11 octobre 2018

Invitée ce jeudi matin de CNEWS, Annie Genevard, Secrétaire générale des Républicains et Vice-présidente de l'Assemblée nationale a qualifié de « pagaille » la séquence que fait vivre actuellement le Gouvernement avec le feuilleton « interminable et préoccupant » du remaniement ministériel, sans cesse reporté depuis la démission du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb.

« Il y a visiblement un problème de ressources humaine à La République En Marche, note la députée du Doubs, évoquant une « marque LREM démonétisée » et des « conceptions différentes » du Gouvernement « entre le Premier ministre qui souhaite un large remaniement avec l'apport de certaines personnalités et le président de la République qui ne le souhaite pas. » Pour la Secrétaire générale des Républicains, « cela ne donne pas une image rassurante de stabilité ».

Concernant les politiques mises en œuvre par l'exécutif, « les Républicains ne sont pas dans une opposition automatique et pavlovienne. Quand les projets vont dans le bon sens, nous soutenons mais quand nous pensons que ce n'est pas bon, nous nous opposons », souligne Annie Genevard, rappelant le soutien des Républicains aux projets de loi sur le code du travail, la réforme de la SNCF et l'opposition des Républicains au projet de loi Asile et Immigration.

Interrogée sur les retraites, Annie Genevard estime que « si l'on veut sauver le régime par répartition, il faut le réformer ». Rappelant que les « deux grandes réformes des retraites » ont été effectuées par la droite républicaine et portées par François Fillon et Éric Woerth.

À sept mois des élections européennes, Annie Genevard a voulu rappeler l'attachement des Républicains à l'Europe, ce qui ne l'empêche pas d'être critique sur son fonctionnement actuel. C'est la raison qui a d'ailleurs conduit la famille des Républicains à adopter cet été, lors du Conseil national à Menton, les sept piliers de son projet européen*. « Nous, les Républicains, aurons la posture la plus intéressante. Nous ne sommes ni eurosceptiques comme Marine Le Pen, ni n'allons, comme Emmanuel Macron, dans cette fuite en avant. Nous estimons que la construction européenne doit se faire dans le respect de la volonté des peuples et des Nations. Nous voulons des frontières sûres et stables, la préférence européenne. Nous refusons la concurrence déloyale. Nous souhaitons moins de normes et plus de projets », détaille, notamment, Annie Genevard.

Alors que le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) s'est prononcé en faveur d'une procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes, Annie Genevard souhaite un « débat apaisé ».
« Nous ne souhaitons pas rejouer le match du mariage pour tous car il a profondément fracturé les Français mais cela n'a rien empêché », observe Annie Genevard pour qui « il faut pouvoir échanger sans invective sur ce sujet qui touche très profondément l'intérêt de l'enfant .» Ce qui n'empêche pas la vice-présidente de l'Assemblée nationale de poser quelques interrogations : « comment peut-on organiser l'absence de père ? Comment gérer la rareté des ovocytes ? Comment empêcher de passer de la PMA à la GPA qui est la PMA des hommes ? »

* Voici les sept engagements qui posent les bases du projet européen des Républicains :

1. Notre engagement européen :

Nous, Les Républicains, croyons que la France a besoin de l'Europe pour répondre aux défis qui sont face à nous.
La construction européenne doit se faire dans le respect de la volonté des peuples et des Nations. L'abandon de l'Euro serait une folie.

2. Des frontières sûres :

Les Républicains font de la protection de nos frontières européennes face à l'immigration de masse incontrôlée et à la menace du terrorisme islamiste leur priorité absolue.

3. Des frontières stables :

Les Républicains refusent tout nouvel élargissement de l'Union Européenne ou de l'espace Schengen.

4. Préférence européenne et réciprocité :

Les Républicains s'engagent en faveur de la préférence communautaire pour nos entreprises, nos emplois et nos agriculteurs. Ils exigent que le principe de réciprocité soit l'élément fondateur de notre politique commerciale.

5. Refus de la concurrence déloyale :

Les Républicains croient en la libre entreprise et refusent la concurrence déloyale, ainsi que le détournement du travail détaché.

6. Moins de normes. Plus de projets :

Les Républicains veulent refonder les compétences de l'Union Européenne : moins de normes, plus de décisions prises au niveau des Etats et de nouvelles coopérations dans les domaines de la Défense, de la recherche médicale, d'Internet, des grandes infrastructures de transport etc...
Ils veulent faciliter les échanges entre les jeunes Européens et renforcer Erasmus.

7. Une civilisation européenne :

Les Républicains n'oublient pas qu'avant d'être une construction institutionnelle, l'Europe est une civilisation commune, dont nous voulons transmettre l'identité, la culture, les racines et les valeurs.

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