11 septembre 2018

« Avec sa probable élection, je crains une mise sous tutelle encore plus forte de l'Assemblée nationale par le pouvoir exécutif ».

Invitée du Petit déjeuner politique, ce mardi matin, de Sud Radio, Annie Genevard, Secrétaire générale des Républicains et vice-présidente de l'Assemblée nationale a réagi à l'élection, par le groupe majoritaire, du député Richard Ferrand, candidat à la présidence de l'Assemblée nationale. Et potentiel futur président.

« Il a été choisi parce qu'il a été l'un des premiers à avoir rallié Emmanuel Macron. C'est la fidélité absolue qui est récompensée », note Annie Genevard observant que « cela fait manquer l'occasion à ce nouveau monde de démontrer qu'il est nouveau ».

Elle regrette également que depuis juin 2017 l'Assemblée nationale ne soit qu'une « chambre d'enregistrement ». « Nos institutions sont fondées sur l'indépendance et l'équilibre des pouvoirs. Or, depuis un an-et-demi, on ne perçoit pas cet équilibre. L'Assemblée nationale a été la courroie de transmission du pouvoir exécutif et je crains que cela le soit encore plus avec le nouveau président », redoute Annie Genevard qui sera candidate des Républicains, ce mercredi, à la présidence de l'Assemblée nationale. « Cela me permet d'expliquer ma démarche : celle de prendre l'engagement d'une revalorisation du travail parlementaire parce que depuis un an on perçoit combien l'Assemblée nationale a été la cible de nombreuses critiques faute d'avoir été promue et d'être en indépendance du pouvoir exécutif. Aujourd'hui l'Assemblé nationale est trop muette et ne s'impose pas comme un rouage essentiel du bon fonctionnement de notre démocratie », considère Annie Genevard.

Alors que l'institut Montaigne, dans un rapport très récent, ébauche des pistes de lutte contre « la fabrique de l'islamisme », la députée "les Républicains" du Doubs s'oppose à l'une des propositions formulées à laquelle est favorable le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer : l'enseignement de la langue arabe à l'école. « Jean-Michel Blanquer se trompe car cela n'enlèvera pas un enfant des écoles coraniques, cela ne règlera pas les problèmes de l'enseignement des prêches en langue arabe et de la progression du salafisme. Ce serait une erreur », estime la Secrétaire générale des Républicains particulièrement inquiète de la progression, « dans des proportions affolantes », du fondamentalisme religieux. « Cela ne résoudra pas les problèmes gravissimes que connait non seulement la France mais également les pays d'Europe », ajoute Annie Genevard considérant qu'une telle piste serait une « faute politique », un « signal négatif », un « gage donné à une approche trop communautaire. Or, le communautarisme est un ennemi, un danger mortel pour la société », assure la Secrétaire générale des Républicains.

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