12 juillet 2018

Secrétaire générale des Républicains et Vice-présidente de l'Assemblée nationale, Annie Genevard, était ce jeudi matin l'invitée politique de Public Sénat. Au matin de l'ouverture de la 3ème Conférence nationale des territoires, rendez-vous semestriel permettant de dialoguer avec l'État sur des mesures qui concernent les collectivités territoriales, la députée "les Républicains" du Doubs a justifié le boycott ô combien symbolique de trois instances représentatives que sont l'Association des maires de France (AMF), l'Association des départements de France (ADF) et l'Association des régions de France (ARD), présidées respectivement par François Baroin, Dominique Bussereau et Hervé Morin. Toutes trois contestent la contractualisation financière entre l'État et les collectivités, processus jugé attentatoire aux principes fondateurs de la décentralisation.

« Cette conférence était censée être un espace de dialogue et de concertation. Elle ne remplit pas sa promesse », déplore Annie Genevard qui liste toutes les raisons de la colère de ces collectivités. « Même si l'enveloppe globale financière accordée par l'État reste identique, 22 000 des 36 000 communes françaises perdent des dotations financières. Les départements ne savent plus comment gérer les mineurs étrangers non accompagnés, les communes s'inquiètent de la suppression de la taxe d'habitation, les régions perdent des compétences comme celle de l'apprentissage. On va vers un pouvoir trop centralisateur, trop technocratique », dénonce la Secrétaire générale des Républicains pour qui ce boycott des trois principales associations de représentation des collectivités territoriales est « un signe très fort. Cette politique de la chaise vide c'est quand on a tout essayé dans le dialogue » explique Annie Genevard pour qui le comportement de l'État envers les territoires est « un grand motif d'inquiétude et un grand risque de fracture ».

Et la grande inquiétude pour la Vice-présidente de l'Assemblée nationale c'est l'atteinte au « droit constitutionnel des collectivités à s'administrer librement. Si on veut un pouvoir centralisateur qui dirige tout on est alors dans un autre système », estime Annie Genevard qui demande au président de la République et au Premier ministre de la « clarté » sur leurs intentions. Et surtout de débloquer cette situation car, selon elle « la clé est du côté du Gouvernement. C'est au Gouvernement de faire un pas ».

Interrogée sur la réforme des institutions, là encore Annie Genevard se montre particulièrement inquiète des intentions de l'exécutif. « C'est la première fois que dans une réforme des institutions l'on va vers un affaiblissement du Parlement avec moins de parlementaires, plus de proportionnelle et un pouvoir accru de l'exécutif. Or, ce qui protège la Vème République c'est un équilibre du pouvoir entre l'exécutif et le législatif ». Annie Genevard s'alarme d'un glissement vers un régime présidentiel. « Il faut conserver l'actuel système démocratique à la française qui protège la Vème République », insiste la Secrétaire générale des Républicains qui considère par ailleurs que l'un des points d'achoppement majeur de cette réforme est l'instillation d'une dose de proportionnelle dans les scrutins des élections législatives.

Trois jours après la tenue du Congrès à Versailles, Annie Genevard s'interroge sur l'utilité de convoquer le Congrès chaque année. « La possibilité pour le président de la République de s'exprimer devant les parlementaires réunis en Congrès à Versailles devait l'être pour des raisons exceptionnelles. Nicolas Sarkozy, confronté à la crise financière, l'a fait en 2008. François Hollande l'a fait en 2015 après les attentats terroristes. Le faire tous les ans, cela affadit », juge la Vice-présidente de l'Assemblée nationale y voyant là « un exercice où le président de la République se met en scène ».

À moins d'un an des élections européennes, Annie Genevard conteste les propos d'Emmanuel Macron qui veut installer un débat uniquement entre les progressistes « c'est-à-dire lui » et les nationalistes « c'est-à-dire tous les autres ».

« Nous, "les Républicains», nous sommes des progressistes mais nous donnons un autre sens au mot "progrès". Nous entendons incarner une autre voie, celle d'une Europe qui respecte les nations et qui propose un chemin commun », souligne Annie Genevard pour qui « la clé c'est la relation entre l'Europe et les nations ».

Interrogée sur la réduction de la vitesse à 80 km/h, Annie Genevard y voit là « l'exemple d'une mesure ressentie très difficilement dans les territoires parce que prise unilatéralement et autoritairement ». Et surtout le symbole d'un Gouvernement « incapable d'adapter des réponses à la diversité des territoires ».

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