Christian Jacob au Figaro : « Nous devons parler de tous les sujets à tous les Français »

Publié le 17/10/2019

Le nouveau président de LR ambitionne de porter la droite en tête des élections municipales de mars 2020.

Vous prenez la tête de LR à un moment compliqué pour la droite. Votre présidence est-elle celle de la dernière chance ?

La dernière chance n'existe pas en politique. J'ai proposé durant ma campagne un chemin de rassemblement, de réconciliation et de refondation de notre mouvement. Tout ne se fera pas par un claquement de doigts mais cette campagne m'a conforté sur les très fortes attentes des militants et des Français.

Comment allez-vous rendre plus lisible la ligne politique du parti ?

Cela a été réglé dans la plus grande clarté avec mon élection. Les résultats du premier tour comme le taux de participation montrent que les choses ont été tranchées nettement par les militants dans un message d'unité et d'incarnation des valeurs de la droite. Ces valeurs ne sont pas un morceau d'une droite qui se recroquevillerait sur elle-même, mais un tout. Elles comprennent l'autorité de l'État, la lutte contre le délitement de notre cohésion nationale menacée par le communautarisme et l'immigration incontrôlée. Nos valeurs, c'est aussi la liberté d'entreprendre, le travail qui nécessite des grandes réformes économiques et sociales et c'est enfin les questions qui touchent à la solidarité nationale, avec notamment la politique familiale, le handicap ou encore la dépendance. Notre vocation c'est d'être capable de parler de tous les sujets à tous les Français.

Ambitionnez-vous de faire revenir à LR ceux qui s'en sont éloignés ?

Des militants et des Français, bien sûr. Si on répond à leurs attentes sur le fond, je ne suis pas inquiet, ils reviendront. La réalité des renouvellements aujourd'hui nous situe à moins de 70.000 adhérents. Il faut stopper cette hémorragie puis rebondir en 2020. Nous verrons où nous en sommes dans un an. Mais je n'irai pas à la pêche aux personnalités. Je ne ferai pas la danse du ventre devant qui que ce soit. Les échéances arrivant, peut-être que certains se diront qu'ils sont mieux à l'intérieur qu'à l'extérieur.

Comment gagner la confiance des jeunes qui ne votent pas LR ?

Je ne me résous pas à ce que la jeunesse ne nous considère pas. Je suis le seul dirigeant politique ayant présidé une grande organisation de jeunesse et j'y suis attaché (CNJA, jeunes agriculteurs, NDLR). La réalité est que les jeunes n'ont pas voté pour nous parce que nous avons zéro attractivité. Je vais confier une mission à l'équipe dirigeante : celle de créer un vrai grand mouvement de jeunesse au sein de LR. Avec une gestion, un budget, une gouvernance et des actions autonomes. L'objectif clair de ce grand mouvement de jeunesse sera l'organisation d'un grand rassemblement dans un an pour porter une nouvelle image des Républicains.

Quel est votre calendrier ?

Je veux aller vite. Dès la semaine prochaine, nous annoncerons l'équipe dirigeante et nous réunirons le bureau politique, puis l'ensemble des députés et sénateurs. Nous organiserons un conseil national avant la fin de l'année, sans doute début décembre au moment où toutes les investitures des municipales seront bouclées. L'élection pour la présidence du groupe à l'Assemblée nationale aura lieu début novembre. C'est ma feuille de route.

Julien Aubert et Guillaume Larrivé seront-ils intégrés dans la prochaine direction ?

J'ai toujours très bien travaillé avec l'un et l'autre. Nous nous sommes vus longuement. Ils m'ont dit ne pas être à la recherche d'un titre. Ils intégreront les instances décisionnelles : le bureau politique, la CNI et le comité stratégique.

Et François Baroin ?

Oui. Vous connaissez mes liens d'amitié étroits avec François Baroin. Je vais mettre en place un comité stratégique restreint. François en fera bien évidemment partie tout en étant présent au sein du bureau politique.

Quels messages la nouvelle direction doit-elle transmettre ?

