14 février 2016

Chose promise, chose due. En ouvrant, samedi matin, les travaux du nouveau Conseil national réuni à la Porte de Versailles pour deux jours, Nicolas Sarkozy avait promis de présenter, dimanche, un texte qui l'engageait en qualité de président des Républicains, mais également au nom de la direction de notre mouvement, sur les orientations philosophiques, politiques de notre formation politique et sur la stratégie à mettre en place pour les appliquer.

Nicolas Sarkozy souhaite qu'à travers ce texte se poursuive dans toutes les fédérations et avec tous les militants Les Républicains de France un débat entamé ce week-end puis un vote sur un « projet collectif » et sur une stratégie.

Toutes les prises de parole des conseillers nationaux, samedi, ainsi que leurs questions ont démontré un besoin de clarification sur l'ensemble des sujets qui préoccupent les Français, que cela soit dans leur quotidien comme sur les grands sujets de la nation.

« Les Français attendent de la clarté, au-delà des postures, des calculs, des arrière-pensées. Cela vaut pour la déchéance de nationalité comme sur tant d'autres sujets majeurs pour notre pays. La seule préoccupation qui doit nous guider est celle de l'intérêt de la France. Tout le reste doit passer au second plan », confiait Nicolas Sarkozy convaincu « que c'est en restant fidèle à notre histoire et à notre identité que nous réussirons à inventer l'avenir ». Et que c'est « en puisant dans ce qui a fait le génie français que nous trouverons les solutions pour répondre aux enjeux d'aujourd'hui et de demain. C'est la seule voie pour redonner espoir et confiance aux Français », estime Nicolas Sarkozy définissant une « grande ambition : la Renaissance de la France ».

Cette ambition passe par le partage d'un acte de foi autour de ce que Nicolas Sarkozy définit comme 14 « points cardinaux », 14 convictions.

Première d'entr'elles, celle d'une « France une et indivisible ».
« Quelles que soient la souplesse et la liberté que nous devons donner à chacun, il n'y a qu'une seule politique sur le territoire de la République française. Il n'y a qu'une seule langue officielle, la langue française. La France n'est pas un Etat fédéral et les Républicains sont le parti de la Nation française», estime Nicolas Sarkozy.

Seconde conviction, celle de l'attachement des Républicains à « l'autorité de l'État, un État qui encourage, qui protège, qui facilite, plutôt qu'un État qui empêche, qui contraint, qui paralyse. Les Républicains croient dans la liberté d'entreprendre, la responsabilité, la confiance et non la défiance. Ils veulent tourner le dos à la suspicion, au nivellement, à l'égalitarisme, à la bureaucratie qui paralyse tout ».

Troisième conviction qui sera, comme touts autres, soumis aux débats et aux votes des militants dans toutes les fédérations, celle de l'entreprise et du travail qui « doivent être le cœur de toutes politiques économiques ». « Les Républicains refusent le partage du travail et les 35 H et veulent refonder notre modèle social en faisant de l'entreprise le lieu principal du dialogue social ».

Parce que « la France ne peut plus continuer à être championne du chômage en Europe », Nicolas Sarkozy ambitionne de «remettre l'économie Française à la première place de notre continent ». Ce qui inclut, « choix politique majeur », une « baisse franche et simultanée des impôts et des dépenses publiques , dès l'été 2017».

La quatrième conviction que doivent porter les Républicains concerne la modernité, « déterminant essentiel de notre projet ». Croyant au génie français, Nicolas Sarkozy plaide pour que l'innovation soit une priorité de chaque instant. « Dans cet esprit, le principe de responsabilité doit remplacer le principe de précaution », ajuste-t-il.

Cinquième conviction, celle sur la grandeur de la France. Comme il l'avait expliqué la veille, Nicolas Sarkozy croit au « message universel de la France et à son rôle sur la scène internationale ». Une grandeur de la France qui « nous oblige à assumer le coût de notre puissance militaire et de notre réseau diplomatique ».
« Renoncer à une ambition internationale serait renoncer à l'identité française », résume Nicolas Sarkozy qui, sur les frontières européennes, sixième conviction, ne peut pas accepter « que soit déléguée une partie de la souveraineté nationale sans garantie que les intérêts de la France seront respectés et défendus ».

La septième conviction porte sur la politique d'immigration de la France. « Les Républicains souhaitent que la France continue d'être fidèle à son histoire d'ouverture et d'accueil de tous ceux qui sont opprimés pour leurs opinions, mais ils exigent que cela se fasse dans le respect de notre identité nationale. Ce qui signifie que le nombre d'immigrés accueillis soit conforme à nos possibilités en termes d'emplois, de logements et d'équilibre budgétaire », souligne Nicolas Sarkozy, précisant que « les racines chrétiennes de la France ne sont pas un obstacle à l'assimilation mais à l'inverse nous entendons qu'elles ne soient pas victimes d'une immigration sans limite ou d'un communautarisme qui n'a pas sa place au cœur de la République ».

Autre conviction que Nicolas Sarkozy souhaite faire partager dans le socle du projet politique des Républicains, l'attachement à la culture, « part essentielle de notre identité. La culture est une réponse à la crise. Nous croyons à notre identité. Nous refusons qu'elle soit bradée. Nous affirmons que les biens culturels sont des biens de première nécessité. Il en va du rayonnement de la France et de son génie dans le monde comme mère des arts, patrie des artistes et des créateurs », souligne Nicolas Sarkozy.

