit plus rien et qu'elle ne fait plus rien. C'est la politique du « en même temps » ; c'est la politique qui prétend changer le code du travail mais qui veut le faire avec les sourires des syndicats ; c'est la politique qui prétend réformer l'Etat mais qui laisse filer la dépense publique, c'est la politique qui supprime la taxe d'habitation mais qui en réalité augmente la CSG, c'est la politique qui pour l'immigration prétend faire de la fermeté et de l'humanité et qui ne fait ni l'un ni l'autre. Cette politique n'a rien de neuf, c'est la politique des non-choix, c'est la politique de l'ambigüité permanente. Elle peut plaire un temps mais je suis convaincu qu'elle se conclura par de lourdes déceptions, parce que faute de courage elle ne va jamais au bout des choix qui s'imposent. Lincoln le disait si bien, « on peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps ». Monsieur Macron, on ne dupe pas la France sur la durée.

Et bien moi je vous invite à cette politique des convictions, je vous invite à cette politique du courage, je vous invite à cette politique qu'attendent les Français parce qu'elle seule dit à voix haute ce que trop d'élus ne veulent plus voir.

Mes amis je vous invite à la seule politique qui redonnera à notre pays ses valeurs. Je vous invite à sonner le réveil de la France.

Vive la République et vive la France

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