11 janvier 2017

« Mon programme sera enrichi mais il ne sera pas amendé ».

Invité ce mercredi matin de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et RMC, François Fillon a détaillé les principales mesures programmatiques qu'il compte mettre en œuvre dès juillet prochain, au lendemain de l'élection présidentielle.

Dans un premier temps il a confirmé qu'il n'abrogerait pas la loi limitant le cumul des mandats -loi qu'il n'a pas votée- et qui, selon lui, « ne règle pas un certain nombre de questions de fonctionnement du Parlement ».

De même il ne touchera pas plus « au 49-3, à la Constitution et à son équilibre. La constitution a un équilibre. Le 49-3 est fait pour permettre à un président de la République, élu au suffrage universel, confronté à un problème de majorité, de gouverner. Je laisserai le 49-3 ».

Mais surtout, François Fillon a profité de cette matinale pour mettre l'accent sur l'un des piliers de son programme, la valeur travail.

« Je propose un programme pour que les Français aient du travail, pour atteindre le plein emploi, pour que la France retrouve sa puissance et se faire entendre dans le monde », a souligné François Fillon voulant que « les Français aient plus de salaire. Et pour qu'ils aient plus de salaire il faut qu'ils payent moins de charges prélevées sur leur salaire. Je veux donc diminuer ces charges. Je veux que le salaire des Français augmente », a poursuivi François Fillon proposant « que l'on supprime des salaires la cotisation maladie et qu'on la transfère sur la TVA. Je veux vraiment que le salaire direct des Français augmente. Et pour qu'il augmente, la seule solution est de baisser la dépense publique », a-t-il insisté.

Interrogé sur la Santé, François Fillon estime nécessaire de « réorganiser notre système de protection sociale et de santé », notamment avec « une meilleure répartition entre les mutuelles et la Sécurité sociale et que les mutuelles soient plus contrôlées ».

« La réforme sur la généralisation des complémentaires santé s'est traduite par une baisse des remboursements. Lorsque Mme Touraine affirme que l'on est mieux remboursé aujourd'hui, ce n'est pas vrai », observe-t-il proposant dans cet objectif de réorganisation « une agence de régularisation sur les mutuelles ».

La baisse nécessaire de la dépense publique pour redonner des marges de manœuvre à notre pays passe, pour François Fillon, par la baisse du nombre de fonctionnaires. Notre candidat a confirmé son objectif de diminution de 500 000 postes en cinq ans, soit 8% des effectifs de la fonction publique. « Ce n'est pas pour le plaisir de supprimer 500 000 postes mais parce que le niveau de dépenses publiques est insupportable. Il est de 57% de notre PIB. Cela conduit à nous endetter de plus en plus sur les marchés. Il faut donc faire cet effort. Le nombre de fonctionnaires génère une organisation, une production de normes, de contrôles… La réduction du poids de la puissance publique sur la société française c'est plus de liberté, d'efficacité, de richesses produites », considère François Fillon qui veut également que l'on « passe progressivement à 39 heures et qu'il y ait une négociation sur les gains occasionnés par ce passage aux 39 heures. Il ne s'agit pas de demander aux gens de travailler plus sans gagner plus. Ils doivent gagner plus. Mais il faut aussi négocier des conditions de travail, de carrière… », souligne-t-il.

Parmi ses propositions sur l'immigration, François Fillon a marqué sa volonté que « la France décide du nombre de personnes qu'elle veut accueillir. « On voit que le nombre de visas accordés depuis 5 ans n'a cessé d'augmenter alors que notre pays compte 6 millions de chômeurs et un nombre croissant de pauvres », observe François Fillon qui souhaite « mettre en place un système qui permet au Parlement de fixer des quotas dans un débat démocratique ».

De même il souligné que les étrangers condamnés « n'ont pas vocation à devenir Français ».

Enfin, interrogé sur Bachar al-Assad, président de la Syrie, François Fillon « ne souhaite pas son maintien. Bachar est un manipulateur, un dictateur avec un passé sanglant comme son père et beaucoup d'autres dans la région. Depuis 3 ans je dis que Bachar a le soutien d'une partie de son peuple. Parce qu'il a le soutien d'une partie de son peuple, il a réussi à se maintenir. La diplomation française avec la diplomatie occidentale, en refusant l'idée même de parler avec le régime de Bachar al-Assad, s'est exclue du conflit syrien.

Aujourd'hui nous sommes derrière les frontières et on regarde le spectacle des Russes, des Iraniens et les Turcs qui sont en train de régler la question syrienne sans nous. C'est un désastre et un camouflet pour la diplomatie française ».

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