Bruno Retailleau : « Je crains que le grand débat escamote le débat sur les élections européennes »

Publié le 12/03/2019

Bruno Retailleau craint qu'Emmanuel Macron utilise le grand débat comme stratégie politique pour escamoter le débat sur les élections européennes. Il est également stupéfait qu'Emmanuel Macron veuille saisir le Conseil constitutionnel pour qu'il tranche sur le projet de loi anti-casseurs présenté par son propre Premier ministre et son gouvernement.

« Les bras m'en tombent ! » Président du groupe les Républicains au Sénat, Bruno Retailleau, invité ce mardi matin de Sud Radio, a marqué sa stupéfaction après avoir appris qu'Emmanuel Macron allait faire appel au Conseil constitutionnel pour qu'il donne son avis sur le projet de loi anti-casseurs adopté en première lecture à l'Assemblée nationale et qui va être débattu cette semaine au Sénat. « En fait, Emmanuel Macron en appelle au Conseil constitutionnel pour qu'il tranche de ce qu'ont décidé son gouvernement et sa propre majorité. En 60 ans de Vème République, c'est la seconde fois seulement que cela arrive ! », remarque, stupéfait, le sénateur de la Vendée qui y voit là « un manque de confiance vis-à-vis de son Premier ministre et de son gouvernement ». Mais également une marque du "en même temps" d'Emmanuel Macron « qui dit un jour noir et le lendemain blanc ». « Il fallait à la fois séduire l'électorat de droite en reprenant notre texte parce que l'État a eu de la peine à affirmer son autorité pour faire respecter la paix et le calme et à la fois ne pas laisser la gauche le soin de saisir le Conseil constitutionnel », constate Bruno Retailleau qui rappelle la genèse de ce texte qui fut d'abord une proposition de loi des Républicains avant qu'elle ne soit reprise par l'exécutif.

Après les manifestations violentes de Nantes et Rennes sur le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes puis de celle du 1er mai à Paris, « nous voulions faire en sorte de préserver le droit de manifester pacifiquement et de mettre hors d'état de nuire ceux qui dénaturent le droit de manifester », explique celui qui est l'auteur de la proposition de loi initiale.

Alors que ce texte va être débattu cette semaine au Sénat, Bruno Retailleau souhaite que la Haute assemblée « vote conforme ce texte avant son retour à l'Assemblée nationale sinon il n'y aura plus de texte », craint le président du groupe les Républicains au Sénat exprimant le sentiment des Français qui « en ont marre de cette violence, de ce désordre. Nous étions proches de l'émeute et de l'insurrection en décembre. Peut-on laisser le droit constitutionnel de manifester être dévoyé par ces casseurs qui pillent et qui propagent la haine de la République ? », interroge Bruno Retailleau qui « ne confond pas gilets jaunes et cagoules noires ».

Et à propos des gilets jaunes, le sénateur de la Vendée remarque que ce mouvement « a remis en scène Emmanuel Macron » à l'occasion du grand débat national qu'il considère comme une « stratégie politicienne ». S'il constate qu'Emmanuel Macron en profite pour « se mettre en scène, monopoliser énormément la parole publique, focaliser l'ensemble des médias », Bruno Retailleau craint cependant qu'en « étirant cette période, cela conduise à escamoter la campagne européenne ». 

« On a déjà escamoté la campagne présidentielle de 2017 et ce grand débat risque de mordre sur la campagne des européennes qui est très importante car l'Europe a rendu avec son histoire. Ou l'Europe change ou l'Europe meurt. Mais faudrait-il encore argumenter. Et je crains que cela soit très difficile si l'on étire cette période », estime le sénateur les Républicains de la Vendée particulièrement enthousiasmé par le trio de tête de la liste des Républicains formé de François-Xavier Bellamy, Agnès Evren et Arnaud Danjean.

Fustigeant la volonté de Marine Le Pen qui « veut la France sans l'Europe » et celle d'Emanuel Macron qui « veut l'Europe sans la France, une Europe fédérale, très technocratique », Bruno Retailleau dénonce également la vision d'Emmanuel Macron qui, dans lettre aux Européens, propose de nouvelles technostructures. « Nous, les Républicains, nous souhaitons une Europe qui fonctionne, qui protège les Européens et les Français avec des vraies frontières contre le choc migratoire, avec des dispositifs commerciaux qui protègent nos emplois. C'est fondamental », estime Bruno Retailleau.

« Défavorable au référendum d'initiative citoyenne (RIC) qui est la démocratie radicale qui au bout du bout tuera la démocratie et c'est ce que veulent ceux qui se situent à l'extrême du paysage politique », Bruno Retailleau est par contre favorable aux autres formes de référendums. Les référendums d'initiative partagée « à condition de déverrouiller les critères pour le rendre plus accessible ». Ainsi que les référendums locaux « à condition qu'ils soient prescriptifs et non, comme à Notre-Dame-des-Landes, où l'on a fait l'inverse du résultat de la consultation publique ».

Interrogé sur la situation algérienne, le président du groupe les Républicains au Sénat insiste sur l'attitude de la France qui « doit être prudente car la situation est incertaine ». « Il y a un immense paradoxe algérien : on a affaire à un pays riche mais dont une grande partie de la population est dans la misère parce que le FLN a confisqué l'État », souligne Bruno Retailleau notant que « le peuple algérien avec beaucoup de maîtrise et dans la concorde souhaite reprendre son destin en main. Mais c'est une première étape », observe-t-il. « Il faudra une conférence nationale, une nouvelle constitution, un référendum puis de nouvelles élections présidentielles. Il y en a au moins pour un an. Attention également aux islamistes qui sont sans doute en embuscade. Si jamais cette situation venait à déraper, il faudrait craindre un afflux d'Algériens sur le territoire national », prévient Bruno Retailleau pour qui la situation algérienne « concerne au premier chef la France ».
 

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Exigeons 5h d'activités d'intérêt général par semaine en contrepartie du RSA !

Il y a huit ans, Laurent Wauquiez fut l'un des premiers à dénoncer les dérives de l'assistanat et à proposer l'instauration de contreparties au versement du RSA. Huit ans plus tard, Edouard Philippe a évoqué cette idée. Idée immédiatement rejetée par son propre gouvernement...
Nous croyons à la politique sociale par le travail, pas à la politique sociale par l'assistanat ! L'un des grands maux de notre pays est d'enfermer dans l'assistanat de trop nombreux Français en ne valorisant pas assez la reprise d'un travail.
Nous demandons que soit modifiée la loi pour conditionner à au moins 5h d'activités d'intérêt général par semaine le versement du RSA.

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