L'ancrage sur les territoires, via l'intégration d'élus territoriaux dans l'équipe, est une priorité. Notre fonctionnement doit incarner une déconcentration. La vie militante de notre famille politique doit se déparisianniser. Je veux m'appuyer sur les régions pour organiser un système de conventions, de formations pour une proximité plus importante. Le deuxième socle consiste à renouer avec le monde professionnel car nous nous sommes déconnectés de la société civile. Nous devons ouvrir les portes et les fenêtres en organisant des forums professionnels par secteurs d'activité.

Quel doit être le profil de votre successeur à la tête du groupe LR de l'Assemblée nationale ?

Il est normal qu'il y ait plusieurs candidats. Il faut un rassembleur pour le Groupe et un combattant pour faire face à la majorité. Je fais confiance à mes collègues. Leur choix sera le bon.

Pensez-vous être en tête aux municipales ? Et comment régler les investitures épineuses ?

Je veux prendre le temps de rencontrer tous les acteurs mais les choses doivent avancer rapidement. Notre objectif est de rester majoritaires. La crédibilité dans les territoires, c'est nous qui l'incarnons. Je suis confiant.

La laïcité divise de nouveau la majorité. Faut-il une nouvelle fois légiférer ?

Le voile doit être prohibé sur l'ensemble du temps scolaire. Pas seulement dans les murs de l'école. C'est une règle qui devrait être claire, nette et sans ambiguïté. Je rappelle que la droite avait su prendre ses responsabilités pour interdire le voile à l'école et la burqa. Nous n'avons plus de niche parlementaire pour porter la proposition de loi d'Éric Ciotti mais si En marche veut la reprendre, nous ne ferons pas valoir nos droits d'auteur.

Quand Emmanuel Macron appelle à combattre l'hydre islamiste, vous le soutenez ?

À chaque fois qu'il prononce un discours, il est persuadé de faire une réforme. Mais où sont les décisions ? Sur le régalien, rien n'a été fait. On est sur la ligne Taubira, peut-être même en pire. Sur le communautarisme, l'immigration et la laïcité, le président est dans l'ambiguïté. Le débat organisé à l'Assemblée sur l'immigration a été un bon exemple : un teasing pendant quinze jours qui n'a abouti à aucun vote. « Dormez braves gens, le président s'en est saisi... » Il est urgent que le président de la République et son gouvernement sortent de l'immobilisme.

Après le rejet de la candidature de Sylvie Goulard à la Commission européenne, Emmanuel Macron serait-il bien inspiré de choisir Michel Barnier ?

Ses qualités sont indiscutables. A-t-il envie de redevenir commissaire européen ? C'est à lui d'y répondre. Le rejet de Sylvie Goulard est une claque terrible pour le président. J'espère que ça pourra lui servir de leçon mais j'en doute. C'est cette même arrogance qui l'a conduit à limoger un grand chef militaire comme le général de Villiers, à soutenir de façon inconsidérée Alexandre Benalla, à considérer qu'il existe des gens qui réussissent et d'autres qui ne sont rien. Un peu d'humilité Monsieur le président !

Nicolas Sarkozy affiche une certaine proximité avec le chef de l'État,cela ne crée-t-il pas une incompréhension chez vos sympathisants ?

On ne peut pas regarder Nicolas Sarkozy comme l'ancien président de l'UMP puis de LR. Il faut le voir comme l'ancien président de la République. Dans ce cadre, il est normal qu'il puisse avoir des relations avec le chef de l'État en exercice, quel qu'il soit. Ces relations républicaines sont dans l'ordre logique des choses.

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Exigeons 5h d'activités d'intérêt général par semaine en contrepartie du RSA !

Il y a huit ans, Laurent Wauquiez fut l'un des premiers à dénoncer les dérives de l'assistanat et à proposer l'instauration de contreparties au versement du RSA. Huit ans plus tard, Edouard Philippe a évoqué cette idée. Idée immédiatement rejetée par son propre gouvernement...
Nous croyons à la politique sociale par le travail, pas à la politique sociale par l'assistanat ! L'un des grands maux de notre pays est d'enfermer dans l'assistanat de trop nombreux Français en ne valorisant pas assez la reprise d'un travail.
Nous demandons que soit modifiée la loi pour conditionner à au moins 5h d'activités d'intérêt général par semaine le versement du RSA.

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