Annie Genevard au Figaro : « Entendre la voix de la droite »

Publié le 02/12/2019

Députée du Doubs et vice-présidente de l'Assemblée, Annie Genevard est présidente du conseil national des Républicains.

Quelle est votre mission à la tête de ce conseil national ?

Notre président Christian Jacob veut en faire le Parlement du parti. Nos 700 conseillers nationaux élus doivent être des membres actifs de ce lieu d'expression et de propositions. Ce qui se joue samedi, c'est l'annonce d'un vrai travail en profondeur.

Quels sont les temps forts ?

Nous présentons nos 12 forums thématiques. Ils guideront nos travaux jusqu'au congrès des idées, prévu dès juillet. Chaque forum national se réunira au siège, une fois par mois, à partir de janvier, avec l'ambition d'aborder les grands enjeux de la société actuelle. Nos conseillers nationaux, parlementaires et représentants des fédérations, pourront y participer car notre objectif est d'y associer la base. Samedi, Christian Jacob dévoilera aussi une méthode de travail. Les conseillers nationaux pourront poser des questions dans la salle, via un boîtier électronique. Ce sera la première illustration de notre volonté de faire de cette instance un lieu de débat et pas simplement une chambre d'enregistrement. Nous voulons entendre la voix de la droite.

Quelles garanties offrez-vous à ceux qui espèrent être écoutés ?

Jusqu'à présent, les conseillers nationaux n'étaient pas sollicités. Ils ne participaient pas activement aux grandes orientations du mouvement. Ils écoutaient la bonne parole, validaient certains points puis repartaient. Nous voulons en finir avec le tunnel des discours. L'une des missions du conseil national est de veiller au bon fonctionnement du mouvement. Certains me l'ont écrit : ils ne veulent plus venir pour lever un petit carton. Christian Jacob veut leur donner la parole et les écouter. Ce conseil national doit donner un nouvel élan, le tempo et l'esprit d'un réel changement. Tout cela aboutira à notre projet politique.

La réconciliation de la droite est le cap fixé mais ne craignez-vous pas des difficultés sur la clarté des idées ?

Faire l'unité ne consiste pas à dire tous la même chose de la même façon. Le monde politique est fait d'individualités. À nous de faire en sorte que celles-ci ne nourrissent pas un individualisme où peuvent se perdre la ligne, la clarté et la lisibilité. Christian Jacob a envoyé les premiers signes d'une unité nécessaire, notamment à Paris, avec Rachida Dati qui tutoie désormais Benjamin Griveaux dans les sondages. À Nice, le problème est réglé. Marseille reste compliquée mais nous avons réussi à mettre autour de la table des gens qui ne se parlaient plus. Éric Woerth a raison quand il souligne l'urgence de redéfinir la carte d'identité de la droite.

Pourquoi votre identité est-elle devenue floue ?

En tapant tous azimuts, Emmanuel Macron prend forcément chez nous, même si l'on voit bien le caractère superficiel de sa stratégie. Car cette image de président de droite ne résiste pas à l'examen précis de ses mesures, puisque sa politique augmente l'endettement et les charges des entreprises, fragilise la cohésion sociale et méprise les territoires. Cette manière de trianguler sur nos terres perturbe notre identité. Il faut reconnaître aussi que nous avons alimenté cela nous-mêmes en portant des propositions pas toujours compatibles. La cohésion et la cohérence sont des objectifs qui doivent rayonner dans chaque fédération LR.

Le combat des idées sera-t-il suffisant pour sortir du piège macroniste ?

Nos trois dernières défaites électorales cuisantes nous ont poussés à courber l'échine pour supporter les chocs et les coups. Mais nous devons redresser la tête, affirmer ce que nous sommes. Notre ligne est assez claire sur de nombreux points tels que l'ordre républicain, les territoires, le social, la sécurité et la nécessité de diminuer l'immigration. Nous devons réinstaurer, dans l'esprit de nos adhérents, de nos sympathisants et des Français, l'idée que la droite existe. Nous avons vocation à gouverner et cela doit être réaffirmé. Une nouvelle page est en train de s'ouvrir. Nous sentons le retour d'une écoute et d'une bienveillance. Il y a un frémissement. Les prochaines municipales le montreront sans doute. Renouer avec la victoire est à notre portée. L'ancrage solide de nos élus sera notre force face à la stratégie brouillonne des marcheurs. Eux ne cherchent qu'à faire de l'entrisme pour grappiller quelques sièges de grands électeurs en vue des sénatoriales.

>> Lire l'interview sur LeFigaro.fr

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Exigeons 5h d'activités d'intérêt général par semaine en contrepartie du RSA !

Il y a huit ans, Laurent Wauquiez fut l'un des premiers à dénoncer les dérives de l'assistanat et à proposer l'instauration de contreparties au versement du RSA. Huit ans plus tard, Edouard Philippe a évoqué cette idée. Idée immédiatement rejetée par son propre gouvernement...
Nous croyons à la politique sociale par le travail, pas à la politique sociale par l'assistanat ! L'un des grands maux de notre pays est d'enfermer dans l'assistanat de trop nombreux Français en ne valorisant pas assez la reprise d'un travail.
Nous demandons que soit modifiée la loi pour conditionner à au moins 5h d'activités d'intérêt général par semaine le versement du RSA.

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