03 février 2016

« En France on produit bien, on produit beau, on produit bon, on respecte l’environnement… mais ce n’est plus possible » !
Productrice de Comté dans le Doubs, Catherine Faivre-Pierret résumait bien, mercredi matin, ce qu’Eric Woerth, Secrétaire général en charge du projet politique de notre famille politique, qualifie de « désespérance ». Celle des agriculteurs, des éleveurs et de l’ensemble des filières agricoles auxquels notre formation consacrait une journée de travail sur le thème de l’agriculture et de la ruralité et à laquelle ont participé de très nombreux parlementaires et représentants des filières agricoles.

« Le lait n’est pas payé. Nous ne sommes pas reconnus. On nous prend pour des moins que rien. On sonne l’alerte aujourd’hui car personne n’aimerait travailler pour rien, ce qui est notre quotidien car les prix proposés ne rémunèrent pas notre travail», lance, amère, Catherine Faivre Pierret faisant écho aux griefs des filières agricoles et des nouvelles manifestations du monde agricole qui se déroulent dans notre pays.
Si, comme le souligne Eric Woerth, « la ruralité ne se résume pas à l’agriculture et les problèmes de l’agriculture sont d’un tout autre ordre de ceux qui se posent à la ruralité », ce sont bien ces derniers qui ont occupé une grande partie des débats, des réflexions et des propositions que Les Républicains ont mis sur la table dans le cadre de notre projet.

Toutes ont pour finalité de redonner de la compétitivité à l’agriculture à l’image de la proposition de loi portée par les sénateurs Républicains et votée au Sénat mais dont toutes les mesures ont été écartées par le Gouvernement et le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll à la veille d’un débat à l’Assemblé nationale.

Député du Bas-Rhin, Antoine Herth ne comprend pas cette obstination des socialistes à rejeter des propositions qui lui semblent concrètes, pragmatiques et de bon sens pour revivifier les filières agricoles.

Pas plus qu’Isabelle Le Callennec, vice-présidente des Républicains, ne comprend l’abîme qui sépare les déclarations du Premier ministre, le 3 septembre dernier, de la réalité. « Manuel Valls avait indiqué que les agriculteurs n’avaient pas besoins d’aides mais de prix, qu’il allait proposer le report total des annuités de 2015, que les charges agricoles seraient réduites, qu’il fallait ouvrir un chantier sur la fiscalité agricole, qu’il fallait urgemment travailler sur une convergence européenne et sur la simplification des normes. Depuis on ne l’entend plus. Qu’en est-il de toutes ces promesses « alors qu’il y a urgence », interroge la députée d’Ille-et-Villaine.

D’autant que pour Nicolas Sarkozy, le président des Républicains, « le monde agricole traverse une crise absolument majeure et chaque Français, qu’il habite dans la ruralité, qu’il soit proche ou non des enjeux de l’agriculture, doit comprendre que nous sommes tous concernés par ce drame. Nous avons, estime-t-il, une obligation morale à l’égard de nos agriculteurs car ce qui est en cause ce n’est, ni plus ni moins, que l’abandon d’une identité française et de la première filière industrielle française ».

Au nom des Républicains, Nicolas Sarkozy veut inverser le regard sur le monde agricole et la ruralité mis sous la pression d’un parti socialiste pour qui l’agriculteur ne serait qu’un fonctionnaire à qui l’on accorderait des subventions pour vivre alors que Les Républicains défendent le modèle de l’entreprise pour les exploitations agricoles, d’où la nécessité de mettre en place une série de mesures fiscales. Un gouvernement socialiste pour qui l’agriculture est une variable d’ajustement de ses politiques écologiques et qui montre du doigt les agriculteurs. « Nous devons passer de la culture de l’Etat réglementateur à la culture de l’Etat qui redonne de la liberté, qui donne de l’agilité, de la souplesse, de la flexibilité », souligne Nicolas Sarkozy voyant dans cette démarche « un principe de responsabilité ».

Ironisant sur François Hollande et Stéphane Le Foll qui réclament la levée de l’embargo russe qu’ils ont eux-mêmes provoqué, Nicolas Sarkozy observe qu’en 2015 la France est la cinquième puissance agricole exportatrice alors qu’en 2012 elle était au troisième rang. « Le président avait promis d’inverser la courbe, de ce point de vue c’est un triomphe », lâche Nicolas Sarkozy qui a pour ambition de « permettre à la première industrie française en nombre d'emplois, l'industrie agroalimentaire, de remonter sur le podium au rang de troisième exportateur agroalimentaire mondial avant 2020, et de redevenir la première puissance agricole européenne ».

