31 juillet 2018

Président du groupe "les Républicains" à l'Assemblée nationale, Christian Jacob en est persuadé : « cette affaire (Benalla) ne fait que commencer et va laisser des traces profondes, politiques et morales » en raison, notamment, de « zones d'ombre, des contradictions, des mensonges d'un grand nombre de protagonistes et de M. Macron lui-même... ».

Et si Christian Jacob a déposé, vendredi dernier, une motion de censure au nom du groupe des députés "les Républicains», c'est parce que jamais, depuis que l'affaire a éclaté, le Gouvernement ne s'est expliqué, notamment pendant les 4 jours de la semaine dernière, où « la majorité était tétanisée, et absente ».

En défendant ce mardi la motion de censure des Républicains à l'Assemblée nationale, Christian Jacob, après avoir rappelé les faits et « privilèges » d'un « faux policier, auteur d'actes graves », estime que cette motion « pose la question de la séparation des pouvoirs entre un président de la République surpuissant et un Gouvernement qui a abdiqué ses pouvoirs ».

S'étonnant que le « secret » de cette affaire ait été gardé jusqu'à sa publication dans le journal Le Monde, Christian Jacob a d'abord pourfendu le « deux poids-deux mesures » et « un régime de faveurs décidé par Emmanuel Macron lui-même ». Dans le viseur du patron des députés "les Républicains", la "sanction" infligée au proche collaborateur d'Emmanuel Macron. « Alexandre Benalla a été durement sanctionné ! La plus lourde sanction d'un membre de cabinet de l'Élysée jamais reçue ! Quinze jours de mise à pied dont on sait qu'ils n'ont jamais été appliqués », ironise Christian Jacob. « Des mêmes faits pour un gardien de la paix, cela aurait été au minimum six mois de sanction », compare Christian Jacob assurant combien cette affaire avait troublé les gendarmes, policiers, fonctionnaires. « La vie est belle à l'Élysée. Dans la République exemplaire les sanctions sont factices et imaginaires », cingle Christian Jacob pour qui cette affaire n'est que « turpitude, honte et indignité » et qui n'oublie pas de comparer cette sanction élyséenne au « limogeage honteux », en juillet 2017, du général de Villiers pour une parole malheureuse.

Le député "les Républicains" de Seine-et-Marne estime que ce « scandale est celui du chef de l'Etat qui a protégé un homme qui lui a rendu service. Emmanuel Macron est le président de la République, le chef de l'État. Sa fonction l'oblige. Sa sécurité n'est pas la sienne, elle relève de la Nation et plus particulièrement du ministre de l'Intérieur » qui, selon Christian Jacob, a « failli ».

« Votre Gouvernement et votre ministre de l'Intérieur n'ont pas eu le cran de dire stop à une terrible dérive. Votre ministre de l'Intérieur a failli. Il a perdu beaucoup de son crédit au sein de l'institution policière qu'il a été incapable de défendre depuis le début de cette affaire », juge encore Christian Jacob qui a profité de son intervention pour demander officiellement à ce que « la sécurité du président de la République soit désormais définie par la loi. La présidence n'est pas au-dessus des lois », estime-t-il.
Jugeant que « l'éclosion d'une police parallèle au service de l'Elysée n'a pu se produire qu'avec le soutien du président de la République », Christian Jacob relève que « les Français constatent aujourd'hui – et c'est une trahison pour eux - que la République des copinages malsains n'est pas ici, elle est de l'autre côté de la Seine, elle est à l'Élysée».

De cette séquence marquée par tant de turpitudes de la part de l'exécutif, le président des députés "les Républicains" retient que « l'opposition a été à la hauteur de ses responsabilités. Sans la pugnacité de l'opposition la commission d'enquête n'aurait pas vu le jour et les auditions se seraient tenues à huis clos. Sans notre combativité, la majorité aurait poursuivi l'examen de la révision constitutionnelle comme si de rien n'était ».

Considérant « urgent de résister à la tendance d'un pouvoir technocratique », Christian Jacob a assuré que "les Républicains" « ne courberont pas l'échine face à ce projet de révision constitutionnelle qui a été ajourné et que vous seriez bien inspiré d'abandonner».

Parce que « le Gouvernement, qui est celui d'Emmanuel Macron, a failli par faiblesse, par lâcheté, il mérite donc la censure des députés qui, en conscience, pensent que la responsabilité du Gouvernement est engagé », a conclu Christian Jacob.

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