La neuvième conviction porte sur la solidarité, rôle de l'Etat. Mais « cette solidarité ne peut être sans contrepartie, sans effort, sans investissement personnel. Il doit y avoir une différence marquée de revenus entre celui qui travaille et celui qui reste sans activité. Les Républicains réfutent la philosophie de l'assistanat et de la déresponsabilisation », souligne Nicolas Sarkozy, précisant : « pas d'allocation sans engagement de rendre à la collectivité par son travail une partie de ce qu'elle vous a donnée »

Concernant l'école, « Les Républicains croient dans l'école de la République fondée sur l'excellence, l'exigence et la transmission d'un savoir, d'une culture et d'une langue. Ils croient dans l'autorité, dans la récompense, dans l'effort, dans le respect qui est dû aux maîtres, dans la lutte contre l'absentéisme scolaire qui doit être sanctionné », note Nicolas Sarkozy, rappelant que « Les Républicains croient dans le modèle méritocratique où seul le travail, l'effort, le mérite comptent ».

Concernant la laïcité, onzième conviction, le message des Républicains est clair : « Les Républicains croient dans la laïcité. Il n'y a pas de fatalité à ce que les valeurs de la République continuent de reculer. Ils refusent toutes les formes de communautarismes. Ils exigent que soit préservée la neutralité religieuse dans les administrations, les Universités, les lycées, les collèges, les écoles publiques et même encadrée dans les entreprises ». Et Nicolas Sarkozy de préciser que « Les Républicains refusent la stigmatisation des religions. Leur adversaire unique c'est l'extrémisme, la radicalité, l'intégrisme. Rien ne peut justifier la plus petite expression d'une rupture de l'égalité entre la femme et l'homme sur le territoire de la République française ».

Sur la politique pénale, douzième conviction, « la République, ce n'est pas la culture du laxisme, du désarmement pénal et moral », relève Nicolas Sarkozy soulignant que « Les Républicains croient à la vertu de la sanction et dans l'exécution réelle de la peine pour protéger la société et les victimes ». Parmi les mesures que doivent défendre Les Républicains, Nicolas Sarkozy cite des « priorités incontournables » comme le rétablissement des peines planchers, la construction « d'un nombre important » de places de prison. Et rappelle que la politique pénale est de « la responsabilité de la majorité sortie des urnes ».

Treizième conviction énoncée par Nicolas Sarkozy, Les Républicains défendent une « politique familiale ambitieuse. Ils refusent la fiscalisation des allocations familiales tout comme la fin de leur universalité. Ils rejettent la remise en cause permanente du quotient familial », détaille Nicolas Sarkozy qui affirme la position des Républicains opposée à la gestion pour autrui (GPA) pour les couples hétérosexuels comme homosexuels

Enfin quatorzième conviction, celle concernant notre agriculture et notre ruralité qui ont fait l'objet d'une convention spécifique voilà quinze jours. « Les Républicains refusent la désertification, l'abandon de la ruralité, le déclin de notre agriculture. Ils affirment le principe juste d'un euro pour la ville et d'un euro pour la ruralité. Ils s'engagent sur un plan « Marshall » pour la ruralité au même titre que l'effort conduit dans nos banlieues ».

Si ces quatorze convictions -qui seront soumises aux débats, votes et amendements des militants d'ici la mi-mars avant une grande consultation finale programmée en avril- représentent le socle du corpus idéologique des Républicains, Nicolas Sarkozy a également présenté 7 « orientations stratégiques » qui seront également à valider par toute la famille politique.

Parmi ces 7 orientations : « tout dire avant le grand rendez-vous de 2017 pour tout faire après, la seule stratégie possible pour être à la hauteur des défis qui attendent la France. Ce qui ne sera pas dit avant l'alternance ne pourra pas être mis en œuvre après », estime Nicolas Sarkozy.

Si les primaires seront ouvertes à tous ceux qui veulent partager nos valeurs et s'engagent à les respecter, « Les Républicains ont vocation à définir et à porter un projet collectif ambitieux… qui engagera notre mouvement et chacun de ses membres », souligne Nicolas Sarkozy.

Dans la stratégie qu'il propose de faire adopter à notre famille politique, Nicolas Sarkozy souhaite que « Les Républicains constituent la grande formation politique de la droite républicaine et du centre qui leur permet de combattre tout à la fois les choix de la gauche et ceux du Front National. Quand on est fort, on n'a pas peur de rassembler », estime Nicolas Sarkozy qui a rappelé avec force que « Les Républicains refusent tout accord local, départemental, régional, national, avec le Front National. Et affirment la totale incompatibilité avec sa politique économique, européenne, sociale et sociétale ».

Combattant la gauche, son idéologie comme son projet, Nicolas Sarkozy propose également que soit inscrit dans une loi d'airain que Les Républicains « refusent toutes formes de Front Républicain ou de grande coalition qui conduirait à la confusion en ouvrant un espace immense aux extrêmes. La France a besoin de choix clairs face aux grands défis qui sont les siens », ajuste Nicolas Sarkozy qui plaide pour l'organisation de référendum afin de redonner la parole « au peuple souverain à chaque fois qu'un blocage risque de paralyser la société française, la parole doit être redonnée au peuple souverain ».

En concluant les travaux de ce Conseil National, Nicolas Sarkozy a précisé que ce texte serait envoyé, dès lundi, à tous les comités départementaux pour que ce texte soit, avant la mi-mars « complété, amendé, corrigé au plus proche de nos territoires ». Avant que fin mars le Bureau politique adopte et amende, le cas échant, ce texte avant une consultation des militants en avril.

« Je veux que Les Républicains soient l'exemple d'une vie démocratique riche, responsable. Que vus ayez la fierté d'être membre des Républicains. Et si chacun, dans la famille, se sent respecté, alors c'est 66 millions de Français qui, après un pouvoir qui nous aura tant menti, aura ce sentiment d'être respecté par l'opposition ».

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