A ses yeux la politique de la France en matière agricole doit être conduite sous le prisme régalien « parce qu’il s’agit de notre souveraineté, de notre souveraineté alimentaire, de notre autonomie alimentaire » et doit être guidé sur le principe de la recherche de compétitivité pour redonner de l’oxygène aux agriculteurs.

Devant plusieurs centaines de personnes, Nicolas Sarkozy s’est engagé sur plusieurs propositions.
La première, l’instauration d’un moratoire général sur la transposition des règles européennes. « Il n’y aura plus de surtransposition de normes européennes en France », assure-t-il après avoir écouté Angélique Delahaye, députée européenne, expliquer qu’en Allemagne pour la sécurité des jeunes travailleurs la dangerosité est établie à partir de 3 mètres alors qu’en France « c’est dès qu’on est au-dessus du sol ». Ou bien qu’un apprenti, en France, peut venir dans une salle de traite « à condition qu’il n’y ait pas d’animaux car c’est trop dangereux !»
« On se met systématiquement une balle dans le pied », appuie le député Jean-Pierre Vigier comme pour mieux montrer l’effet contre-productif de la surinterprétation des administrations françaises des normes européennes.

Le second engagement sur l’agriculture est en fait un prolongement du premier engagement puisque Nicolas Sarkozy propose « qu’aucune norme nouvelle ne puisse être édictée sans que les agriculteurs n’aient été consultés préalablement. » Il souhaite, dans cet esprit, que le préfet redevienne un interlocuteur pour nos agriculteurs. « Un Etat qui sait tout sur tout et qui planifie depuis les ministères comment tout doit fonctionner dans le pays ce n’est pas l’Etat du XXIème siècle, c’est l’Etat du siècle d’avant. Ce n’est pas la France dont je veux et ce n’est pas la France dont rêvent nos compatriotes ».
Voulant soutenir « puissamment » l’innovation dans l’agriculture de précision « pour produire plus tout en préservant mieux l’environnement », Nicolas Sarkozy propose également, au nom des Républicains, de poursuivre les efforts réalisés en 2011 (réduction des charges sociales des emplois permanents agricoles) avec la baisse massive des cotisations sociales sur les emplois agricoles et l’allégement de la fiscalité des exploitations agricoles. « C’est une urgence pour l’emploi et pour restaurer la compétitivité des exploitations agricoles françaises. Si les charges restent ce qu’elles sont, l’agriculture finira par disparaître », craint-il.
Estimant que « l’Europe n’est pas faite pour être le cheval de Troie d’une concurrence déloyale », Nicolas Sarkozy refusera d’appliquer la directive dite détachement. « Nous n’avons pas fait l’Europe pour se concurrencer à coup de bas salaires, de montages juridiques complexes, pour payer peu de cotisations sociales et optimiser les coûts de production », argumente-t-il.
De même, il souhaite que lors de l’alternance en 2017, soit abordée la question de la régulation des matières premières pour l’agriculture. Et de s’étonner que le G 20 n’ait pris aucune initiative depuis 2012 en la matière. « L’économie mondiale ne peut pas constamment supporter les prix de yoyo », souligne Nicolas Sarkozy.
Proposition pragmatique qui a été élaborée lors des réunions préparatoires avec les parlementaires et les représentants des professions agricoles et afin de tenir compte de l’aléa de la production agricole, Nicolas Sarkozy propose un « changement considérable » : un lissage fiscal pour permettre aux agriculteurs d’étaler leurs revenus sur cinq années. «Nous éviterons ainsi, lorsque le chiffre d’affaires est bon, que cela ne devienne pénalisant l’année suivante, quand vient le moment de l’imposition », explique-t-il.
Jugeant que l’abandon des primes pour l'engraissement bovin et des accords de filière mis en place en 2011 « a été une erreur », Nicolas Sarkozy plaide pour une contractualisation interprofessionnelle, ce qui, à ses yeux, remettra « de l’équité dans le partage de la valeur ajoutée, en remettant le producteur au centre du débat ».
Encourageant les circuits courts, qui rapprochent le producteur du consommateur, Nicolas Sarkozy souhaite introduire dans le Code des marchés publics la possibilité d’inscrire une clause "acteurs de proximité" . « Aujourd’hui, remarque-t-il, pas un maire, pas un président de département ou de région ne prendrait ce risque. Nous voulons que dans les marchés publics on puisse choisir le producteur de proximité qui fera vivre un territoire et fera connaître les productions locales. C’est un enjeu important ».
