27 janvier 2016

Pôle emploi vient de publier les chiffres du chômage pour le mois de décembre. La France métropolitaine a ainsi connu 15.800 (+0,4%) demandeurs d’emploi de plus en catégorie A et 33.200 (+0,6%) en catégorie A, B et C. Le nombre total de demandeurs d’emploi est de 3.590.600 pour la seule catégorie A et 5.475.700 pour les catégories A, B et C. 

Ces chiffres catastrophiques n’entament pas la bonne humeur de la Ministre du Travail, qui se félicite dans son communiqué de presse d’une création nette de 46.000 emplois et d’une « inflexion réelle ».

 

Entre mi-2013 et fin 2015, la France a créé seulement 57.000 emplois privés, contre 482.000 pour l’Allemagne, 651.000 pour l’Espagne et 288.000 pour l’Italie, alors que son PIB a baissé de 2012 à 2014 ! Dans le même temps, la France a créé 233.000 emplois publics (postes de fonctionnaires et emplois aidés). Au vu de ces chiffres, l’autosatisfaction de la Ministre du Travail est consternante.

 

Madame El Khomri ose par ailleurs se féliciter d’une baisse de 4% sur un an du chômage des jeunes. Pourtant il vient d’augmenter de 0,7% pour le seul mois de décembre. De son côté, le chômage des séniors continue son augmentation vertigineuse, avec +9,5% sur un an en catégorie A, B et C, tout comme le chômage de longue durée avec +9,5% sur un an. A quand un véritable plan d’action pour ce public oublié par le Gouvernement ?

 

François Hollande n’a donc toujours pas compris la situation particulièrement difficile des demandeurs d’emploi, et ses dernières annonces le prouvent. Ni l’emploi, ni l’inversion de la courbe du chômage, ne se décrètent. Seules les entreprises et seuls les entrepreneurs créent de l’emploi pérenne. Mais la confiance elle non plus ne se décrète pas. Ce ne sont pas des déclarations d’amour à l’entreprise comme l’a fait le Premier Ministre qu’il faut, mais des preuves d’amour.

 

L’exécutif fait des effets de manches pour donner l’impression d’agir. Cela s’appelle de la simple communication politique, sans rien changer sur le fond. La loi El Khomri changera-t-elle en profondeur le monde du travail ? On en doute. Ce ne sont pas les grands principes, parfois restrictifs, du rapport Badinter qui vont libérer les forces créatrices d’emploi, bien au contraire. La mise en application de ce rapport va transférer le pouvoir du législateur vers les juges, et donc la jurisprudence, et donc un environnement juridique qui ne cessera de se modifier au gré des décisions des tribunaux.

 

« La France peut et doit faire mieux pour sortir du chômage ». Ces mots du Gouverneur de la Banque de France résument fort bien la situation. A quand les vraies réformes ? A quand les décisions permettant de faire évoluer le contrat de travail, le temps de travail, la rémunération et le coût du travail ? Tous ces points sont soigneusement mis sous le tapis par François Hollande et son Gouvernement. Ce sont pourtant les piliers d’une réforme du marché du travail susceptible de redonner les moyens aux entreprises de créer de l’emploi.

 

 

Gérard CHERPION

Secrétaire national au Travail et à l’Emploi

Député des Vosges

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