03 juillet 2017

Dans une interview publié ce lundi par Aujourd’hui en France / Le Parisien, Bernard Accoyer, Secrétaire général des Républicains, met en garde contre la tentation hégémonique d'Emmanuel Macron. Il souligne aussi combien notre formation politique « a un besoin puissant d'analyser ses échecs, ses crises et son éloignement des Français ».

Les Républicains ne boycottent pas la réunion du Congrès à Versailles. Pourtant vous y êtes hostiles...

BERNARD ACCOYER. Nous préférons être respectueux des institutions. Mais nous déplorons l'usage hégémonique qu'en fait l'exécutif. S'arroger à l'Assemblée nationale la plupart des postes traditionnellement réservés à l'opposition et décider de réunir le Congrès - et ainsi dévaluer le discours de politique générale du Premier ministre - ne correspond pas à ce que nous avions compris du discours démocratique du candidat à la présidentielle.

Il y a une dérive, selon vous ?

Ces premiers signes sont de mauvais augure et j'espère qu'ils seront rapidement corrigés.

Comme Eric Ciotti, diriez-vous qu'il n'y a plus de Premier ministre ?

Edouard Philippe doit au président de la République d'être Premier ministre. Il ne faut pas s'étonner que ce président jupitérien le traite en supplétif.

Vous avez parlé de hold-up quand Thierry Solère, artisan des Républicains constructifs, a été élu à la questure de l'Assemblée...

Depuis la présidentielle, M. Solère discute avec Emmanuel Macron et il prétend aujourd'hui appartenir à un groupe d'opposition, pourtant prêt à voter la confiance au gouvernement sans même connaître le discours de politique générale ! Cette posture n'est pas seulement ambiguë, elle relève de la malhonnêteté.

Allez-vous exclure les Constructifs ?

Ce groupe, c'est 18 UDI et seulement 12 lR dissidents. Mais, sans minimiser les nombreuses erreurs de notre famille politique, l'ampleur de notre défaite s'explique aussi par la confusion qu'ont semée ces élus, appuyés par trois ministres lR qui ont accepté d'entrer au gouvernement, au prix d'une trahison de nos candidats et de notre famille politique. Cette attitude ne peut rester sans réponse.

Pourquoi ne pas les avoir exclus tout de suite ?

Nous ne sommes pas des coupeurs de têtes. Nous laissons toujours leur chance à ceux qui ont pu se tromper de retrouver le bon chemin. Mais en toute chose il y a des limites. Le bureau politique du 11 juillet examinera leur situation.

Certains redoutent une implosion des Républicains...

Notre formation a un besoin puissant d'analyser ses échecs, ses crises et son éloignement des Français. Nous lançons les ateliers de la refondation dès mercredi avec des jeunes engagés dans le débat d'idées. Ce travail sera nourri par des échanges avec nos élus, nos militants et surtout par de nombreuses auditions de politologues, d'historiens, de sociologues et de philosophes. Il s'agit d'offrir aux candidats qui se présenteront à notre congrès de décembre prochain les bases d'un véritable projet de refondation et de rassemblement.

D'autres craignent un rapprochement avec le FN...

Jamais notre famille politique n'a imaginé un accord quelconque avec l'extrême droite.

Laurent Wauquiez ale profil du rassembleur ?

Il appartiendra à tousles candidats - et si Laurent Wauquiez est candidat, à lui aussi - de rassembler.

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