Si les agriculteurs se sentent abandonnés par le Gouvernement, la ruralité partage ce même sentiment. « Le temps est venu de donner la priorité à la ruralité qui s’est sentie abandonnée, humiliée. Ce n’est pas parce qu’on ne casse pas d’abribus qu’on ne souffre pas », observe Nicolas Sarkozy faisant allusion aux 40 milliards d’euros qui ont été alloués à la rénovation des banlieues et quartiers périphériques des grandes villes ».
« En abandonnant depuis trop longtemps les zones rurales, c’est la République qui s’est affaiblie. Et au final, c’est la France qui s’affaisse. Je ne peux m’y résigner », analyse Nicolas Sarkozy qui s’attaque à « l’idéologie du tout urbain que la gauche prône et met en œuvre. Ce malaise a explosé, c’est d’abord celui de l’identité et de l’économie du monde rural », analyse-t-il prônant un « véritable plan Marshall pour la ruralité ».
Et de proposer dans le projet des Républicains d’afficher un principe de parité. « Un euro investi en ville doit correspondre un euro investi dans nos campagnes ». Afin de revitaliser le milieu rural, il propose, calqués sur la politique de rénovation urbaine, « des contrats de revitalisation afin de couvrir l’ensemble des grands enjeux de la ruralité » (santé, enseignement, services publics, développement numérique, logement, développement du commerce et des entreprises…).
« Le monde rural ne doit pas être vu comme un monde en disparition mais comme un monde compétitif au même titre que la ville. Il faut créer les conditions d’un développement économique harmonieux de ces zones», souligne Nicolas Sarkozy, insistant sur la nécessité d’équiper la ruralité du très haut débit. En effet, au moment où les administrations et les entreprises travaillent en télétransmission, quels citadins apprécieraient d’attendre de très longues minutes le téléchargement d’un document, d’une page internet, ce qui est la réalité vécue quotidiennement par des millions de Français vivant en zones rurales ?
« Le numérique ce n’est pas la France de demain, c’est celle d’aujourd’hui. Le numérique a déjà fait son irruption dans nos vies, et le monde rural peut devenir le laboratoire de sa généralisation à notre vie quotidienne. Son attractivité passe nécessairement par là », estime Nicolas Sarkozy qui considère les territoires ruraux « comme des espaces économiques d'avenir ».
Et des espaces économiques d’avenir cela nécessite « une stratégie ambitieuse en faveur du développement des services » dans laquelle l’accès aux soins et à la santé s’avère primordial.
Proposant que les étudiants en médecine consacrent au sortir de leurs études 5 à 6 ans en milieu rural, Nicolas Sarkozy propose que l’acte médical en milieu rural soit mieux rémunéré qu’en zone urbain. « En désertification médicale, être médecin c’est une mission de service public », assure le président des Républicains qui souhaite également, comme pour l’agriculture, un moratoire sur toutes les normes qui concernent la ruralité sur le principe de la souplesse et de l’adaptabilité.
L’occasion également de revenir sur les découpages réalisée « dans des situations invraisemblables » par le Gouvernement dans le cadre de la loi NOTRe. Si pour les nouvelles régions il laisse la liberté à chaque assemblée de trancher, Nicolas Sarkozy reviendrait sur la réforme du conseil territorial abrogée par les socialistes en 2012. Elle prévoyait de faire siéger le représentant d’un territoire aux conseils régionaux et départementaux, ce pour plus de cohérence et d’économie.
Enfin, concernant la sécurité, Nicolas Sarkozy propose, toujours au nom des Républicains, de sanctuariser les effectifs de la gendarmerie nationale et d’étendre, sur le modèle des jeunes sapeurs pompiers, le service civique pour la ruralité dans la Gendarmerie, ce pour accroître les moyens mis à sa disposition.
« Pour nous, Les Républicains, la ruralité ce n’est pas le passé mais l’avenir. C’est imaginer un avenir apaisé où chacun pourra trouver son style de vie. C’est ce que nous avons fait ce matin et c’est ce que nous appliquerons en 2017 », a conclu Nicolas Sarkozy.

>> Télécharger le document d'orientation de la journée de travail sur l'agriculture et la ruralité

Abonnez-vous Les républicains magazine Toute l'actualité politique des républicains