14 février 2018

« Oui, il faut réformer le bac ! » Vice-présidente de l'Assemblée nationale et Secrétaire générale des Républicains, Annie Genevard est, sur le principe, favorable au projet de réforme du baccalauréat présenté par le ministre de l'Education nationale. Invitée ce mercredi matin du petit déjeuner politique de Sud Radio, elle a émis cependant des « points de vigilance » et des propositions, notamment sur la filière littéraire.

« Le resserrement du baccalauréat sur un nombre réduit d'épreuves pour redonner de la valeur à cet examen avec plus d'exigence et une concentration sur l'acquisition des savoirs fondamentaux est une bonne chose », souligne Annie Genevard se situant dans le rôle exact que veulent jouer les Républicains autour du président Laurent Wauquiez : « une opposition qui propose et non qui s'oppose de façon pavlovienne, prête à reconnaitre les choses qui vont dans le bon sens et voulant faire émerger dans le débat public les sujets qui comptent ».

Rappelant que la réforme du baccalauréat était dans le projet des Républicains et présidentiel de François Fillon « bien avant qu'Emmanuel Macron Le fasse dans le sien », Annie Genevard reste cependant « vigilante » sur l'aspect « démocratique et général » du baccalauréat « car il ne faut pas un baccalauréat différent selon les établissements scolaires ». D'où l'importance, à ses yeux, que le ministre « précise bien les conditions qui garantissent la dimension nationale de cet examen car ce qui est en perspective c'est de faire de cet examen qui sanctionne la fin des études secondaires le premier grade universitaire ».

« Le baccalauréat doit être une certification que l'élève a bien le bagage et les savoirs fondamentaux qui lui seront utiles pour son parcours universitaire », insiste la Secrétaire générale des Républicains soucieuse de « redonner de la valeur au bac. Un examen que tout le monde obtient c'est bien la démonstration qu'il n'est pas suffisamment exigeant ».

Quant à la potentielle réorganisation des filières L, S et ES, la professeure certifiée de lettres classiques a une conviction : « la requalification de la filière littéraire doit être opérée car l'on voit bien que les filières scientifiques continuent à être des filières de sélection et choisies par les familles comme gage d'un enseignement qualitatif ».

Interrogée sur le projet de service national universel, Annie Genevard considère que « cette idée, qui plait beaucoup à l'opinion publique très nostalgique de ce temps qu'elle juge formidable avec ce grand creuset républicain qu'était le service militaire, est révolu ».

Parce que, au-delà de l'encadrement annuel de 600 à 800 000 jeunes pour lequel l'armée est « sceptique », Annie Genevard met en avant le coût d'un tel projet : 3 milliards par an, 15 milliards sur un quinquennat. Elle n'oublie pas non plus qu'un rapport parlementaire a été mis sous le boisseau. Et pour cause, « il émet quelques doutes sur le projet présidentiel », rapporte la vice-présidente de l'Assemblée nationale pour qui cet exemple donne une fois de plus « le sentiment que notre travail parlementaire est mal considéré par l'exécutif ».

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