26 juin 2018

« Il reste à Emmanuel Macron de prononcer un grand discours sur la laïcité, cent fois repoussé ».

Président du groupe "les Républicains" au Sénat, Bruno Retailleau, alors qu'Emmanuel Macron, dans une continuité historique, va prendre possession ce mardi, lors d'une visite officielle au Vatican, du titre de chanoine honoraire de la basilique du Latran, attend toujours du chef de l'État un grand discours sur la laïcité.

Pour l'instant, ses propos lors de la campagne présidentielle ou ceux tenus récemment devant le Congrès des Etats-Unis sont ceux d' « une vision multiculturelle où il s'adresse aux communautés. Cela n'est pas dans la tradition républicaine française où l'on reconnait le citoyen et non le croyant » déplore Bruno Retailleau qui demande à Emmanuel Macron de « clarifier son discours. C'est important au moment où l'on doit traiter de l'islam et de la République à travers la laïcité ».

D'autant plus important alors que le ministre de l'Intérieur va lancer sous le vocable "Assises territoriales de l'islam" une grande concertation dans chaque département jusque mi-septembre dont le but est de réformer l'organisation de l'islam et le financement de l'islam de France.

« C'est une bonne méthode », estime Bruno Retailleau, invité de la matinale de France Inter ce mardi, « car l'islam a trop souffert d'une forme de monopolisation avec l'État à travers quelques grandes mosquées qui sont elles-mêmes sous le contrôle d'un islam consulaire, c'est-à-dire d'états étrangers ».

« Aller dans la profondeur des territoires permettra d'avoir des interlocuteurs diversifiés et un renouvellement des interlocuteurs », espère Bruno Retailleau particulièrement vigilant sur « la suite : le respect de la loi de 1905. C'est-à-dire la neutralité de l'État mais aussi qu'aucun citoyen ne peut prendre prétexte de sa croyance pour se soustraire à la règle commune. Cela a beaucoup de conséquences dans l'espace public ; les services publics, en entreprise, à l'école », souligne le président du groupe "les Républicains" au Sénat qui « attend que la loi de 1905 soit respectée. Rien que la loi, toute la loi ! ».

Interrogé sur la crise migratoire qui interpelle tous les pays européens, Bruno Retailleau resitue d'abord le contexte, celui d' « un choc migratoire issu d'un choc démographique », celui du continent africain.

Regrettant que l' « on traite trop souvent les conséquences plutôt que les causes », le président du groupe "les Républicains" au Sénat, pour qui « les phénomènes migratoires sont en train de disloquer l'Europe », propose plusieurs axes d'action : reconstruire les dégâts que l'on a fait en Libye en aidant à la reconstruction d'un État libyen ; mettre en place des hot spot à l'extérieur de l'Europe avec le concours des pays d'origine afin de distinguer les réfugiés ayant droit à l'asile européen et les migrants "économiques" que l'Europe ne veut pas accueillir ; tripler les moyens de Frontex, l'agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes ; instaurer un blocus en Méditerranée « car la traite des êtres humains est insupportable », tonne Bruno Retailleau.

« Il y a des décisions à prendre pour faire cesser ce drame et les décisions ce n'est pas d'ouvrir grandes les portes », estime Bruno Retailleau pour qui une « politique de fermeté est sœur d'une politique d'humanité ».

Au passage, le sénateur "les Républicains" de Vendée tacle le cynisme d'Emmanuel Macron qui, au sujet de l'Aquarius, « critique les Italiens mais regarde passer au loin le bateau, sans rien faire. La morale, pour Emmanuel Macron, c'est faire la morale aux autres », glisse-t-il.

Enfin, interrogé sur "les Républicains", Bruno Retailleau estime que « notre famille politique doit se redéfinir. Nous avons des guerres d'égo car nous avons oublié la bataille des idées. Et si on ne mène pas cette bataille-là, si on ne se redéfinit pas, les Français ne nous entendrons pas ».

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