18e Rendez-vous des idées : l’ancien préfet Michel Aubouin décrit la réalité des cités

Publié le 14/06/2019

Mercredi 12 juin, Guillaume Larrivé, secrétaire général délégué au projet des Républicains, a convié Michel Aubouin, ayant grandi dans une cité HLM, ancien préfet, ancien directeur de l’intégration. Ce dernier fut l’auteur d’un rapport remarqué sur la situation des banlieues remis au Premier ministre à l’été 2016. Il est venu présenter son ouvrage 40 ans dans les cités : d’une enfance en HLM au ministère de l’Intérieur, paru en mars dernier aux Presses de la Cité. Dans cet essai, il dresse un état des lieux sans concessions des quartiers urbains livrés à l'ultra-violence, au trafic de drogue et à l'extrémisme islamiste. Michel Aubouin a quitté ses fonctions au ministère de l’Intérieur afin de pouvoir s’exprimer en toute liberté.

Michel Aubouin a d’abord indiqué que « m’information est indispensable à l’exercice de la citoyenneté ». « Il demeure des thèmes, dans ce pays, sur lesquels l’information n’est pas diffusée. C’est en particulier le cas pour la sécurité, l’immigration et les banlieues. »

La persévérance dans le déni et dans l'échec s'explique notamment par cette simple réalité : « quand l’Etat a tort, il est peu enclin à avouer les difficultés qui sont les siennes et donc nous continuons de tenir des discours erronés ». Michel Aubouin vise en particulier la politique de la ville qui « a largement échoué » et qui n’est « jamais parvenu à réellement définir son objet ».

L’ancien préfet évoque le flou qui entoure la définition de ces quartiers : « banlieues », « cités », « ghettos », « quartiers populaires », « politique de la ville » sont tous des termes impropres. « Il y a une incapacité à dire, une incapacité à expliquer des situations qui sont certes complexes mais qu'il est nécessaire d'éclairer. »

L’ancien préfet rappelle que « les quartiers, c’est 10% de délinquants et de criminels et 90% d’habitants qui essayent de vivre normalement et qui subissent la loi du crime et que la République ne protège pas ». Il constate que ce sont « les habitants qui vivent dans ces quartiers qui sont les premières victimes des troubles qui s’y commettent à longueur de journée ».  

Il décrit la configuration - « le caractère clos de ces quartiers » - liée à l’origine de leur construction (le prix modeste des terrains et leur architecture). Il décrit notamment en détail les problèmes posés par la gigantesque cité de la Grande Borne à Grigny où la police ne peut rentrer qu’à pied. « Lors des émeutes urbaines, la police n’est pas rentrée dans ces quartiers ; on s’est contenté de tenir les ronds-points alentours. »

« Dès le départ, on a construit des quartiers souvent mal reliés aux centres-villes. » Cette distance a permis « l’éclosion d’une économie criminelle : puisque ces quartiers sont difficiles à tenir de l’intérieur et difficile à pénétrer de l’extérieur ». S'est installée dans ces territoires de la République une véritable « banalisation de la violence ». Bien que la plupart des logements de ces quartiers appartiennent à la sphère publique, Michel Aubouin, note que « leur configuration empêche en partie les institutions d’y exercer le droit ».

Michel Auboin évoque également la présence dans de nombreux quartiers d’« un islam conquérant ». « Il y a cette idéologie de la terreur islamiste qui règne dans beaucoup de ces quartiers. » Il note cependant que les salafistes et les trafiquants de drogue ne cohabitent pas dans les mêmes espaces ; les criminels voyant dans les extrémistes religieux des concurrents.

Il déplore que l’État ait progressivement abandonné ces quartiers à la criminalité, notamment parce que « la police a perdu beaucoup de moyens et de savoir-faire », mais également en raison des consignes adressées aux forces de l’ordre. « Les consignes implicites que les policiers reçoivent, c’est surtout d’éviter tout type de confrontation. Mais à force d’éviter tout type de confrontation, on a fini par créer ces sortes de zones de non-droit. »

Il décrit enfin « le flux permanent » d’habitants successifs qui vivent dans ces quartiers. Ils accueillent « en particulier les nouveaux arrivants en France ». Il décrit notamment la présence de « beaucoup de familles monoparentales » (l’un des critères d’accession aux HLM) et de beaucoup d’enfants « laissés à eux-mêmes ». « Je suis absolument persuadé, même si c’est contesté par beaucoup d’auteurs, que la question de la psychologie de ces enfants – qui vivent sans autorité paternelle – est l’une des causes des difficultés que rencontrent ces quartiers. »

Pour réduire un flux d’immigration qui sature nos capacités d’intégration, Michel Aubouin recommande notamment de « ne plus autoriser les régularisations » d’immigrés illégaux. Il y voit « la faille du système ».

Michel Aubouin a conclu en appelant à un sursaut de lucidité et à une véritable reconquête de ces quartiers. « Nous avons beaucoup perdu en capacité à comprendre ce qui se passe dans les quartiers depuis trente ans. Les institutions publiques ne sont plus en capacité de protéger les gens qui sont aujourd’hui dans ces quartiers. Nous avons toujours tendance à acheter la paix sociale... »

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Exigeons 5h d'activités d'intérêt général par semaine en contrepartie du RSA !

Il y a huit ans, Laurent Wauquiez fut l'un des premiers à dénoncer les dérives de l'assistanat et à proposer l'instauration de contreparties au versement du RSA. Huit ans plus tard, Edouard Philippe a évoqué cette idée. Idée immédiatement rejetée par son propre gouvernement...
Nous croyons à la politique sociale par le travail, pas à la politique sociale par l'assistanat ! L'un des grands maux de notre pays est d'enfermer dans l'assistanat de trop nombreux Français en ne valorisant pas assez la reprise d'un travail.
Nous demandons que soit modifiée la loi pour conditionner à au moins 5h d'activités d'intérêt général par semaine le versement du RSA.

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