Bruno Retailleau : « Nous devons repenser toute notre législation sur l'immigration »

Publié le 25/09/2019

Ce mercredi matin, Bruno Retailleau, sénateur de la Vendée et président du groupe les Républicains au Sénat, était l'invité de Jean-Jacques Bourdin. L'occasion d'évoquer des sujets d'actualité comme les déclarations d'Emmanuel Macron sur l'immigration, l'extension de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules, ou encore la transition écologique.

« Je me méfie des propos d'Emmanuel Macron. Au bout de deux ans de pouvoir, on commence à mieux le connaître. » C'est par cet appel à la prudence que Bruno Retailleau a débuté son interview sur BFMTV ce mercredi matin. Alors que le président de la République dit avoir durcit le ton sur l'immigration, le sénateur de la Vendée s'interroge : « est-ce vraiment quelque chose qu'il est prêt à faire ? » Une interrogation rhétorique puisque Bruno Retailleau en profite pour dénoncer qu'« il y a tout juste un an, nous avions prévenu que la loi asile et immigration ne donnerait rien. Il y a un an, concernant l'immigration familiale, Emmanuel Macron avait élargi les conditions du regroupement familial ».

Si le président du groupe les Républicains au Sénat prône davantage de fermeté en matière d'immigration, il reconnaît que « la droite comme la gauche n'ont pas eu le courage de le faire » et que « notre passé a souvent été un passif ». Plaidant pour que « le Parlement vote, chaque année, des plafonds d'immigration par métier », Bruno Retailleau dénonce que « le problème en France, c'est que l'immigration est l'un des sujets qui a le plus profondément changé la société mais que ce sujet a toujours été tenu à l'écart des Français et de leurs élus ».

Le sénateur de la Vendée a ensuite présenté ses propositions en matière d'immigration avec notamment l'instauration d'une triple frontière. « Nous avons besoin de trois frontières : une première frontière avec les hotspots dans les pays extérieurs à l'Union européenne, une seconde frontière aux portes de Schengen avec les gardes-frontières et une frontière nationale. » L'occasion également pour Bruno Retailleau de souligner la nécessité de « repenser toute notre législation sur le regroupement familial et sur l'Aide médicale d'Etat. On ne peut pas ouvrir à toute la misère du monde l'accès aux soins. » Si le président du groupe les Républicains au Sénat souhaite un renforcement de législation, il considère qu'« il faut aussi avoir le courage d'appliquer les lois qui existent déjà ».

Interrogé sur la recule du gouvernement concernant les aides aux personnes de plus de 70 ans pour les emplois à domicile, qui devaient être rabotées, Bruno Retailleau a rappelé que « les aînés ne sont pas des privilégiés » avant de critiquer la politique d'Emmanuel Macron qui s'en prend aux séniors mais aussi à la natalité. « Ce qui est troublant avec Emmanuel Macron, c'est qu'il y a un détricotage du lien social par le haut avec les retraités et par le bas avec la politique familiale. »

Après avoir écouté les propos lancés à l'ONU par la jeune activiste suédoise, Bruno Retailleau a dit se demander « quelle est la machine derrière Greta Thunberg » et a interpellé Jean-Jacques Bourdin avec ces mots : « vous pensez qu'elle se retrouve à l'ONU toute seule ? » Rappelant qu'« elle met en accusation les pays qui sont les moins coupables en matière de pollution », le sénateur de la Vendée s'étonne que Greta Thunberg n'avance jamais aucune proposition. « Je suis contre cet écologisme catastrophiste. Il faut des solutions. » Interrogé sur les propositions qu'il portait en matière d'écologie, Bruno Retailleau a détaillé : « il faut que l'Europe construise une protection douanière pour les produits qui ne respectent pas nos normes environnementales. Cette protection alimenterait un fonds vert qui permettrait d'investir dans la recherche. Abandonnons également des traités comme le Mercosur ou le CETA qui détruisent l'environnement. Nous devons enfin changer de mix énergétique. »

Alors que le débat sur l'extension de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules arrivera bientôt au Sénat, le président du groupe les Républicains s'y est dit « défavorable ». Pourquoi ? Parce qu'à ses yeux, « l'homme ne doit pas jouer aux apprentis sorciers avec la nature humaine. Tant que l'on ne m'aura pas prouvé que le père ne compte pas pour un enfant, il faut appliquer un principe de précaution. Je comprends le désir d'enfant mais il n'y a pas de droit à l'enfant ».

Son opposition à l'extension de la PMA, Bruno Retailleau la justifie aussi par l'effet domino que cela entrainera et qui aboutira à la légalisation de la gestion pour autrui. « Aujourd'hui, nous allons directement vers la GPA, qui est une marchandisation du corps de la femme. On avance pas à pas. Le gouvernement a d'ailleurs légalisé les conséquences des GPA réalisées à l'étranger » a-t-il expliqué.

Interrogé enfin sur les propos tenus par Jean-Luc Mélenchon sur la police, le sénateur de la Vendée considère que « traiter de barbare la police de la République, c'est franchir une ligne rouge. Nos forces de l'ordre nous protègent. Ils sont un outil de la démocratie. Les insulter, c'est porter atteinte à la République et à la démocratie. »

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Exigeons 5h d'activités d'intérêt général par semaine en contrepartie du RSA !

Il y a huit ans, Laurent Wauquiez fut l'un des premiers à dénoncer les dérives de l'assistanat et à proposer l'instauration de contreparties au versement du RSA. Huit ans plus tard, Edouard Philippe a évoqué cette idée. Idée immédiatement rejetée par son propre gouvernement...
Nous croyons à la politique sociale par le travail, pas à la politique sociale par l'assistanat ! L'un des grands maux de notre pays est d'enfermer dans l'assistanat de trop nombreux Français en ne valorisant pas assez la reprise d'un travail.
Nous demandons que soit modifiée la loi pour conditionner à au moins 5h d'activités d'intérêt général par semaine le versement du RSA.

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