02 décembre 2016

Nommé Secrétaire général des Républicains lors du Bureau politique de mardi dernier, Bernard Accoyer, qui est statutairement le numéro deux derrière François Fillon, notre candidat à l’élection présidentielle, indique sa priorité dans une interview au Figaro : « consolider la dynamique créée lors de la Primaire ». Bernard Accoyer veut également que le projet de François Fillon, grâce ses fédérations, ses cadres, ses centaines de milliers de militants et ses millions de sympathisants, « soit expliqué, détaillé sans relâche pour que le plus grand nombre de nos compatriotes s’y retrouvent et y souscrivent. »

LE FIGARO . - Comment interprétez-vous le message des électeurs qui ont voté pour François Fillon dimanche ?

Bernard ACCOYER . - Les électeurs se sont mobilisés massivement, ce qui donne un énorme « boost » à François Fillon. La majorité d'entre eux se sont retrouvés dans le programme de réformes majeures qu'il propose, dans son analyse de la situation de notre pays, dans l'ambition qui est la sienne pour redresser la France, sur le plan intérieur comme à l'international. Ainsi que dans les valeurs portées dans son projet : le travail, les libertés individuelles, le respect de l'autorité de l'État, le patriotisme...

Que dites-vous au million et demi d'électeurs qui a préféré Alain Juppé ?

Les programmes des deux candidats n'étaient pas si différents. Il est donc normal que nous nous soyons tous retrouvés dès le soir du second tour. Le rassemblement s'est effectué naturellement. Nous allons l'amplifier à travers le comité politique, présidé par Gérard Larcher, où chaque candidat siège ou se trouve représenté. Quel que soit le choix effectué par les millions d'électeurs de la primaire, chacun a vocation à trouver sa place dans la dynamique de campagne de François Fillon.

Ces électeurs se trouvent majoritairement parmi les classes supérieures, les retraités, la population urbaine. François Fillon doit-il amender son programme pour convaincre les autres catégories ?

Le temps de la campagne présidentielle s'est ouvert dès lundi matin. François Fillon est à nouveau sur le terrain. Pour détailler son programme, pour en faire la pédagogie et pour l'enrichir dans les innombrables échanges qu'il va continuer à avoir partout en France. Le succès de cette primaire ne vaut pas automatiquement une victoire à la présidentielle. Notre mobilisation devra être totale et le parti les Républicains va décupler l'action de notre candidat à travers ses 108 fédérations, ses centaines de cadres, ses centaines de milliers de militants et ses millions de sympathisants. Charge à nous de convaincre encore et encore.

Quels sujets pourraient être « enrichis » ?

Il faut d'abord rétablir la vérité sur les propositions de son programme. Je pense notamment à la polémique sur l'assurance maladie. Il n'est en aucun cas dans les intentions de François Filon de remettre en cause tous les remboursements, tout particulièrement pour les familles, les personnes âgées ou les revenus modestes.

À en croire le FN, la gauche et même le MoDem, ce projet profiterait d'abord aux Français les plus aisés. Que leur répondez-vous ?

Il concerne tous les Français, quelles que soient leurs difficultés. Nous devons nous attaquer aux problèmes du chômage, des fins de mois difficiles et du niveau de vie des retraités. Pour y parvenir, notre candidat entend relever le défi de relance de l'activité économique par l'investissement, le travail et l'innovation. Les problèmes sociaux ne seront jamais résolus sans une économie dynamique, la maîtrise de la dépense publique et celle de la dette colossale qui pèsent sur tous les Français et en particulier sur les plus jeunes.

Comment concevez-vous votre mission de secrétaire général du parti ?

Aux Républicains, je suis statutairement le numéro deux derrière le candidat à la présidentielle. J'assume cette fonction de secrétaire général avec deux adjoints de grande qualité, Gérald Darmanin et Annie Genevard. Patrick Stefanini sera à mes côtés. Avec nous, une direction collégiale a été constituée, dans laquelle chacun a sa place, avec deux vice-présidents, Laurent Wauquiez et Isabelle Le Callennec. Nous formons une seule et même équipe. Ma priorité sera de consolider la dynamique créée lors de la primaire. Je souhaite que le projet soit expliqué, détaillé sans relâche pour que le plus grand nombre de nos compatriotes s'y retrouvent et y souscrivent.

Les juppéistes sont peu nombreux dans le nouvel organigramme. Pourquoi ?

Tout le monde est présent au bureau politique, les portes du parti sont grandes ouvertes pour tous ceux qui veulent participer à la campagne présidentielle. Au comité politique, Virginie Calmels représente Alain Juppé, sur la proposition de celui-ci. J'aurai à cœur de voir et de consulter tous ceux qui souhaiteront apporter leur contribution à cette campagne.

Quel rôle souhaitez-vous voir jouer par Nicolas Sarkozy et Alain Juppé ?

Ce sont des hommes d'État de premier plan. Leur présence, leur parole, leur message seront toujours les bienvenus, toujours utiles voire indispensables pour que notre famille reste forte et unie.

Allez-vous réviser les investitures aux législatives ?

Il y a plus de 80 circonscriptions où aucune investiture n'a été attribuée. Il y aura sûrement quelques adaptations à faire en raison de la fin du cumul des mandats. Vous pouvez être certain que la commission d'investiture, sous la présidence de Jean-François Lamour, conduira ce travail dans l'unité et l'efficacité pour donner une majorité claire à François Fillon.

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